Gatsby le Magnifique – Francis Scott Fitzgerald

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A l’occasion de la sortie de l’adaptation du film de Baz Luhrman (que je n’ai pas le droit d’aller voir avant la semaine prochaine), Adalana a organisé une lecture commune du roman.

On ne présente plus Gatsby le Magnifique. On connait tous son histoire sans même avoir lu le roman. Mais on ne connait pas Gatsby sans avoir lu le roman. C’est bien que Baz Luhrman ait décidé de faire une nouvelle adaptation, ça aura donné envie à beaucoup de monde de (re)découvrir le roman original.

J’en fais partie. Et je crois que j’ai aimé. Beaucoup même. Et c’est en grande partie grâce aux personnages – tout particulièrement Nick Carraway et Jay Gatsby.

Nick Carraway me fait penser à Chris, le narrateur de Adieu à Berlin : c’est un spectacteur. Il ne s’implique pas, il ne fait qu’observer et décrire ce dont il est témoin. Il n’est pas influencé, ni influençable, même si au fond, il fait comme tous les autres : il s’invite à la fête. Mais là où les autres invités partent dès les premières heures du matin, Nick reste. Et au final, il devient le seul ami et confident de Gatsby. Je l’aime beaucoup Nick. Et d’ailleurs, pendant toute ma lecture je n’ai pu m’empêcher de me dire que Tobey Maguire ferait un bien mauvais Nick… Verdict la semaine prochaine, quand j’irai le voir.

Et puis il y a Gatsby. Certes, c’est un menteur et un manipulateur, mais son amour pour Daisy est vrai. Je trouve le passage où ils se revoient chez Nick très beau. Mais au fond, il est plus à plaindre qu’autre chose. Son immense maison de Long Island est toujours remplie, il organise les plus belles fêtes de la ville, tout le monde le connait et pourtant, il n’a aucun ami. Je trouve ce point de l’histoire toujours aussi triste.

Je crois que je n’aime pas Daisy, ni Tom, ni Jordan, ni Myrtle, ni aucun des autres en fait. Si insouciants, si indifférents, si obnibulés par leur petite personne et leur bien-être personnel. Ils ne font que se servir des autres, jouer avec eux puis passer à autre chose quand quelque chose de meilleur se présente… Je comprends leur comportement, et même si j’ai trouvé l’histoire entre Daisy et Gatsby touchante, ils n’en restent pas moins antipathiques.

Les années 20 nous apparaissent à la fois fascinantes et consternantes sous la plume de Francis Scott Fitzgerald : l’ambiance folle des soirées, l’insouciance de tous les protagonistes font sourire, mais en même temps on est consternés à l’idée que cette époque où les bootleggers et autres gangsters faisaient la loi nous fascine…

Je n’irai pas jusqu’à qualifier Gatsby le Magnifique de “monument” de la littérature américaine (mais en même temps, qui suis-je pour affirmer le contraire ?) mais qu’on aime ou pas Gatsby, ce roman marque les esprits, c’est indéniable. C’est un grand classique, un roman emblématique de ces années folles et qui mérite d’être lu au moins une fois dans sa vie.

Après ma lecture, j’en ai profité pour écouter la pièce radiophonique diffusée l’année dernière sur BBC Radio 4, avec (pour ne citer que les plus connus) : Andrew Scott (Gatsby), Bryan Dick (Nick) et Andrew Buchan (Tom) et Pippa Bennett-Warner (Daisy). Je trouve cette version excellente, même si je trouve qu’Andrew Scott en fait beaucoup trop. Par contre, les autres sont parfaits, surtout Pippa Bennett-Warner et Andrew Buchan – j’aime la Daisy de la première, et le Tom du second est tellement arrogant qu’il en devient comique voire même sympathique. C’est drôle comme le ressenti peut changer d’une version à l’autre.

Gastby le Magnifique (The Great Gastby)
De F. Scott Fitzgerald

Résumé : Nous sommes au lendemain de la Grande Guerre, le mal du siècle envahit les âmes. C’est l’époque de la Prohibition et des fortunes rapides. En 1922, Jay Gatsby se retrouve fabuleusement riche. Mille légendes courent sur son compte, qui n’empêchent pas les gens chic – et moins chic -, de venir en troupe boire ses cocktails et danser sur ses pelouses. Gatsby le Magnifique joue la carte des folles dépenses pour éblouir Daisy, mariée à Tom Buchanan, un héritier millionnaire. Le jour où l’espoir de conquérir sa bien-aimée s’évanouit, la fête prend brutalement fin…

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6 commentaires

  1. Mais pourquoi ne vas-tu pas jusqu’à dire que c’est un monument de la littérature américaine ??? Je serais curieuse de connaître les romans que tu classes parmi ces monuments…

  2. J’espère aussi… Mais c’est du Baz Luhrman donc j’y vais plus pour la forme que pour le fond, je n’ai pas de grandes attentes, je veux juste m’en prendre plein les yeux ! 🙂

  3. Tout simplement parce que je n’aime pas ce terme 🙂 !
    Je ne l’utilise pas, je ne le comprends pas et je ne comprends pas ce qui fait qu’un roman soit un plus grand “monument” qu’un autre, je ne classe donc aucun roman parmi ces “monuments”. Pour moi, c’est un classique, un roman “emblématique” d’une époque, qui marque et qui mérite d’être lu. Mais pas un “monument”.

  4. J’ai adoré et je qualifie ce roman de chef-d’oeuvre mais je suis tout à fait d’accord avec les termes de “classique” et surtout “roman emblématique d’une époque” parce que c’est pile-poil ce qu’il est 🙂
    Nick est effectivement un spectateur, fasciné par la riche société de la côté Est avant d’aller lui-même s’y installer, mais qui déchante immédiatement dès qu’il commence à la fréquenter. J’ai adoré Gatsby. Et j’ai détesté Daisy, j’avais envie de lui mettre une paire de claques à la fin !

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