Le jour où j’ai acheté une maison

Il y a 6 mois aujourd’hui, j’étais chez le notaire pour finaliser l’achat et récupérer les clés de ma maison.

J’ai encore un peu de mal à réaliser que j’ai acheté une maison à Chartres : je m’étais toujours dit que si je devais acheter ce serait au Portugal. L’idée m’était déjà venue avant d’emménager à Chartres, mais j’avais fini par l’abandonner face aux avantages de la location (et aux difficultés que posaient les banques). Je me faisais régulièrement la réflexion que je n’avais aucune envie, ni intérêt à acheter. Et finalement, me voilà propriétaire.

Au début je voulais juste déménager pour un appartement avec balcon, mais le Covid étant passé par là, la demande était forte, l’offre faible et les prix bien plus élevés qu’avant. Après calculs et réflexion, acheter était beaucoup plus intéressant que louer.

C’est ainsi que depuis 6 mois, je suis officiellement propriétaire d’une adorable petite maison de ville à Chartres.

Elle est l’opposée de ce que je cherchais au départ, mais elle a quelque chose que les autres maisons visitées n’avaient pas : je m’y suis sentie bien dès le départ

Je l’avais visitée seule mais n’avait pas donné suite : mes parents ne pouvaient pas venir à Chartres à ce moment-là et il fallait que j’y retourne avec eux pour que mon père me confirme si mes ajustements étaient faisables. Je me disais qu’elle partirait vite vu son prix et son emplacement – comme ça avait été le cas pour les autres. Je n’y ai plus vraiment repensé après coup. Et finalement, quelques semaines plus tard, alors que j’appelais pour une autre maison, l’agent immobilier m’a appris que cette maison était encore sur le marché.

C’était un signe : elle m’attendait.

Quand je me suis lancée dans le projet, je cherchais une maison non mitoyenne, avec trois chambres, une cuisine séparée et un grand jardin. J’en ai visité plusieurs qui correspondaient à mes critères et dans mon budget, mais elles avaient toutes un défaut majeur : soit il n’y avait pas de wc à l’étage, soit on entrait directement dans le séjour, soit l’escalier pour l’étage était au milieu du salon – trois points totalement rédhibitoires pour moi.

La maison est plus petite que ce que je cherchais, mais elle est bien agencée, avec un design so British : deux étages, pour deux espaces bien distincts et plusieurs petites pièces. Au premier étage on trouve deux grandes chambres, un bureau et la salle de bain. Le rez-de-chaussée est consacré à l’espace de vie, avec le salon et une cuisine semi-ouverte qui donne sur un coin salle à manger. La maison a un sous-sol total avec garage, auquel on accède directement par l’intérieur de la maison (tellement pratique en hiver !).

Et bien sûr, il y a un petit jardin à l’arrière, avec terrasse.

Seul bémol : elle est mitoyenne des deux côtés. Quelque chose que je voulais absolument éviter. Mais finalement, les petits détails positifs ont occulté ce défaut : les fenêtres oscillo-battantes, le bureau-bibliothèque en plus des deux chambres, l’électricité refaite à neuf, l’espace buanderie au sous-sol. Le fait d’être à 15min à pied du centre-ville et d’avoir un bus direct pour la gare au coin de la rue a aussi beaucoup aidé.

L’autre point positif de cette maison : il n’y avait pas de gros travaux nécessaires. J’ai juste décidé de refaire la salle de bain pour y installer un wc et une plus grande douche. Le reste, c’est essentiellement de la déco : changer la cuisine et les sols, peindre les pièces à l’étage et plus tard, enlever le papier peint au rez-de-chaussée. Je prévois aussi de refaire l’extérieur à l’avant, mais ça sera aussi pour plus tard.

À ce jour, la salle de bain est opérationnelle (à défaut d’intégralement carrelée), les chambres ont été parquetées, le rez-de-chaussée a aussi son nouveau sol et la nouvelle cuisine est installée ! Prochaine étape : les murs ! Je vous ferai un vrai home tour plus tard, quand les meubles auront trouvé leur place définitive et que la salle de bain aura tout son carrelage.

J’avais très peu investi dans l’appartement où j’étais précédemment, me contentant de le décorer et meubler avec ce que j’avais à disposition, sans forcément suivre mes goûts et envies.  Et c’était là tout le problème : j’avais du mal à me considérer « chez moi ». Je disais constamment : « je rentre à Chartres » ou « je rentre à l’appart », mais rarement « je rentre chez moi ».

Je voyais à court terme, je me disais que je n’allais pas rester dans cet appartement éternellement, alors pourquoi investir dans une nouvelle cuisine qu’il me faudra probablement laisser quand je partirais ? Quel intérêt finalement de refaire la salle de bain, de dépenser du temps et l’argent au profit de la propriétaire de l’appartement ? Tant pis si l’évier et le lavabo sont si bas – c’est provisoire. Je ne suis que de passage, je peux vivre avec quelques temps.

Ce sentiment d’instabilité, d’éphémérité me bloquait aussi pour le reste : je ne prenais pas le temps d’explorer les environs, de faire des projets à long terme, de me créer des habitudes, une routine… Je me disais qu’il n’y avait pas d’intérêt à me lancer dans quelque chose que je ne pourrais pas finir pour x ou y raison. Même si entretemps le Covid s’est invité dans nos vies et a mis le monde à l’arrêt, pour moi, cela me donnait surtout une bonne raison – une bonne excuse – de ne pas sortir, de ne m’investir dans quoique ce soit par ici.

Cet achat va, en un sens, m’obliger à rester à Chartres. À m’installer véritablement et durablement à Chartres. Et, enfin, à me projeter à long terme.

11 comments

    1. Oui, je suis contente, je m’y sens bien ! Elle n’est pas parfaite, mais elle est parfaite pour moi ! J’espère bientôt pouvoir me lancer dans la remise en état des murs des chambres et du bureau – c’est le plus gros des travaux qu’il reste à faire. Après ça, je pourrais totalement me consacrer à la décoration !

  1. Merci d’avoir partagé ça avec nous ! Je suis entrée dans cette réflexion d’achat d’une maison récemment, donc ça m’intéresse toujours ! Je me retrouve totalement dans ce que tu dis sur l’instabilité, le temporaire des locations. J’ai toujours un peu vécu comme ça. A relativiser l’imparfait parce que ce n’était qu’une étape, donc on se contentait de tous petits ajustements (un peu de peinture, ce genre de chose). Avec l’idée d’avoir un bien à nous, c’est à la fois exaltant de se dire que, cette fois, on pourra aménager pour nous, mais c’est aussi inquiétant car il y a moins cette liberté de partir presque quand on le souhaitera.
    Bref, je te souhaite plein de bonheur dans ton nouveau nid !

    1. C’est exactement ça ! Je suis heureuse d’avoir acheté une maison, de me dire que le temps, l’argent et l’énergie que j’y investi, je l’investi pour moi, mais j’ai toujours un petit regret qui plane… j’ai encore une petite voix qui me dit que je me suis précipitée, que j’aurais dû attendre, que j’aurais pu trouver plus grand/moins cher/plus pratique/sans travaux etc etc.
      J’espère que tu arriveras toi aussi à franchir le pas et que tes projets se concrétiseront !

      1. J’espère que cette voix n’est pas trop forte, ce serait dommage de voir ce projet (qui s’est concrétisé pour toi) être assombri par trop de regrets. C’est ce qui est compliqué, je trouve, gérer la peur qu’un beau bien nous passe sous le nez, imaginer qu’un bien plus intéressant débarque juste après sur le marché, ce n’est pas simple. Après, même si ça se quitte moins facilement qu’une location, achat ne veut pas forcément dire y rester tout le reste de sa vie !

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