Quand les livres parlent.

En avril 2023, je publiais un article où je racontais comment j’avais retrouvé le plaisir de lire. Un an plus tard, le plaisir est toujours là, et ne fait que se renforcer au fil des lectures.

Ce plaisir retrouvé, en plus de me pousser à explorer des genres littéraires négligés jusqu’alors, m’a surtout permis de redécouvrir à quel point les livres pouvaient parler.

Cela a commencé par la lecture d’un tapuscrit, dans lequel j’ai retrouvé beaucoup de mes propres réflexions et opinions sur des sujets aussi variés que l’éducation nationale, le théâtre, le silence, la télé… : le genre de roman que j’aurais eu besoin de lire il y a quelques années.

J’ai continué avec des classiques, plus ou moins récents, entre deux textes plus contemporains, et français pour la plupart. J’ai lu des romans, des essais, des journaux, des albums jeunesse, des romans graphiques, des pièces de théâtre, des poèmes… J’ai découvert des œuvres de génie et des chefs-d’œuvre, et à travers elles des écrivains, des styles et surtout des voix.

Avant, je lisais essentiellement pour passer le temps et oublier le temps qui passe ; je voulais des textes loin de moi, du quotidien, à la fois en termes de langue et de sujets abordés ; des romans rapides et faciles à lire, à oublier aussi finalement. Maintenant, c’est l’inverse, la réflexion m’attire plus que le divertissement. Je cherche des textes avec un style, une vraie écriture ; qui parlent et me parlent ; qui posent négligemment et inconsciemment des mots sur mes propres pensées et sentiments, comme ce fut le cas avec Avant et après d’Alba de Céspedes, La mort du petit cheval d’Hervé Bazin ou plus récemment L’épuisement de Christian Bobin.
Avant je voulais me perdre, maintenant je veux me (re)trouver.

Cette prise de conscience m’a amenée à évaluer plus attentivement les textes lus (notamment contemporains), leurs structures narratives, les personnages, les choix stylistiques… Conséquence de cela : je suis devenue beaucoup plus critique envers les livres et l’écriture. Je fais ainsi une distinction nette entre les écrivains et les auteurs, entre ceux qui ont quelque chose à dire et ceux qui ont envie de dire quelque chose.

Malgré ma volonté de garder l’esprit ouvert, je dois tout de même avouer que cela s’est fait au détriment de certains genres littéraires. Résultat : depuis l’année dernière, j’ai retiré près de 400 livres de ma bibliothèque… et je n’en regrette aucun. Je ne serai pas prétentieuse au point de dire que ma bibliothèque est désormais d’une qualité supérieure, mais en tout cas, je peux dire qu’elle reflète la personne que je suis vraiment et non plus l’image que les gens avaient de moi.

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