Le Jeu de la Dame – Walter Tevis

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Comme 62 millions de personnes, j’ai regardé Le Jeu de la Dame peu après sa mise en ligne sur Netflix. J’ai trouvé la mini-série absolument fascinante et visuellement superbe (surtout la garde-robe de Beth), mais je dois tout de même avouer qu’elle ne m’a pas laissé un souvenir impérissable – dans le sens où elle n’a pas intégré la liste des séries que je pourrais revoir plusieurs fois (contrairement à Julie and the Phantoms, Goblin ou encore Falcon and the Winter Soldier pour ne parler que de mes plus récentes obsessions). Elle ne m’a pas non plus donné envie de me mettre aux échecs.

Par contre, elle m’a donné très envie de découvrir le roman de Walter Tevis dont elle est adaptée. Ce fût chose faite la semaine dernière, et c’était absolument génial. Sans conteste mon premier coup de cœur littéraire de l’année.

C’est passionnant du début à la fin, et beaucoup moins dramatique que le laissait penser la série. Le ton est vif et incisif, à l’image de son héroïne, Beth. Ce qui m’a le plus frappée – et qui m’a fait encore plus aimer le roman – c’est cette façon détachée qu’à Walter Tevis de raconter l’histoire. Le roman est écrit à la 3e personne, du point de vue de Beth – on est dans sa tête pendant toute l’histoire. Mais elle nous relate son histoire avec beaucoup de détachement et de désinvolture, ce qui fait qu’on ne tombe jamais dans le pathos. C’est un peu comme si Beth était elle-même spectatrice de sa vie. Il n’y a vraiment que lorsqu’elle parle d’échecs qu’elle est véritablement investie, et que ses émotions et sentiments sont exacerbés.

Elle décida de ne pas prendre le pion offert, pour conserver à l’échiquier toute sa tension. C’était ce qu’elle aimait. Elle aimait la puissance des pièces, qui s’exerçait selon des droites et des diagonales. En milieu de partie, quand il y avait des pièces partout, les forces qui s’entre- croisaient sur l’échiquier lui donnaient des frissons.

Ce détachement rend l’ensemble encore plus captivant et la lecture encore plus addictive. Walter Tevis ne se contente pas d’énumérer les coups joués par Beth et ses adversaires. Il nous présente l’échiquier comme un champ de bataille, les pièces sont des soldats et il s’agit alors d’élaborer la meilleure stratégie pour battre l’ennemi avec le moins de pertes possibles. Je ne connais rien aux échecs, mais j’ai lu chaque partie avec fascination et j’arrivais facilement à visualiser le « champ de bataille ».

Je l’ai commencé dans le train de retour de Paris et je me suis félicitée d’avoir pris un trajet plus long parce qu’une fois commencé, difficile de s’arrêter. Tellement difficile que j’ai préféré continuer ma lecture plutôt que regarder le premier épisode de Loki.

Le Jeu de la dame de Walter Tevis

Gallmeister – 2021
Résumé : Kentucky, 1957. Après la mort de sa mère, Beth Harmon, neuf ans, est placée dans un orphelinat où l’on donne aux enfants de mystérieuses ”vitamines” censées les apaiser. Elle y fait la connaissance d’un vieux gardien passionné d’échecs qui lui en apprend les règles. Beth commence alors à gagner, trop vite, trop facilement. Dans son lit, la nuit, la jeune fille rejoue les parties en regardant le plafond où les pièces se bousculent à un rythme effréné. Plus rien n’arrêtera l’enfant prodige pour conquérir le monde des échecs et devenir une championne. Mais, si Beth prédit sans faute les mouvements sur l’échiquier, son obsession et son addiction la feront trébucher plus d’une fois dans la vie réelle.

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