“…a turn or two I’ll walk, To still my beating mind.”

– The Tempest act 4, sc. 1 

Quand je suis à Londres seule, je finis toujours par faire de longues promenades. Et quand je dis « longues », ce n’est pas une heure, non c’est des heures et des kilomètres. Hier était une de ces journées : je suis partie à 13h45 et rentrée à 20h05. Selon l’appli « Santé » de mon portable, j’ai fait 24 796 pas et parcouru 14,9 km cet après-midi.

Et vous savez quoi ? Je n’ai pas vu le temps passer ! 

A la base, j’étais partie pour aller à la découverte d’Alexandra Palace, mais je me suis dit que c’était quand même dommage d’y aller seule, que je préférais y aller avec ma sœur une prochaine fois parce que les tours en barque c’est plus sympa à deux. Et puis, je n’avais pas envie d’aller m’enfermer dans le métro alors qu’il faisait si beau. Je me suis alors souvenue de l’exposition Queer British Art à la Tate Britain et me suis dit que tiens, c’était l’occasion d’y aller ! J’avais dans l’idée de faire une longue boucle : partir de Canal Reach, aller jusqu’à la Tate Britain, traverser Vauxhall Bridge, suivre la Tamise jusqu’à Tower Bridge, retraverser pour aller faire quelques photos à St Dunstan-in-the-East et remonter tranquillement jusqu’à King’s Cross.

Me voilà donc partie en route pour la Tate Britain, à 1h20 de marche de Canal Reach selon Google Maps. C’était sans compter mes arrêts et découvertes le long du chemin. Spoiler : je n’ai pas vu l’expo !

Premier arrêt : le Paperchase de Tottenham Court Road pour acheter des cartes postales. Je prévoyais de les écrire une fois à St Dunstan-in-the-East, tranquillement posée dans le parc.

Second arrêt : le Foyles de Charing Cross Road. Je ne sais même pas pourquoi j’y suis entrée précisément. Ce que je sais c’est que j’en suis ressortie avec une adorable nouvelle édition d’Hamlet à £2,50 que je vais pouvoir annoter et surligner sans regrets !

Troisième arrêt : la National Portrait Gallery. Je ne prévoyais pas de (re)visiter, j’avais juste besoin d’aller aux toilettes. Je suis cependant tombée sur un display consacré au livre « Speak its Name!« , un recueil de citations d’éminentes figures LGBT+, illustré avec des photos de la Gallery. J’ai donc suivi le display, puis mes pas m’ont menés au display sur la photographie où je suis tombée amoureuse de cette photo d’Adelaïde Passingham par Evelyn Myers. J’ai fait toutes les boutiques de la Gallery à la recherche d’une carte postale avec la photo mais il n’y en avait pas. Je me suis donc contentée de l’imprimer, en attendant de me décider à peut-être commander une réplique à la Gallery. Avec tout ça, il était déjà près de 17h et moi j’avais faim, j’ai donc fait une pause au coffee shop de la National Portrait Gallery, sous le portrait d’Alan Turing, le temps d’un cappuccino et d’une part de gâteau.

Quatrième arrêt : The Jewel Tower. En marche vers ma destination finale (même si je savais que j’arriverais trop tard pour l’expo), je suis bien évidemment passée par la Jewel Tower et quand j’ai vu ce jardin si tranquille, un arrêt photographique s’est imposé. D’un côté il y avait le Parlement, entouré de barrières et touristes, et de l’autre la Jewel Tower, avec son petit jardin ouvert, vide, calme.

Cinquième arrêt : la Tate Britain. « Arrêt », c’est vite dit : je me suis contentée de faire quelques photos de la façade et du jardin car le musée était sur le point de fermer. Mais je tenais quand même à y aller, ne serait-ce que pour échapper à la foule du centre. Et sur ce point, j’ai été servie : le quartier était désert. C’était si agréable de se promener dans la tranquillité de Millbank.

Sixième arrêt : Vauxhall. Parce que Londres ne s’arrête pas à Westminster Bridge d’un côté et Tower Bridge de l’autre. Et que Vauxhall devrait être sur la liste des choses à voir de tout le monde, ne serait-ce que pour la vue depuis Millbank. Je tiens quand même à dire que c’est là que se trouve le Quartier Général du SIS/MI6, un bâtiment que vous voyez dans quasiment tous les James Bond.

Et aussi les magnifiques appartement de St George’s Wharf qu’on croirait sortis tout d’un droit d’un film futuriste. Regardez cette symétrique, la lumière du soleil sur les vitres. C’est beau, non ?

Et admirez cette vue depuis Vauxhall Bridge !

Septième arrêt : Canal Reach. Oui, après ce passage à Vauxhall, je n’ai plus fait d’arrêt jusqu’à la résidence. J’avais toujours dans l’idée d’aller jusqu’à Tower Bridge mais il était prêt de 19h et toute cette marche avait épuisé mes réserves : je devais manger ! Je n’avais pas envie de dîner dehors alors j’ai continué le long d’Albert Embankment jusqu’aux Golden Jubilee Bridges où j’ai retraversé pour refaire le chemin en sens inverse jusqu’à Victoria Hall King’s Cross.

Sur le chemin du retour j’ai quand même pris le temps d’admirer le monument en hommage aux agents du SOE et de trouver désolant tous ces gens qui attendent des heures et paient une fortune pour monter dans le London Eye.

Donc, voilà, 6h et 14,9km plus tard, je suis rentrée, de bonne humeur, les genoux en vrac mais le cœur léger, ravie de cette belle et longue promenade. Et prête à recommencer après une bonne nuit de sommeil.

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4 commentaires

    1. Oui, c’est souvent le problème des expositions temporaires en Angleterre, le prix est élevé. Mais comme tout le reste est gratuit, au final ça revient au prix d’un billet d’entrée à Paris.

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