Pachinko – Min Jin Lee

Le mois dernier, j’ai (enfin) lu Pachinko de Min Jin Lee et quelle lecture ! Un pavé de plus de 600 pages dévoré en l’espace de quelques jours.

Pachinko – Min Jin Lee

Éditions Charleston – 2021
4e de couverture : L’histoire nous a failli, mais qu’importe.

Début des années 1930.

Dans un petit village coréen, la jeune Sunja se laisse séduire par les belles paroles et tendres attentions d’un riche étranger. Lorsqu’elle découvre qu’elle est enceinte et que son amant est déjà marié, elle est confrontée à un choix : devenir, comme tant d’autres jeunes femmes dans sa situation, une seconde épouse, une « épouse coréenne » ou couvrir sa famille de déshonneur. Elle choisira une troisième voie : le mariage avec Isak, un pasteur chrétien qu’elle connaît à peine et qui lui offre une nouvelle existence au Japon. Cette décision est le point de départ d’un douloureux exil qui s’étendra sur huit décennies et quatre générations.

Avec une justesse historique remarquable et une écriture précise et dépouillée, Min Jin Lee nous offre, à travers un siècle de relations nippo-coréennes, un hymne intime et poignant à tous les sacrifices que font les immigrés pour trouver leur place en pays étrangers.

Il y a à la fois tant et peu à dire sur ce roman.

C’est un roman fascinant, passionnant et émouvant. On y suit le destin d’une famille sur quatre générations, de la Corée au Japon, en passant par les États-Unis. Min Jin Lee aborde un nombre important de sujets différents (l’occupation de la Corée par le Japon, l’immigration et les problèmes d’intégration, l’émancipation des femmes, la Seconde Guerre Mondiale etc) en toute subtilité et sans jamais perdre le lecteur.

Les personnages sont attachants, tellement déterminés et résilients – Sunja, Mozasu et Kynghee en tête. J’ai aussi beaucoup aimé Noa et Solomon, deux êtres en quête d’identité, perdus entre deux pays, pas entièrement coréens, mais pas japonais non plus.

L’écriture est simple, mais toute en nuances, à l’image de ces personnages si humbles, si complexes, si courageux.

Pachinko est magnifique histoire de famille, d’amour et d’amitié, d’Histoire avec un grand H aussi. Une fresque familiale, pleine de tragédie, mais aussi d’espoir et de compassion. Le genre de roman qui donne envie de se dépasser; de relativiser aussi.

Bref, un vrai coup de cœur !

Fort de son succès, le roman a bien évidemment été adapté. La série est diffusée depuis le 25 mars sur Apple TV. À ce jour, 4 épisodes (sur 8) sont disponibles. Contrairement au roman qui suit un fil chronologique, la série entremêle plusieurs époques – ce qui est à la fois son point fort et son point faible. J’en parlerai peut-être plus longuement une fois la série terminée, mais en tout cas, malgré les (nombreux) changements, ces quatre premiers épisodes m’ont plutôt bien convaincue.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :