Night School – C.J. Daugherty

Ce qui est bien avec la nouvelle lubie des éditeurs de traduire directement sur manuscrit, c’est que l’attente entre la sortie en version originale et la sortie en version française d’un roman est réduite : Night School est sorti en janvier dernier seulement de l’autre côté de la Manche ! 4 mois plus tard il arrive en France. C’est beau.

Titre : Night School
Auteur : C.J Daugherty
Edition : Robert Laffont/Collection R
Tome : 1/5

Night School 1

Résumé : Allie Sheridan déteste son lycée. Son grand frère a disparu. Et elle vient d’être arrêtée. Une enième fois. C’en est trop pour ses parents, qui l’envoient dans un internat au règlement quasi militaire. Contre tout attente, Allie s’y plait. Elle se fait des amis et rencontre Carter, un garçon solitaire, aussi fascinant que difficile à apprivoiser… Mais l’école privée Cimmeria n’a vraiment rien d’ordinaire. L’établissement est fréquenté par un fascinant mélange de surdoués, de rebelles et d’enfants de millionnaires. Plus étrange, certains élèves sont recrutés par la très discrète « Night School », dont les dangereuses activités et les rituels nocturnes demeurent un mystère pour qui n’y participe pas. Allie en est convaincue : ses camarades, ses professeurs, et peut-être même ses parents, lui cachent d’inavouables secrets. Elle devra vite choisir à qui se fier, et surtout qui aimer…

Night Schoolc’est rien de ce à quoi je m’attendais. Bon, il faut dire qu’à la base, je ne m’attendais à rien de particulier. Mais moi qui suis fan de huis-clos (Sartre excepté) une histoire qui se passe dans un étrange pensionnat au fin fond de la campagne anglaise, j’aime d’office.

Et quand au bout de 300 pages (sur 466) je ne sais toujours pas quel est le grand mystère mystérieux de l’école, j’aime encore plus. Je m’en suis posé des questions pendant ma lecture. Quel est le grand mystère mystérieux de la Night School ? Qu’ont de particulier les rares élèves qui en font partie ? Pourquoi sont-ils autant privilégiés ? Pourquoi semblent-ils être au courant de plein de choses ? Pourquoi sortent-ils la nuit et rentrent-ils blessés ? J’ai cogité pendant les 100 premières pages. Après, j’étais bien trop prise par l’histoire pour réfléchir.

Night School c’est donc l’histoire de Allie Sheridan, 16 ans, rebelle et délinquante depuis la disparition de son frère, qui tague la porte du bureau du principal et fait des crises de panique dans le débarras. Ses parents, ne sachant plus trop comment se comporter avec elle, décident de l’envoyer à Cimmeria, un internat d’un genre particulier. Et là, au bout d’un chapitre, j’étais fichue : notre héroine fait des crises de panique, elle est humaine, elle a des soucis comme vous et moi ! Ce n’est qu’un détail, mais, pour moi, c’est ce genre de détails qui fait toute la force d’un roman (ou d’une série).

Ce qui fait aussi la force d’un roman, c’est son écriture bien sûr. Et sur ce point, C.J. Daugherty a tout d’une grande, alors même que Night School n’est que son premier roman. Je vous le dis tel quel : il ne se passe rien pendant les 3/4 du roman. Mais alors, c’est tellement bien écrit (et traduit!), tellement cohérent, tellement réaliste, tellement bourré de rebondissements et de révélations inattendues, tellement prenant qu’on tourne les pages inconsciemment et sans s’arrêter.

Les personnages aident aussi beaucoup à tourner les pages en continu. A commencer par Allie bien sur, sujette à des crises de panique, et dont la seule particularité est d’être la nouvelle. Elle est souvent agaçante (nan mais Allie, écoute avant de tirer des conclusions), parfois naïve, toujours sympa. Elle ne sait pas où elle est, elle ne comprend pas ce qu’il se passe, mais elle ne cherche pas non plus à tout savoir tout de suite et on ne lui demande même pas de sauver le monde – pire encore, elle n’est même pas attirée par le beau brun ténébreux entouré de mystère que tout le monde évite ! (C’est beau *bis*). Autour d’elle, il y a des amis, des ennemis et des secrets. Elle doute, se pose des questions, et nous, lecteurs, on doute et on se pose des questions avec elle.

Et surtout, nous, lecteurs, on est surpris. Parce qu’on s’attend tellement à des clichés (la gentille qui est en fait méchante, le méchant qui est en fait gentil, l’adorable directrice qui en fait n’est pas si adorable que ça…) que lorsqu’on arrive au moment des révélations on ne peut qu’être surpris et apprécier cette surprise. Et ça, c’est un signe de qualité.

Je n’ose pas vous parlez plus des personnages, ni de l’intrigue car j’aurais peur de trop en dire. Je n’ose même pas vous dire quel est le « genre » exact du roman car ça risquerai de vous gâcher la surprise.

Je finirai juste par un mot sur la fin : ceci est un premier tome, il y en a 4 autres derrière, mais la fin est une fin. Pas un cliffhanger. Non, une fin. Une fin tout à fait correcte, qui permet de patienter tranquillement jusqu’au tome suivant. Le genre de fin qu’on aime, parce qu’en refermant le livre on se dit avec satisfaction : « haaaan c’était bien », plutôt que « raaaah mais c’est quoi cette fin ?! Bon sang, la suite ne sort que dans 1 an ! ». Le truc bien chiant donc. (Tiens, le même type de fin que dans Starters !)(Simple hasard ou fait exprès de la Collection R ?)

Night School sort le 10 mai prochain ! Si vous voulez de la nouveauté et surtout de d’originalité, n’hésitez pas 🙂

Oh et un dernier conseil : ne faites pas d’hypothèses pendant votre lecture, vous risquez d’avoir faux sur toute la ligne. Ne réfléchissez pas, contentez vous de lire !

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Starters – Lissa Price

Je ne m’en suis jamais caché, je ne suis vraiment pas une adepte de la dystopie. Mais, je suis très curieuse et toujours prête à faire de nouvelles découvertes. Aussi, quand on m’a proposé de recevoir Starters de Lissa Price, malgré son côté dystopique, j’ai laissé la partie curieuse de mon cerveau parler et j’ai accepté.

Titre : Starters
Auteur : Lissa Price
Editeur : Robert Laffon – Collection R
Tome : 1/2

Starters - Lissa Price

Résumé : Dans un futur proche : après les ravages d’un virus mortel, seules ont survécu les populations très jeunes ou très âgées : les Starters et les Enders. Réduite à la misère, la jeune Callie, du haut de ses seize ans, tente de survivre dans la rue avec son petit frère. Elle prend alors une décision inimaginable : louer son corps à un mystérieux institut scientifique, la Banque des Corps. L’esprit d’une vieille femme en prend possession pour retrouver sa jeunesse perdue. Malheureusement, rien ne se déroule comme prévu… Et Callie réalise bientôt que son corps n’a été loué que dans un seul but : exécuter un sinistre plan qu’elle devra contrecarrer à tout prix !

J’ai eu du mal à rentrer dedans, j’ai trouvé la mise en situation longue et pas très claire. Mais Callie est une fille qui assure et on s’attache vite à elle, au point qu’on a envie de continuer à tourner les pages. Ce qui est une bonne chose car à partir de la page 96 (très précisément) le roman prend en nouveau tournant à partir duquel il devient impossible de s’arrêter ! (sachant que le roman fait 449 pages, 96 pages avant que ça démarre, c’est raisonnable)

En effet, on se rend vite compte qu’avant d’être un roman de science-fiction, Starters est surtout un thriller ! Avec tout ce que ça engendre d’action, de complots, de trahison, de faux-semblants… Et ça, j’ai énormément apprécié ! Au final, l’aspect science-fiction/technologie du futur ne sert que de base à une intrigue bien plus complexe, mais aussi bien plus réaliste et crédible (voire actuelle car elle s’ancre bien dans un monde réel où souvent, l’apparence l’emporte sur tout le reste…)

Car oui, malgré son caractère dystopique, Starters est crédible de la page 96 à la fin ! Et cela tient en grande partie à ses personnages – et surtout Callie. Elle est le personnage principal et la grande force du roman. Callie survit dans la rue depuis un an maintenant et ne vit que pour son petit frère malade de 7 ans. La vie à la dure a fait d’elle une battante. Pas une guerrière, juste une battante, avec ses faiblesses et surtout ses forces. L’une d’elles étant son cerveau qu’elle sait utiliser à bon escient (même quand il y a quelqu’un d’autre avec elle…). Elle ne prend pas les faits pour acquis et cherche à avoir toutes les informations avant de se faire un avis sur une question.

En plus du personnage de Callie, tellement juste dans ses actes et pensées et crédible qu’on peut s’y identifier (Lissa Price a d’ailleurs refusé de donner des indications sur la couleur de cheveux ou des yeux de Callie pour, justement, permettre aux lecteurs de s’imaginer leur propre Callie), ce qui m’a vraiment plu dans le roman c’est le style de l’auteur. Lissa Price est scénariste à la base, et ça se voit : les faits racontés sont cohérents et les descriptions tellement détaillées qu’on peut très facilement se représenter les scènes.

Lissa Price évite tous les clichés qui me rebutent en temps normal : l’héroine « guerrière », seule contre tous et chargée de sauver le monde (Callie ne doit pas sauver le monde et surtout, elle n’est pas seule), l’histoire d’amour impossible (l’histoire d’amour ici n’est qu’en toile de fond, pas impossible même si basée sur des mensonges, et surtout – joie – inattendue !), les personnages qui souffrent et/ou meurent juste parce ça fait bien et que ça rend l’histoire plus « OMG! » (dans Starters, on a des personnages qui souffrent et/ou meurent, mais seulement quand c’est nécessaire) et les révélations finales qui clôturent le roman sur un cliffhanger_de_la_mort_qui_tue (attention spoilers : le tome se finit bien et même pas sur un gros cliffhanger!)

Avec Starters, Lissa Price nous offre un roman original, intrigant, vraisemblable et terriblement prenant – à lire ! Le tome 2 est prévu pour décembre 2012. Je serai là !

En attendant, je vous laisse découvrir la bande-annonce :

(Et parce que je le trouve vraiment bien fait, je vous invite aussi à aller faire un tour sur le site français de la duologie : vous pouvez y trouver une nouvelle inédite et télécharger le 1er chapitre)

 

Merci à Karen B. pour l’envoi 🙂

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Will & will – John Green et David Levithan

Titre : Will & will
Titre VO : Will Grayson will grayson
Auteurs : John Green et David Levithan
Edition : Scripto (Gallimard Jeunesse)

Will & will

Résumé : Will Grayson se méfie des sentiments. Les histoires de coeur portent la poisse, tout le temps. Alors quand son meilleur ami, l’exubérant, très corpulent et très, très homo Tiny Cooper, fait tout pour le fourrer dans les bras de Jane, il se dit que cette fille est jolie, marrante et sympa mais… pas du tout son type. De l’autre côté de Chicago, un certain Will Grayson (rien à avoir avec le premier) se sent plus mort que vivant : il vient d’apprendre que celui qui le faisait fantasmer sur sa messagerie internet n’a jamais existé.

Ce livre, ça fait plus de 6 mois que je l’ai emprunté. Et ça fait deux fois plus longtemps que je voulais le lire. Mais je ne sais pas, je n’étais pas motivée, je trouvais que ce n’était pas le bon moment. Et puis j’ai finalement décidé de m’y mettre un matin. Comme ça, sans raison particulière, juste parce qu’il était le plus petit de ma pile, le plus léger et que pour emporter c’était mieux.

Et… je l’ai dévoré. Un véritable coup de cœur. J’ai rigolé aux éclats (souvent), j’ai pleuré (parfois) et je suis tombée amoureuse. Trois fois. D’un géant gay, Tiny Cooper, qui mange pour quatre. De son meilleur ami hétéro Will Grayson qui a deux règles dans la vie (1. Ne jamais trop s’investir. 2. Toujours la fermer) et un exemplaire de Persuasion dans sa bibliothèque. Et de will grayson, dépressif, gay lui aussi, qui regarde Orgueil et Préjugés (avec Colin Firth) avec sa mère et a appelé ses poissons rouges, Samson et Dalila.

Malgré son titre, Will et will c’est l’histoire de trois mecs : Tiny Cooper, la star de l’équipe de foot, gay totalement assumé, Will Grayson, son meilleur ami depuis la primaire, avare de mots et de sentiments et l’autre will grayson, le dépressif qui habite seul avec sa mère de l’autre côté de Chicago et amoureux d’Isaac.

Enfin, je dis ça, mais le roman a beau s’appeler Will & will, il aurait tout aussi bien pu être intitulé Tiny Cooper tout simplement car on se rend vite compte que le personnage principal, c’est Tiny. Il est celui autour duquel gravitent tous ces personnages, celui qui n’a peur de rien, n’a pas honte de ce qu’il est, celui qui parvient toujours à ses fins. L’exemple même du type exaspérant et ereintant (il ne s’arrête jamais) mais qu’on ne peut s’empêcher d’admirer. Tiny c’est un optimiste, il voit toujours le verre à moitié plein et aimerait que les autres en fasse de même.

Will & will c’est un roman sensible et émouvant sur l’homosexualité, les relations entre les adolescents, la recherche de soi, et surtout l’amitié. John Green et David Levithan savent de quoi ils parlent et ils en parlent très bien, sans tomber dans les stéréotypes ni la caricature. Les dialogues et les réflexions des personnages sonnent juste du début à la fin, les personnages sont si profonds, tellement « normaux » et crédibles, les relations entre eux tellement touchantes, qu’on regrette qu’ils n’existent pas réellement.

Pendant toute ma lecture, je me représentais ces personnages sur le bord d’un élastique prêt à éclater, tellement le ton est grave. Mais finalement, l’élastique n’éclate pas. On se sent alors tout léger en refermant le livre, le sourire aux lèvres. (un peu comme dans Eureka Street)

A lire, vraiment.

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Quand j’étais Jane Eyre – Sheila Kohler

Titre : Quand j’étais Jane Eyre
Auteur : Sheila Kohler
Editeur : La Table Ronde / Quai Voltaire

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Résumé : Dans le calme et la pénombre, au chevet de son père qui vient de se faire opérer des yeux, Charlotte Brontë écrit, se remémore sa vie, la transfigure. Elle devient Jane Eyre dans la rage et la fièvre, et prend toutes les revanches : sur ce père, pasteur rigide, désormais à sa merci, sur les souffrances de son enfance marquée par la mort de sa mère et de deux soeurs aînées, sur sa passion malheureuse pour un professeur de français à Bruxelles, sur son désespoir face à son frère rongé par l’alcool et la drogue, sur le refus des éditeurs qui retournent systématiquement aux trois soeurs Brontë leurs premiers romans, envoyés sous pseudonymes…

Parlons peu, mais parlons bien : je n’ai pas aimé. Voilà, c’est dit, je vous autorise à quitter la salle.

Avec un tel titre et un tel résumé, la fan de Jane Eyre qui est en moi a sautillé de joie – mais elle a bien vite déchanté au bout de 20 pages.

Premier soucis : c’est long. Le roman ne fait que 250 pages avec des grandes marges, une police 12 (au moins) et 30 lignes par page. Autrement dit, c’est court. Sauf que moi, j’ai trouvé ça long. Et lent. Le roman se divise en trois parties : Manchester 1846, Haworth 1846-1848 et Londres 1848-1853; sauf qu’il y a tellement de flashback et de digression qu’on ne sait jamais où on est, ni quand on est.

Deuxième soucis : le style. Alors soit, c’est bien écrit, plein d’envolées lyriques, de figures de style bla bla. Sauf que : elle est où Charlotte ? Parce que bon, le plus gros du roman est quand même censé être écrit du point de vue de Charlotte – autrement dit, l’auteure du sublime Jane Eyre. Sauf qu’à aucun moment je n’ai retrouvé ce style si particulier et troublant que j’admire tant. Certes, je me base sur une traduction (j’ai aussi lu Jane Eyre en français pour info), mais le résultat reste le même : j’ai trouvé l’ensemble lourd et – paradoxalement – plat malgré les envolées lyriques de l’auteur/traducteur.

Troisième soucis : l’histoire. J’y ai été insensible du début à la fin. Ah c’est terrible, mais impossible de rentrer dedans (sans doute à cause du deuxième soucis). Je n’ai fait que tourner les 260 pages sans conviction, par curiosité et dépit (je n’aime pas arrêter un roman en plein milieu) mais pas par plaisir. Pourtant, le concept me plaisait : raconter à travers les yeux de Charlotte et de son entourage ce qui a conduit à l’écriture et à la publication de Jane Eyre. Sauf que les pensées de l’entourage sont minimes et personnellement, je me serais bien passée des passages sur les plaisirs nocturnes de l’infirmière ou bien de la nuit de noce des parents (non vraiment qu’est-ce que le point ??). Le pire étant que j’ai trouvé la Charlotte de Sheila Kohler bornée, égoiste et jalouse. Et ne parlons pas de la fin : je sais que c’est ainsi que les choses se sont à peu près passées mais la façon dont c’est raconté, entre l’éditeur et l’ami de la famille, j’ai bien cru un instant revoir Miss Potter

Tout cela est bien dommage car l’idée de départ me plaisait bien : comment Charlotte Brontë a eu l’idée d’écrire Jane Eyre, sur quels moments de sa vie s’est-elle basée, d’où lui est venue l’inspiration pour tel ou tel personnage… Et au final, ce sont ces quelques passages qui m’ont le plus intéressés.

Je crois que dans le fond je m’attendais à lire un roman dans la veine de Miss Charity mais avec un côté plus historique et la réalité l’emportant sur la fiction. Sauf que non : Sheila Kohler qualifie carrément les personnages de fictifs ! Genre, Charlotte Brontë est un personnage fictif ??? Ok c’est un roman donc fictif d’office, mais tous les gens mentionnés ont réellement existé ! Alors non ils ne sont pas fictifs, nous avons quand même entre les mains une biographie romancée ! Il aurait fallu leur donner d’autres noms pour que vraiment on les considère comme purement fictifs.

Enfin voilà, une déception pour moi malgré ses qualités (car oui il en a, mais pas suffisamment pour qu’il me plaise). Cependant, j’insiste, ce n’est que mon avis : les avis dithyrambiques fleurissent sur la toile et j’ai bien l’impression d’être l’une des rares à ne pas avoir aimé (la seule ?) aussi je vous conseille de le lire quand même – pour vous faire votre propre avis 🙂

Lu grâce à Babelio pour Masse Critique.

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Blue Jay Way – Fabrice Colin

Titre: Blue Jay Way
Auteur : Fabrice Colin
Editions : Sonatine

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4ème de couverture : Julien, jeune Franco-Américain féru de littérature contemporaine, a perdu son père dans l’avion qui s’est écrasé sur le Pentagone le 11 septembre 2009. La célèbre romancière Carolyn Gerritsen, qui l’a pris en amitié, lui propose d’aller vivre un temps à Los Angeles, chez son ex-mari, le producteur Larry Gordon. A Blue Jay Way, villa somptueuse qui domine la cité des anges, Julien est confronté aux frasques du maître des lieux et à une jeunesse dorée hollywoodienne qui a fait de son désoeuvrement un art de vivre : un monde où tous les désirs sont assouvis, où l’alcool, les drogues et les parties déjantées constituent de solides remparts contre l’ennui. Peu à peu, Julien se laisse séduire par ce mode de vie délétère et finit par nouer une relation amoureuse avec Ashley, la jeune épouse de Larry. Lorsque celle-ci disparait mystérieusement, il doit tout faire pour dissimuler leur liaison sous peine de devenir le principal suspect. Ce n’est que le début d’un terrible cauchemar : très vite, les morts violentes se succèdent, mensonges, trahisons et manipulations deviennent monnaie courante et la paranoïa apparaït bientôt comme la plus sage des solutions…

J’ai fini ma lecture il y a bientôt trois semaines. Et ça fait bientôt trois semaines que je réfléchis à la meilleure manière de parler de ce roman. Aujourd’hui… je ne l’ai toujours pas trouvée. Alors j’ai décidé de reprendre le principe du j’aime/j’aime pas de Saru.

J’aime : la 4ème de couverture.
Un résumé long, plein de détails, mais qui pourtant ne spoile en rien le contenu du roman. A la lecture du résumé on a l’impression de connaître déjà l’histoire et de deviner le dénouement, et pourtant il n’en est rien. Je ne sais pas qui l’a écrit, mais je félicite le rédacteur !

J’aime : Le style.
Le roman fait 480 pages mais on ne les sent pas. J’ai eu un peu de mal à entrer dedans au début, je l’avoue, mais c’est surtout parce que je lis peu de thriller. Le dernier datait de début 2011. Mais au bout de quelques (courts) chapitres, c’est bon, j’étais fichue, j’ai tout enchainé. Fabrice Colin alterne chapitres écrits à la 1ère personne – du point de vue de Julien – et chapitres à la 3ème personne, parlant de personnages que Julien ne connaît pas. Et c’est là l’un des points forts du roman : jusqu’à la fin on se demande qui sont ces personnages, quel est le lien avec Julien, avec les autres locataires de Blue Jay Way.

J’aime : Le huis-clos.
J’ai toujours aimé les huis-clos, ces romans qui se passent à un seul endroit (ou presque), où il se passe énormément de choses et rien à la fois mais sans jamais ennuyer le lecteur. Non seulement ça évite de se perdre parmi les personnages et les lieux (j’adore Wicked, mais alors je vous dis pas le nombre de fois que j’ai dû regarder la carte). Et puis j’aime ce sentiment d’oppression, de suspicion, de doute et de paranoïa qui s’installe au fil des pages.

J’aime : les 100 dernières pages.
Le méchant se révèle petit à petit, Julien et les autres se sentent chaque fois plus épiés, manipulés, il oblige Julien et Carolyn Gerritsen à faire et voir des choses impensables. Il leur fait subir pas mal de choses aussi. Pourquoi ? Par qui ? On ne l’apprend que vers la fin. Et quelle fin d’ailleurs ! On a les réponses à nos questions, mais pas à toutes nos questions. Certaines restent en suspens et d’autres encore ne font qu’être soulevées. On reste dans le vague et même si on a des réponses, on ne comprend pas tout. C’est une fin ouverte à l’interprétation personnelle. J’approuve.

J’aime : La musique.
Chaque fois que je finis un roman de Fabrice Colin, j’ajoute des groupes ou des chanteurs à ma liste de choses à découvrir. Ma culture musicale pour ce qui est des « classiques » et autres indémodables est vraiment limitée. Je me couchais chaque jour plus intelligente musicalement parlant. (Tiens, ça me donne une idée de question pour la soirée de lancement du 8 mars prochain )

J’aime/J’aime pas : Julien.
Je suis arrivée à la fin de mon livre sans réussir à me faire un avis sur les personnages, et plus particulièrement Julien. Ca me plait. J’aime son côté humain, curieux, et j’avoue, j’aime aussi sa paranoïa et sa déchéance. Mais en même temps, je le trouve énervant. Il est apatique les 3/4 du livre, il attend que les choses se passent, j’ai souvent eu envie de le secouer, et ce n’est vraiment que vers la fin qu’il se bouge. Mais en même temps, je le comprends. Il est dans une ville inconnue (ou presque) avec des gens antipathiques et égoistes à souhait, les mauvaises nouvelles s’enchaînent, le sang coule, il réagit comme un humain. Mais en même temps, il… non vraiment, impossible de me faire un avis.

J’aime pas : les pages 184-186.
La souris encore ça va, elle agonisait. Le chien non. Quand je l’ai vu mentionné, j’ai sauté cette page et demi, je savais ce qui allait arriver. Et c’est bien là l’une des rares choses que je ne supporte vraiment pas. Cette page et demi m’a rappelée pourquoi je lisais rarement des thrillers. Je sautais déjà les pages de ce genre dans Level 26, mais là c’est pire, j’ai carrément fait une pause dans ma lecture pour éviter de m’imaginer la scène.

J’aime pas : Ashley et Julien.
Pareil, l’une des raisons qui font que je lis rarement des thrillers. Ok, qu’ils couchent ensemble très bien, raconter tout ce qu’ils font non. Je vois vraiment pas l’intérêt. Encore dans les Succubus de Richelle Mead, ça se comprend, c’est de la romance et le personnage principal est une Succube. Dans ce genre de roman, moins.

Et puis, j’aime aussi Los Angeles, le 11 septembre et le « méchant ». Mais il y aurait bien trop de choses contradictoires et « spoilerisantes » à dire sur chacun des sujets alors je passe.

Enfin voilà. J’aime tout dans ce roman sauf les deux j’aime pas.

Un premier thriller des plus réussis qui me réconcilierait presque avec le genre ! (Et rien à voir,mais sur la page FB du livre, il y a plein de jolies photos.)

Il est sorti aujourd’hui chez tous les bons libraires – vous savez donc quoi faire demain ! Quant à moi, je remercie une fois encore Sonatine Editions, et surtout Fabrice Colin, pour l’envoi. 

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Les revenants de Whitechapel – George Mann

Je ne vous apprends rien, les romans qui se passent à l’époque victorienne, je n’y résiste pas. De toute façon, à quoi bon résister, surtout lorsque les romans sont aussi bons ?

Titre : Les revenants de Whitechapel
Auteur : George Mann
Editeur : Eclipse
Tome : 1/? (plus des short stories)

Les revenants de Whitechapel

Résumé : Bienvenue dans un Londres étrange et merveilleux, une métropole en plein bouleversement. Ses habitants, quotidiennement éblouis par un déluge d’inventions, inaugurent une ère technologique nouvelle.  Les aéronefs traversent le ciel de la ville tandis que des trains de surface parcourent ses rues et que des automates mettent leurs engrenages au service d’avocats ou de policiers. Mais le vernis brillant du progrès dissimule une face sombre, car cet univers voit aussi des policiers fantômes hanter les ruelles de Whitechapel. Sir Maurice Newbury, Investigateur de la Couronne, œuvre donc sans répit à protéger l’Empire de ses ennemis. Le jour où un dirigeable s’écrase dans des circonstances suspectes, sir Newbury et miss Veronica Hobbes, sa jeune assistante, sont appelés à enquêter tandis qu’une série d’effroyables meurtres met en échec les efforts de Scotland Yard, et qu’un épouvantable fléau ravage les quartiers pauvres.

Parce que oui, Les Revenants de Whitechapel est vraiment très bon. George Mann nous plonge dans un Londres victorien où la révolution industrielle a fait son chemin et où automates, dirigeables et tramways sont monnaie courante. Nous sommes en novembre 1901, le royaume est toujours dirigé d’une main de fer par la Reine Victoria (oui, la même Reine Victoria qui est en réalité morte en janvier 1901), un aéronef s’écrase mystérieusement, la peste (vraiment ?) fait rage dans les quartiers pauvres et les automates si dociles en temps ordinaire se retournent contre leurs maîtres.

Pourquoi ? Comment ? Voila les questions auxquelles devront répondre nos héros : Sir Maurice Newbury, universitaire et investigateur pour la Couronne à ses heures perdues et Veronica Hobbes, son assistante tout juste nommée, féministe avant l’heure mais peu portée sur les technologies modernes. Sans peur et sans reproches nos deux héros vont se retrouver embarqués dans des enquêtes jamais banales et toujours périlleuses. George Mann n’épargne rien à Sir Maurice et Veronica mais arrive toujours à rester crédible.

Les revenants de Whitechapel est un mélange des genre, avec tous les codes du roman steampunk et un peu plus : les automates font penser à des Cybermen et les malades de la peste ressemblent à des zombies ! Une fois dedans, difficile de s’arrêter avant la fin. Le style bien que classique est des plus prenants, et nos deux enquêteurs arrivant toujours à se retrouver dans ses situations improbables, on ne voit vraiment pas passer le temps. Ce qui est plutôt paradoxal quand on sait qu’il ne se passe pas tant de choses que ça dans le roman, ce n’est vraiment que dans les 150 dernières pages que tout s’accélère et que l’action pointe son nez.

L’atmosphère sombre et lourde des quartiers pauvres extrêmement bien rendue et les personnages attachants rendent le tout encore plus plaisant à lire. Les informations sur le passé des personnages distillées au fil des pages attisent notre curiosité et nous font non seulement tourner les pages avec ferveur mais surtout nous rendent impatients de lire la suite !

PS : Cela à beau se passer à la même époque, ne vous attendez cependant pas à lire un roman dans la veine de Gail Carriger, ici pas de vampires, ni loups, juste de la mécanique – et surtout, pas de romance !

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Voraces – Oisin McGann

Pourquoi ce livre ? Parce que la couverture ! Vous resisteriez vous à une telle couverture ? Sachant en plus que l’histoire se passe en Irlande, sous l’ère victorienne ? Non? Et bien moi non plus. Et vous savez quoi ? Je ne regrette vraiment pas mon emprunt ! Voraces n’a vraiment rien à voir avec tout ce que j’ai lu jusqu’à présent.

Titre : La saga des Wildenstern (T1) : Voraces
Auteur : Oisin McGann
Tome : 1/3
Editeur : Mangovoraces - oisin mcgann

Résumé : Quand Nate Wildenstern rentre au manoir familial après un voyage, il découvre que son frère aîné vient de mourir dans de mystérieuses circonstances… et que tout l’accuse ! Coïncidence ou complot ? Les Wildenstern ne sont-ils pas entraînés depuis leur enfance à la trahison et au meurtre ? Un père tyrannique, des voyous prêts à tout et quatre ancêtres revenus d’entre les morts… le retour dans sa terrible famille ne sera pas de tout repos !

Dans ce premier tome, Oisin McGann nous emmène à la rencontre du clan Wildenstern, et ça commence fort :  Nathaniel, 18 ans à son retour d’un voyage d’un an en Afrique, décide d’aller attraper la Bête de Glenmalure pour prouver à tous qu’il est grand, beau et fort (ce qu’il est d’ailleurs).

Et qu’est-ce donc que la Bête de Glenmalure ? C’est un mécanimal ! Et qu’est-ce qu’un mécanimal ? L’une des idées géniales de ce roman ! Chez Oisin McGann, il y a des animaux bien sûr, mais surtout des mécanimaux. Ces mécanimaux se sont tous ces objets qu’on utilise au quotidien, mais vivants. Un exemple rapide :

« La créature avait à peu près la taille d’une boite à chaussures. Deux fentes s’ouvraient sur son dos et un oeil unique couronnait sa tête. (…) Elle glissa la tranche de pain dans l’une des fentes. Le mécanimal frissonna de plaisir et s’immobilisa quelques instants. Une lueur orange illumina la fente et un mince filet de fumée s’en éleva, puis la tranche de pain jaillit à nouveau (…) Nate l’attrapa et glapit sous le coup de la surprise quand le pain chaud lui brûla les doigts… » p. 87

Je vous laisse deviner ce qui se cache derrière ce mécanimal….

Voraces est un roman fascinant… et violent. Il faut savoir que la famille Wildenstern n’a peur de rien, et peut vivre très longtemps grâce à l’aurea sanitas (ou comment l’or régénère leurs corps, les guérissant et maintenant en vie des siècles durant). Alors, comme ils sont beaucoup et qu’ils vivent longtemps, des règles sont nécessaires, la principale étant : si dans la hiérarchie familiale tu souhaites t’élever, tuer ceux qui en travers de ton chemin se mettent, tu pourras. Mais attention : jamais directement, car accidentelle, la mort devra toujours sembler ! Bref, tous les coups sont permis ! C’est barbare, mais c’est bien pensé, et cela offre d’excellentes scènes de « combats » entre les membres de la famille. Voila d’ailleurs la raison pour laquelle ce cher Nathaniel se retrouve accusé du meurtre de son frère Marcus… Dur.

Mais Voraces sait aussi être plus réaliste: Les Wildenstern sont les plus puissants d’Irlande, et possèdent quasiment toutes les terres environnantes. Les inégalités sont bien marquées, et personne n’est épargné (d’où l’entrée en scène des 4 voyous…). On y fait mention de la reine Victoria, des tensions entre les deux « pays », de la grande famine, et des explusions de terres qui étaient monnaie courante à l’époque… Le fait que l’histoire soit racontée à la 3ème personne est vraiment un plus pour le roman car il nous permet de savoir tout ce qu’il se passe partout et à tout moment. Et avec une telle myriade de personnages, c’était essentiel.

Parlons-en d’ailleurs des personnages, qui constituent là l’autre point fort de ce roman. A commencer par Nathaniel : riche et fier, 3ème dans l’ordre de succession, il n’a d’autre but que de profiter de la vie, boire avec son cousin Gérald et se mêler le moins possible des affaires familiales. Les évènements vont cependant lui faire revoir sa définition de la vie. Le cousin Gérald est dans le même état d’esprit que Nate, à la différence, que son but dans la vie c’est de rester enfermer dans son « atelier » à étudier les mécanimaux. Sans oublier Roberto, ce cher Roberto qui ne cesse de nous surprendre ! Les personnages féminins ne sont pas en reste, et dans le cas de Daisy, on peut carrément dire qu’elle vole la vedette aux autres !

Bref, Voraces c’est le bien ! Un roman original et dépaysant, dans le pur style steampunk et qui bien que se passant à l’ère victorienne reste cependant très moderne (quel langage !) 

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Sisters Red – Jackson Pearce

Amatrices de combats à la hâche, ceci est pour vous ! ^^

Titre : Sisters Red
Auteur : Jackson Pearce
Editeur : Albin Michel/Wiz

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Résumé : « Le loup ouvrit ses larges et longues mâchoires, ses rangées de dents et sa langue tachée de sang, s’approchant d’elle à la toucher. Une pensée s’ancra dans la tête de Scarlett et elle se la répéta encore et encore, jusqu’à ce qu’elle devienne une mélopée, une prière : « Je suis la dernière qui reste pour te combattre, alors je dois te tuer ».

J’ai choisi de mettre la 4ème de couverture plutôt que le résumé officiel de l’éditeur car je trouve qu’il en dit trop. (Si vous voulez le lire, vous pouvez toujours aller sur le site officiel)(que je vous invite à ne PAS lire sous peine de surprise gâchée.)

Sisters Red c’est un peu le Petit Chaperon Rouge des temps modernes. La différence étant qu’ici, le Petit Chaperon Rouge fait aussi office de chasseur. Ou plutôt, les Chaperons Rouges : les soeurs March, Scarlett, l’ainée, et Rosie. Leur mission : se débarrasser des Fenris par tous les moyens possibles. Pourquoi ? Parce que ce sont des tueurs. L’un d’eux a tué leur grand-mère et ils continuent à tuer, à dévorer. Elles connaissent leur existence depuis toujours, et depuis la mort de leur grand-mère, elles ne vivent que pour les éliminer tous. Surtout Scarlett, celle qui gardera à vie les cicatrices infligées par un Fenris. D’ailleurs, les passages de chasse sont plutôt sanglants ! (oui, le roman porte très bien son titre !)

Car oui, ici les Fenris méritent de mourir. Ce sont des bêtes, des charognards qui ne pensent qu’à une chose : se nourrir. Et de préférences de belles jeunes filles. Je sais ce que vous vous dites; c’est du déjà vu : l’une des filles va rencontrer un Fenris et tomber amoureuse de lui, et alors tout va changer pour elle, elle ne voudra plus combattre les Fenris bla bla bla. Je vous dirais : vous avez tout faux ! Oui il y a des Fenris et oui l’une des soeurs va tomber amoureuse, mais pas d’un Fenris. Et non, rien ne changera pour elle. Mais je vous laisse découvrir cet aspect de l’histoire par vous-même, quel intérêt sinon ? ^^

Sisters Red c’est donc une histoire de Fenris. Mais aussi – et surtout – une histoire de soeurs. Deux soeurs bien différentes, mais qui ont le même coeur. Le roman alterne entre les voix des deux soeurs, et ça permet de voir à quel point elles ont beau être différentes dans leur manière de voir la chasse et la vie en général, au fond, elles ressentent souvent la même chose. Les passages où chacune d’elles fait référence à leur coeur unique et à la raison de celui-ci sont vraiment très touchants.

Alors bien sur, il y a des points négatifs : la tendance qu’à Rosie (que j’aime énormément) de radoter et de se lamenter à outrance, le côté prévisible de certains points de l’intrigue (vers le milieu de l’histoire, on se doute un peu de la fin), et la fin, que j’ai trouvé en dessous du reste du roman : elle est pour le moins surprenante et inattendue certes, mais semble « hors contexte » par rapport à tout ce qui précédait…

Mais ces points sont infimes et malgré cela, Sisters Red reste un roman fort et plutôt surprenant. Une version du Petit Chaperon bien plus intéressante que celle sortie il y a peu sur les écrans. A découvrir !

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La Vie Extraordinaire Des Gens Ordinaires – Fabrice Colin

Lors de mon premier cours d’atelier d’écriture, le prof nous a demandé quel auteur nous avait donné envie d’écrire. Et celui qui nous avait donné envie d’arrêter. J’ai répondu « aucun » aux deux questions, car moi, je suis une lectrice, écrire ne m’intéresse pas. Mais si ça avait été le cas, je pense que j’aurais pu répondre Jane Austen et Charles Dickens pour les anciens, et puis… Fabrice Colin pour les contemporains.

Titre : La Vie Extraordinaire Des Gens Ordinaires
Auteur : Fabrice Colin
Editeur : Flammarion

vie extraordinaire des gens ordinaires

Résumé : Il me restait vingt adresses : vingt lieux éparpillés aux quatre coins du monde, et vingt histoires toutes plus incroyables les unes que les autres. C’est ce jour où le titre de ce livre m’est venu : La Vie extraordinaire des gens ordinaires. LISEZ. LISEZ, DE LA PREMIERE A LA DERNIERE PAGE. SI ÇA VOUS PLAIT, DEBROUILLEZ-VOUS POUR EN FAIRE UN LIVRE.

La Vie Extraordinaire Des Gens Ordinaires, c’est un livre extraordinaire sur des gens tout à fait ordinaires. Ou comment un jour, un lecteur ayant vécu tout sa vie la tête dans les livres décide de raconter ce qu’aucun autre n’avait jamais raconté : les histoires extraordinaires des gens ordinaires. Après des mois à écumer les pages des faits divers du monde entier, il ne garde que vingt histoires. Le voila alors parti aux quatre coins du monde à la rencontre de ces gens aux histoires si incroyables mais vraies.

Il fait ainsi la connaissance de Heinrich Mazdorf Ier, roi SDF près à déclencher la 3ème guerre mondiale, d’un chat immortel, d’une jeune écrivain de 11 ans prodige ou encore d’un clown triste. Qu’il goûte aux plaisirs d’un restaurant au milieu de la montagne et de son eau si pure, et au seul thé au monde capable de vous faire littéralement planer. Qu’il découvre un immeuble sans portes, visite un parc d’attraction en pleine montagne, rencontre un habitant de l’Atlantide et un autre venu de la préhistoire.

20 histoires différentes (je dirais même 22, si on ajoute le point de départ du roman en lui-même, plus celle de l’homme qui a « voyagé » dans un nuage), et bien sur des préférences. Inspirer/Expirer déjà, qui m’a fait pleurer avec la thérapie par les larmes du Dr Jeffrey-Jeffrey. La plus touchante et bouleversante des histoires.  Chez les Vivants aussi que j’ai trouvé très émouvante et si vraisemblable. Pareil pour Cent pour Cent Perdants et S’il le faut nous déclencherons la 3ème Guerre Mondiale.

Je vous avais bien dit que ce livre serait mon dernier, la plus tristement belle histoire avec cette fillette de 11 ans qui en écrivant son premier roman savait déjà comment se finirait le dernier. (un peu comme JK Rowling. Mais en plus triste). En compagnie de Mark Twain m’a fait sourire, et j’approuve totalement : je suis sûre aussi que de grands auteurs se réincarnent en chats ! Et que certains sont immortels. En fait, à part deux ou trois (sur 21 !) j’ai aimé toutes les histoires – ce sont des petites nouvelles, mais qu’il faut lire dans l’ordre.

J’ai été émue (beaucoup), j’ai pleuré (parfois), et j’ai noté des tas de noms d’auteurs (la faute à En compagnie de Mark Twain) et de musiques (la faute à Inspirer/Expirer)(et sans aucun doute mon histoire préférée!). Et je suis passée par une foule de sentiments pendant ma lecture, et surtout l’admiration : pour les connaissances de Fabrice Colin (et on revient à toutes les références musicales de Inspirer/Expirer), son style, et surtout son imagination.

Je suis une lectrice, je lis énormément et des choses variées. Et même si certains romans sont décevants, il y a au milieu des écrits qui nous émerveillent car ils ont ce petit truc qui fait que La Vie Extraordinaire Des Gens Ordinaires fait partie de ces romans. Et Fabrice Colin de ces auteurs qui par leurs écrits me font aimer encore plus les livres. 

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Une étude en rouge – Conan Doyle

Titre : Une étude en rouge
Titre VO : A Study in Scarlet
Auteur : Sir Arthur Conan Doyle

Une étude en rouge
(C’est mes miens ! Ils sont beaaaaaaux <3 )

Résumé : Au n°3 de Lauriston Gardens près de Londres, dans une maison vide, un homme est trouvé mort. Assassiné ? Aucune blessure apparente ne permet de le dire, en dépit des taches de sang qui maculent la pièce. Sur le mur, griffoné à la hâte, une inscription : « Rache ! » Vengeance ! Vingt ans plus, en 1860, dans les gorges de la Nevada, Jean Ferrier est exécuté par des mormons sanguinaires chargés de faire respecter la loi du prophète. Sa fille, Lucie, est séquestérée dans le harem du fils de l’Ancien. Quel est le lien entre ces deux évènements aussi insolites que tragiques ? Un fil ténu, un fil rouge que seul Sherlock Holmes est capable de dérouler. Une intrigue tout en subtilités où, pour la première fois, Watson découvre le maître.

Une étude en rouge se divise en deux parties : Londres en 1880, et le Nevada en 1860. Et malheureusement, la seconde partie l’emporte sur la première. Au final, bien que ce soit une aventure de Sherlock Holmes, on ne voit pas beaucoup le détective. Mais, les scènes où il est présent n’en sont pas moins fascinantes. On a beau connaître le personnage et l’histoire, c’est toujours un plaisir de le suivre dans ses enquêtes, ses reflexions, d’assister à ses résolutions…

On peut avoir des difficultés à aimer le personnage (Sherlock est parfois odieux sans même sans rendre compte), il est juste impossible de ne pas être subjugé par ce détective consultant plus intelligent que toute la rue et qui remarque tout ce à quoi les autres ne font pas attention. Et j’ai toujours un sourire béat quand arrive le moment de la révélation… son processus de pensée semble tellement logique et tellement simple quand il l’explique qu’on se demande vraiment comment on a fait pour ne pas y penser aussi…

La deuxième partie est, comme je le disais, bien plus longue. Et c’est bien dommage. Surtout qu’on s’y perd un peu entre tous les noms des différents Partriarches et des différents (nombreux) fils, les dates, les lieux… Mais ceci mis à part, j’ai bien aimé l’histoire de Jean Ferrier et Lucie et les grandes plaines du Nevada… j’avais parfois l’impression d’être dans mon cours de civi’ US de 2ème année. Mais quand même, je trouve cette partie bien longue. On voit même très peu Watson. Et c’est dommage ça.

Au final, la présence de nos héros victoriens est tellement minime qu’il est même difficile d’en parler. Une étude en rouge pourrait se résumer par : Première aventure de Sherlock Holmes, première rencontre entre le détective consultant et le médecin de guerre John Watson. Autant la rencontre est admirable, autant la première aventure est moyenne…

L’instant « couinage »/le + challenge :

Pendant ma lecture, je n’ai cessé de me dire à quel point Steven Moffat et Mark Gatiss sont des génies. Le premier épisode de la version moderne, A Study In Pink, est vraiment fidèle au roman – les répliques, la scène de la rencontre, les déductions, les pilules, le coupable… tout y est comme dans l’histoire de Conan Doyle ! C’est magique *o* Et ça prouve encore une fois l’intemporalité du détective consultant le plus intelligent de l’ère victorienne…

Et sinon, la préface par Steven Moffat dans l’édition britonne que j’ai est plutôt chouette. Courte, mais chouette. Il raconte sa première rencontre avec Sherlock, et surtout il conseille à tout le monde de lire les aventures de Sherlock et Watson dans l’ordre. Parce que c’est le meilleur moyen d’apprécier leur évolution, leur amitié… (Et à la fin, il y a A Scandal In Bohemia » en bonus *o*)

 

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