12 livres de ma bibliothèque que je veux lire en 2024

Depuis que j’ai trié ma bibliothèque, j’ai pu disposer tous mes livres sur une seule rangée ce qui me permet d’avoir une bien meilleure visibilité sur son contenu. J’ai ainsi non seulement redécouvert certains livres mais aussi retrouvé l’envie de les lire. Il y a quelques jours je me suis posée devant ma bibliothèque et j’ai laissé mon regard sélectionner 12 livres que je m’engage à lire en 2024  – malgré le choix du verbe, n’y voyez là aucune contrainte : si certains ont intégré la bibliothèque l’année dernière seulement, d’autres trainent depuis longtemps sur les étagères, mais dans les deux cas, ils ont tous échappé au tri par le vide, ce qui dénote mon envie et intérêt pour chacun d’eux.

Sans espionnage et renseignement, qui ont laissé des traces littéraires, manuscrites et archéologiques, les Romains n’auraient pu édifier et protéger leur extraordinaire empire. Rose Mary Sheldon retrace le développement des méthodes de renseignement romaines des débuts de la République jusqu’au règne de Dioclétien (284-305) : collecte d’informations, contre-espionnage, infiltration, opérations clandestines, utilisation de codes et de chiffres… Plongeant leurs racines dans le monde grécoromain, les questions soulevées dans ce livre sont d’une pertinence immédiate pour le présent : bien que les méthodes aient radicalement changé, avec l’avènement de la technologie moderne, les principes restent étonnamment similaires.

Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’électricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs passions de la danse et de la lecture, mais face à l’inconnu, il va falloir apprendre à grandir autrement, à se battre et à faire confiance à la forêt qui les entoure, emplie d’inépuisables richesses. Considéré comme un véritable choc littéraire aux États-Unis, ce roman sensuel et puissant met en scène deux jeunes femmes qui entraînent le lecteur vers une vie nouvelle.

Antan a tout l’air de n’être qu’un paisible village polonais. L’existence y est ponctuée par le temps : le temps d’aimer, de souffrir puis de mourir. Antan est situé au centre de l’univers – cœur du monde, cœur des hommes, cœur de l’histoire. Mais qui préside à son destin ? Dieu, qui du haut des cieux lui envoie les maux et les bonheurs dévolus aux humains, ou le châtelain Popielski, envoûté par le Jeu du labyrinthe que lui a offert le rabbin et qui, d’un coup de dés, renverse peut-être l’ordre des choses ? Un homme se transforme en bête, les âmes des morts errent dans le bourg jusqu’à se croire vivantes, des animaux parlent à une vieille folle… Au cours ordinaire de la vie se substitue brutalement la guerre avec son cortège d’événements diaboliques. Un conte ponctué de purs moments d’émotion, de fragiles instants de vérité saisis au vol par une plume d’une fraîcheur et d’une originalité peu communes, celle d’Olga Tokarczuk, la romancière polonaise contemporaine la plus traduite dans le monde, récompensée du prix international Man Booker 2018.

Pour retrouver l’homme qu’elle aime, un écrivain maudit, Marguerite accepte de livrer son âme au diable. Version contemporaine du mythe de Faust, transposé à Moscou dans les années 1930, Le Maître et Marguerite est aussi l’une des histoires d’amour les plus émouvantes jamais écrites. Mikhaïl Boulgakov a travaillé à son roman durant douze ans, en pleine dictature stalinienne, conscient qu’il n’aurait aucune chance de le voir paraître de son vivant. Écrit pour la liberté des artistes et contre le conformisme, cet objet d’admiration universelle fut publié un quart de siècle après la mort de celui qui est aujourd’hui considéré comme l’égal de Dostoïevski, Gogol ou Tchekhov. Cette édition s’accompagne d’un appareil critique et d’une introduction de la spécialiste de la littérature russe Marianne Gourg, qui a également révisé la traduction.

1972, sur l’île de Heybeliada au large d’Istanbul, le refuge de Portmantle accueille des artistes en burn-out. Knell, talentueuse peintre écossaise, y vit depuis une dizaine d’années quand son quotidien est chamboulé par l’arrivée de Fullerton, un nouveau venu instable, qu’elle retrouve bientôt noyé dans sa baignoire. Cet événement l’oblige à considérer d’un œil différent ce refuge régi par des lois singulières. Elle replongera aussi dans sa jeunesse en Écosse et dans ses années de formation dans le Londres des sixties. Après le succès du Complexe d’Eden Bellwether, Benjamin Wood s’interroge, dans ce nouveau roman, sur la question de l’intégrité artistique et des conséquences parfois tragiques qu’elle peut engendrer, et sur la fragilité insoupçonnée de la frontière entre réalité et illusion. Doué d’une plume hypnotique qu’il met au service de personnages fascinants, il confirme ici tout son talent pour happer et surprendre le lecteur.

Hiver 1943 : Dans le petit village de Ragam, au nord de l’Albanie, Kajan, sept ans, observe le monde changer à la hauteur de ses yeux d’enfant. Ses parents, partisans communistes, sont partis dans les montagnes combattre les nazis. Kajan vit dans une ferme avec son grand-père Betim, à l’abri des atrocités de la guerre, jusqu’au jour où un déserteur allemand nommé Cornelius frappe à leur porte, cherchant refuge. Le soldat est un pianiste émérite et, fasciné, le petit garçon décide d’apprendre à jouer de cet instrument. Il se révèle bientôt un élève discipliné et talentueux, et se lie d’une amitié indéfectible avec Cornélius. Quelques années plus tard, Kajan, devenu professeur de musique grâce à son don prodigieux, semble promis à un avenir radieux. Mais dans une Albanie dominée par la dictature communiste au cœur d’une Europe fracturée par la guerre froide, la guerre que Kajan croyait terminée est sur le point de recommencer, sous une nouvelle forme. À chaque coin de rue se cachent des ombres et des dangers qui vont inéluctablement pousser le jeune homme hors d’une voie qu’il pensait tracée.

Fille d’immigrants coréens, Casey Han a été élevée dans le Queens dans le respect des traditions et des valeurs de ses parents. Propriétaires d’un pressing, ils ont travaillé dur pour payer les meilleures études à leur fille et lui permettre une belle carrière professionnelle. Mais à 22 ans, diplômée de Princeton, Casey a pris les goûts de luxe et les manières de ses camarades. Elle est déterminée à entrer dans ce monde étincelant de privilèges, de pouvoir et de richesse, mais à quel prix ?

Paris, pendant la Révolution. On y croise Charlotte Corday, dans sa cellule, pendant qu’un élève de David achève son portrait ; Adam Lux, un allemand tombé amoureux d’elle dans des circonstances pour le moins inattendues ; les Girondins, la fameuse nuit de leur dernier banquet à la Conciergerie ; Danton, pendant son ultime voyage jusqu’à la place de la Révolution ; le plus grand esprit français du XVIIIe siècle, qui nous apprend comment mourir avec élégance ; mais aussi Marie-Antoinette et Robespierre, le marquis de Lantenac et André Chénier. Tous, dans les jours, les heures ou les minutes précédant la chute de leur tête dans le panier du bourreau.

En juin 2021, un événement insensé bouleverse les vies de centaines d’hommes et de femmes, tous passagers d’un vol Paris-New York. Parmi eux : Blake, père de famille respectable et néanmoins tueur à gages ; Slimboy, pop star nigériane, las de vivre dans le mensonge ; Joanna, redoutable avocate rattrapée par ses failles ; ou encore Victor Miesel, écrivain confidentiel soudain devenu culte. Tous croyaient avoir une vie secrète. Nul n’imaginait à quel point c’était vrai. Roman virtuose où la logique rencontre le magique, L’anomalie explore cette part de nous-mêmes qui nous échappe.

« Je suis venu ici pour disparaître, dans ce hameau abandonné et désert dont je suis le seul habitant »: ainsi commence La Petite Lumière. C’est le récit d’un isolement, d’un dégagement mais aussi d’une immersion. Le lecteur, pris dans l’imminence d’une tempête annoncée mais qui tarde à venir, reste suspendu comme par enchantement parmi les éléments déchaînés du paysage qui s’offrent comme le symptôme des maux les plus déchirants de notre monde au moment de sa disparition possible. L’espace fait signe par cette petite lumière que le narrateur perçoit tous les soirs et dont il décide d’aller chercher la source. Il part en quête de cette lueur et trouve, au terme d’un voyage dans une forêt animée, une petite maison où vit un enfant. Il parvient à établir un dialogue avec lui et une relation s’ébauche dans la correspondance parfaite des deux personnages. Cette correspondance offre au narrateur l’occasion d’un finale inattendu. La petite lumière sera comme une luciole pour les lecteurs qui croient encore que la littérature est une entreprise dont la portée se mesure dans ses effets sur l’existence.

« Assez tôt, j’ai compris que je n’allais pas pouvoir faire grand-chose pour changer le monde. Je me suis alors promis de m’installer quelque temps, seul, dans une cabane. Dans les forêts de Sibérie. J’ai acquis une isba de bois, loin de tout, sur les bords du lac Baïkal. Là, pendant six mois, à cinq jours de marche du premier village, perdu dans une nature démesurée, j’ai tâché de vivre dans la lenteur et la simplicité. Je crois y être parvenu. Deux chiens, un poêle à bois, une fenêtre ouverte sur un lac suffisent à l’existence. Et si la liberté consistait à posséder le temps ? Et si la richesse revenait à disposer de solitude, d’espace et de silence – toutes choses dont manqueront les générations futures ? Tant qu’il y aura des cabanes au fond des bois, rien ne sera tout à fait perdu. »

Le Narrateur est entré dans le monde magique des Guermantes, dont le nom, enfant, le faisait rêver lors de promenades à Combray. Voisin de leur hôtel particulier parisien, il cultive son amour pour la duchesse « aux yeux ensoleillés d’un sourire bleu » et son amitié pour son neveu Robert de Saint Loup, alors cantonné dans sa garnison de Doncières. Ce séjour au milieu de ces jeunes officiers compte parmi les épisodes les plus gais et les plus heureux de la Recherche. Dans les salons de madame de Villeparisis, Guermantes elle aussi, il retrouve les foucades énigmatiques du baron de Charlus, figure majeure de cette « race altière ».  C’est l’époque où Marcel va connaître la plus grande douleur de sa vie : la maladie et la mort de sa grand-mère, jusqu’au dernier frisson, au dernier murmure de son agonie, sans doute les plus belles pages, merveilleuses et cruelles, de l’œuvre.

La question qui se pose maintenant est : par lequel vais-je commencer ?

7 Comments

  1. J’espère que tu aimeras Dans la forêt, ce livre a été un coup de coeur et j’aimerais beaucoup relire cette autrice.
    Le maître et Marguerite est un titre qui m’intéresse, mais, comme bon nombre de romans russes, il me fait un peu peur.
    Sinon, je n’ai lu que Dans les forêts de Sibérie que j’ai bien détesté (il faut dire que j’ai déjà peu de sympathie pour le personnage… ^^’).
    En tout cas, bonnes lectures !

    1. Je ne doute pas d’aimer « Dans la forêt », il m’a été conseillé par un ami et jusqu’à présent, il a touché juste à chaque fois !
      Pour « Le Maitre et Marguerite » c’est effectivement le sentiment général – je vais peut-être vraiment la lancer cette lecture commune tiens…

      Qu’est-ce qui t’as tant dérangée dans « Les forêts de Sibérie » ? Et par extension, chez Sylvain Tesson de façon générale ? J’ai l’impression qu’avec lui c’est on aime ou on déteste… 😅 Je dois avouer connaître assez peu le personnage, mais les rares fois où je l’ai vu et entendu dans des émissions il ne m’a pas laissé de sentiment négatif, bien au contraire, il m’a justement donné envie de lire ses textes.

      1. C’est génial d’avoir des amis de si bon conseil !
        Ça pourrait être motivant !

        J’avais trouvé ce livre (et le personnage) horriblement prétentieux et moralisateur, snob et hypocrite. Plusieurs réflexions m’avaient horripilée, je l’avais trouvé affreusement jugeant sur autrui, avec un sentiment non dissimulé de sa propre « valeur » (probablement liée à son statut social et à celui de sa famille). Et la fausseté de son « aventure », son « isolement » alors qu’il était plus que très bien équipé (en témoignent les remerciements en fin d’ouvrage), ses récits de beuveries redondants…
        Et j’avais parcouru un livre de photos (qui étaient certes magnifiques) dont il avait écrit des petits textes en légende et j’ai retrouvé cette voix prétentieuse tout simplement insupportable, j’avais été impressionnée de sa capacité à m’exaspérer en peu de mots. ^^
        (Et depuis j’ai appris qu’il avait apparemment des accointances avec l’extrême-droite, ce qui ne joue pas en sa faveur, loin de là.)

  2. Le Maître et Marguerite est dans ma PAL depuis des lustres mais je quoi que ce roman m’intimide…

    1. Et bien j’avais dans l’idée de lancer une lecture commune pour ce roman, je me dis que peut-être que le lire à plusieurs le rendrait justement moins intimidant…

      1. C’est une bonne idée 🙂 Tu penses organiser une LC ?

        1. Je pense oui ! Ce ne sera pas dans l’immédiat, peut-être vers avril-mai, avec tous les fériés à venir, ça me semble être un bon moment.

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