Pride and Prejudice – Simon Reade [Regent’s Park Open Air Theatre]

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Le week-end dernier, j’ai eu le plaisir d’assister à la pièce Pride & Prejudice montée pour la saison 2013 du Regent’s Park Open Air Theatre. Et je dois dire qu’une semaine plus tard, je n’en suis pas encore totalement remise.

Cette adaptation du célèbre roman de Jane Austen par Simon Reade, sur une mise en scène de Deborah Bruce est une véritable petite merveille.

Déjà, il y a le cadre : un théâtre en plein air. Mais pas comme le Globe : il n’y a pas de toit, aucun moyen d’échapper aux intempéries – c’est d’ailleurs une des exigences du théâtre : qu’il pleuve, neige ou vente, la pièce se joue ! (en cas de tempête cependant, la pièce est arrêtée et le théâtre offre une place pour n’importe quelle séance de n’importe quelle année)(ces anglais sont fantastiques !). Ici, ce sont 1240 sièges en plein milieu du parc, avec ce qu’il faut de pollen, vent et pigeons – mais à la tombée de la nuit, le théâtre devient un endroit magique, illuminé par des centaines de lucioles.

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La scène est en cercle et elle tourne, avec au centre un escalier en fer et le tout devient à la fois jardin, salon, bureau de Mr Bennet, salle à manger de Lady Catherine de Bourgh, salle de bal de Netherfield Park, hall de Pemberley – vraiment fabuleux ce qu’on peut faire avec une table, des chaises et une malle. Les coulisses sont entre les arbres et souvent les acteurs ne partent pas : des bancs et des chaises sont installés tout autour, où les acteurs peuvent s’asseoir entre les scènes et parfois se changent – par exemple, le manteau de Lizzie est accroché à un arbre, où il se balance au gré du vent et Mr Bingley s’installe sur un banc pour changer de chaussures avant d’entrer dans la danse ! Les costumes sont d’ailleurs magnifiques, à la fois simples et recherchés : un collier par ci, des gants par là et les voilà qui deviennent robes de bal !

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Simon Reade a fait un formidable travail d’adaptation : on se rend compte d’à quel point Pride & Prejudice est un roman plein d’humour et duquel se dégage une douce mélancolie. Il a su garder l’esprit du roman tout en y apportant un aspect théâtral des plus réussis : grâce aux acteurs, mais surtout grâce à une mise en scène très dynamique qui fait la part belle aux personnages secondaires. Je pense notamment à l’excellente idée de faire lire les lettres par ceux qui les écrivent : ainsi, nous pouvons non seulement admirer la réaction du lecteur, mais aussi connaitre l’état d’esprit de celui qui l’écrit (ah la lettre finale de Caroline Bingley : hilarante !).

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Et puis bien sûr, il y a les acteurs. Si je vous dis que j’envisage sérieusement de lancer une pétition destinée à la BBC et dans laquelle je demanderais à ce qu’une nouvelle adaptation télé soit faite, mais avec tous les acteurs de la pièce, cela vous donne-t-il une idée de la perfection de ce casting ? Car c’est bien le mot : parfait ! Il faut savoir que les acteurs ont (à un ou deux ans près) l’âge des personnages – et je suis tellement habituée à ce que ce ne soit pas le cas, que lorsque les trois plus jeunes des Bennet sont arrivées sur scène, j’ai été surprise de voir qu’elles n’avaient pas plus de 18 ans. Et j’ai été encore plus surprise d’apprendre que les 2/3 des acteurs faisaient là leurs débuts professionnels sur les planches.

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S’ils sont tous formidables, je retiendrais surtout les performances de : Jennifer Kirby qui est une Lizzie pleine d’esprit à la fois drôle et sensible, qui aime profondément ses soeurs et qu’on rêverait d’avoir pour amie (ce qui veut tout dire car en temps normal, je n’aime pas Lizzie); Ed Birch qui est un Mr Collins délicieusement ridicule mais attachant et surtout David Oakes qui est désormais THE Mr Darcy pour moi – arrogant, charmant, amoureux, drôle, un adorable sourire en coin et les yeux qui brillent quand Lizzie est près et qui a réussi à me faire aimer le personnage. Absolument PAR-FAIT !

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Vous l’aurez compris, j’ai adoré ! Et la pièce aura en plus eu le mérite de me réconcilier avec le roman. Elle se joue jusqu’au 20 juillet, les billets vont de £25 à £55 (si vous êtes étudiant, profitez des standby : £17.50 pour une place à £42!) et vous pouvez pique-niquer dans le parc avant le spectacle. En résumé, une pièce à ne pas rater si vous visitez Londres au bon moment – et ce, que vous soyez ou non fans de Jane Austen !

Pride & Prejudice de Jane Austen, adapté par Simon Reade, mis en scène par Deborah Bruce. Avec : Jennifer Kirby (Lizzie Bennet), David Oakes (Mr Darcy), Ed Birch (Mr Collins), Jane Asher (Lady Catherine de Bourgh), Leah Brotherhead (Mary Bennet/Miss de Bourgh), Imogen Byron (Kitty Bennet), Sophie Capasso (Georgiana Darcy), Olivia Darnley (Charlotte Lucas), Caroline Harker (Mrs Gardiner), Rob Heaps (Mr Bingley), Yolanda Kettle (Jane Bennet), Rebecca Lacey (Mrs Bennet), Frances McNamee (Caroline Bingley), Barnaby Sax (Wickham), Eleanor Thorn (Lydia Bennet), Timothy Walker (Mr Bennet), David Withworth (Sir William Lucas/Mr Reynolds).
Du 20 juin au 20 juillet 2013, au Regent’s Park Open Air Theatre, Londres.

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