Eureka Street – Robert McLiam Wilson

J’ai découvert Eureka Street un peu par hasard il y a une bonne dizaine d’années. Je ne sais même plus précisément qu’est-ce qui m’a donné envie de le lire, ce que je sais c’est qu’il a rapidement intégré la liste de mes livres préférés.


Pendant toute ma lecture, j’ai été partagée entre rires, espoir, larmes, horreur et consternation.

Le style de Robert McLiam Wilson est aussi percutant que l’histoire en elle-même. Pas de fioritures, il dit les choses telles qu’elles sont, et au diable les politesses, quand il faut être vulgaire, il n’hésite pas à l’être. J’ai aussi bien aimé le fait d’alterner entre la 1ère personne pour Jake et la 3ème pour tous les autres. On ressent plus facilement ses émotions et son état d’esprit. C’est peut-être ce qui fait qu’on s’attache énormément à lui.

Je me suis d’ailleurs prise d’une affection déconcertante pour les personnages, surtout Jake. Aucun n’est parfait, mais ils essayent tous de s’améliorer… chacun à sa façon. Ça ne marche pas à chaque fois, mais ils essayent quand même, et parfois, c’est déjà beaucoup. C’est un autre point qui m’a particulièrement marquée dans le roman : on voit les personnages évoluer. Jake et Chuckie en tête. C’est tellement optimiste de savoir que c’est grâce à une fille qu’ils ont ainsi changer – enfin, surtout Chuckie. Et là encore, l’auteur a fait fort, car il a réussi à ne pas tomber dans la guimauve. Du début à la fin, il arrive à être juste et surtout crédible dans les sentiments et pensées de ses personnages.

Eureka Street est vraiment une ode à Belfast. On suit ces personnages tous plus différents les uns que les autres mais qui ont tous un point commun : ils aiment Belfast. Malgré les bombes qui explosent, malgré le sort qui s’acharne contre eux, malgré l’horreur et la douleur qu’ils traversent tous les jours, ils aiment leur ville.

Sur la 4ème de couverture il est marqué « on suit ses personnages qui ne savent jamais s’ils sont tragiques ou comiques ». Et c’est tout à fait ça, on ne sait pas si on doit les plaindre pour ce qu’ils vivent ou bien les condamner pour ce qu’ils font ou ont fait.

Eureka Street de Robert McLiam Wilson

Résumé : L’auteur de Ripley Bogle nous entraîne à Belfast, sa ville natale, pour un roman foisonnant, à la fois tragique et hilarant. Qu’a donc trouvé Chuckie Lurgan, gros protestant picoleur et pauvre, qui à trente ans vit toujours avec sa mère dans une maisonnette d’Eureka Street ? Une célébrité cocasse et quelques astuces légales mais immorales pour devenir riche. Que cherche donc son ami catholique Jake Jackson, orphelin mélancolique, ancien dur et coeur d’artichaut ? Le moyen de survivre et d’aimer dans une ville livrée à la violence terroriste aveugle. Et qu’a donc trouvé Peggy, la mère quinquagénaire de Chuckie ? Le bonheur, tout simplement, grâce à une forme d’amour prohibée, donc scandaleuse dans son quartier protestant. Et, pendant ce temps-là, un inconnu couvre les murs de Belfast d’un mystérieux graffiti : OTG, écrit-il, OTG.

2 comments

  1. J’avais tellement aimé ce bouquin. Aujourd’hui il ne m’en reste quasiment rien, mais il me reste l’attachement. <3

  2. Je ne connais cet auteur que par ses chroniques dans Charlie Hebdo…
    Je tâcherai de trouver Eureka Street en bibli, merci pour l’idée!
    (s) ta d loi du cine, « squatter » chez dasola

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