Only lovers left alive – Jim Jarmusch

En voyant la bande-annonce et lisant le synopsis je m’attendais à un film sur un couple de vampires qui se retrouve et doit gérer les conséquences d’une ville mise à feu et à sang par la petite sœur imprévisible. Il n’en est rien. C’est bien plus beau et subtil que cela.

C’est l’histoire d’Adam et Eve, vampires millénaires qui vivent à des milliers de kilomètres l’un de l’autre parce qu’ils s’aiment. Mais Adam a passé beaucoup trop de temps avec Byron et Shelley, il ne supporte plus les zombies et déprime. Eve décide alors de le rejoindre. Ensemble, ils écoutent de la musique, ils se promènent dans les rues vides de Détroit, ils n’aiment pas se lever tôt, ils mangent des glaces parfum sang, ils dansent, ils vivent.

“Life is about surviving things, appreciating nature, nurturing kindness and friendship. And dancing”. 

Eve est aussi lumineuse qu’Adam est sombre : elle ne porte que du blanc, il ne porte que du noir; elle aime sortir et voir du monde, il reste chez lui et ne parle qu’à Ian; elle vit au milieu des livres, il vit au milieu de la musique; elle traine avec Marlowe, il traine avec Shelley; elle vit à Tanger, il vit à Detroit; elle a un iPhone, il ne jure que par les vieux modèles. Ils s’opposent et se complètent – les premières minutes du film, avec Adam et Eve qui font la même chose à des milliers de kilomètres de distance, le prouvent.

Et puis il y a la scénographie et la photographie et la musique. Ces scènes tournées en lumière naturelle, ces gros plans sur des petits détails significatifs de la vie de l’un et de l’autre, de leur vie commune – les livres de Eve, la photo de leur troisième mariage… Ces références subtiles et si drôles à une vie passée et mouvementée, à des personnes qui ont marqué l’histoire – William Shakespeare, Nikola Tesla, Lord Byron… le Dr Watson qui rencontre le Dr Faust. Et je m’interroge : pourquoi précisément Christopher Marlowe ?

J’ai aimé ce film, je l’ai adoré même. Les acteurs, l’histoire, les personnages. L’alchimie entre Tilda Swinton et Tom Hiddleston est vraiment fascinante. Mia Wasikowska m’a surprise une fois de plus, et si je n’ai pas aimé son personnage, j’ai par contre adoré son jeu. Only lovers left alive est un film lent, et drôle, et beau, et inspirant. Je savais qu’il durait deux heures, et pourtant je n’ai pas vu le temps passer. J’étais même prête à rester plus longtemps avec eux.

Maintenant, je rêve moi aussi de prendre l’avion avec rien d’autre qu’une carte bleu, des lunettes de soleil, un portable et deux valises remplies de livres bien choisis.

Only lovers left alive de Jim Jarmusch – 2014 – avec Tilda Swinton, Tom Hiddleston, John Hurt, Mia Wasikowska, Anton Yelchin.

Dans les villes romantiques et désolées que sont Détroit et Tanger, Adam, un musicien underground, profondément déprimé par la tournure qu’ont prises les activités humaines, retrouve Eve, son amante, une femme endurante et énigmatique. Leur histoire d’amour dure depuis plusieurs siècles, mais leur idylle débauchée est bientôt perturbée par l’arrivée de la petite sœur d’Eve, aussi extravagante qu’incontrôlable. Ces deux êtres en marge, sages mais fragiles, peuvent-ils continuer à survivre dans un monde moderne qui s’effondre autour d’eux ?

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9 commentaires

  1. Ravie de te retrouver par ici 🙂
    Et en plus tu me donnes envie de voir ce film, j’en avais entendu le titre, sans savoir de quoi ça parlait, mais maintenant, j’ai très envie de le regarder 🙂

  2. j’ai aussi adoré ce film , c’est mon coup de coeur de l’année pour l’instant, je me le procurerais en dvd il fait partie de ces films d’atmosphère que j’adorerais revoir régulièrement!

  3. Ravie d’être de retour ! 🙂
    Je crois qu’il passe encore dans quelques petits cinémas, si tu as l’occasion d’y aller. Autrement, la sortie du DVD est déjà prévue pour juin !

  4. Amazon l’annonce pour le 25 juin – un excellent moyen de bien commencer l’été 🙂
    Oui, c’est vrai qu’il a une atmosphère qui donne envie de le voir et revoir, qui donne envie de voir le temps passer avec eux. Un film vraiment fantastique !

  5. Ce film, ouii ! Faut d’ailleurs absolument que je réponde à ton message. Procrastination, ma némésis.
    Je cherche la merveilleuse BO de ce film, en vain, je crains qu’il ne me faille passer par les tortueux recoins de la vente en ligne. Vivement le Bluray, en tout cas.

  6. Ne t’en fais pas, c’est toujours un plaisir de lire un de tes mails quand je m’y attends le moins (souvent, c’est quand je suis à la Médiathèque – j’en oublie tout ce qu’il se passe autour !)
    Oui, j’avais cherché lors de mon dernier passage à Londres, mais rien… et ils n’avaient même pas de date pour le DVD ! (et chez Fopp ils n’ont pas voulu me donner le poster – j’ai été très triste en quittant la boutique).

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