Night School : Héritage – C.J Daugherty

Night School 2

On est le 22 novembre ! Night School – Héritage sort aujourd’hui en français et en exclusivité mondiale : les petits anglais ne connaîtront la suite qu’en janvier 2013 ! On dit merci la Collection R !

Un nouveau trimestre commence à Cimmeria. Et avec lui, tout ce qui s’ensuit de cours, devoirs, secrets et mensonges. Comme avant quoi. Enfin, pas exactement : maintenant, Allie connait tous les secrets de Cimmeria : elle a intégré la Night School ! Mais, la réciproque n’est pas valable : ce trimestre, c’est Allie qui cache de lourds secrets et se perd dans les mensonges… 

Attention possible spoilers sur le tome 1 ! Vous lisez ce qui suit, à vos risques et périls !

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Une place à prendre – J.K Rowling

Une place à prendre - JK Rowling

Parlons peu, mais parlons bien : j’ai trouvé ça chiant. Vraiment, il n’y a pas d’autre mot.

L’intrigue est mince : Barry Fairbrother est mort. Sa mort (pas si) anodine va avoir de nombreuses répercussions dans la vie des habitants de Pagford (et de certains de Yarvill) : les secrets de chacun vont être dévoilés au grand jour.

J’ai failli le lâcher à de nombreux moment. J’ai lutté, vaillamment, pour arriver au bout. C’est simple, j’ai trouvé que Une place à prendre c’était 680 pages de vide. Pendant toute ma lecture, je me suis posée la même question « Pourquoi a-t-elle écrit ce roman ? » Etait-ce pour prouver à tout le monde qu’elle pouvait écrire autre chose que Harry Potter ? Alors oui, c’est vrai, elle peut écrire autre chose. Mais c’est sans intérêt : il n’y a aucune originalité dans Une place à prendre.

Comédie de moeurs, tragédie teintée d’humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes – de bien jolis mots mais encore aurait-il fallu que le fond soit aussi attirant que la forme. L’ensemble est grossier, poussif, exagéré, et surtout, stéréotypé.

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Confusion – Cat Clarke

Un billet confus pour un roman qui l’est tout autant. Désolée, difficile de faire mieux, positif et négatif se mêlent dans mon esprit, impossible de me faire un avis définitif.

Titre : Confusion
Titre VO : Entangled
Auteur : Cat Clarke
Editeur : Robert Laffont / Collection R

Confusion - Cat Clarke

Résumé : Grace, 17 ans se réveille enfermée dans une mystérieuse pièce sans fenêtres, avec une table, des stylos et des feuilles vierges. Pourquoi est-elle là ? Et quel est ce beau jeune homme qui la retient prisonnière ? Elle n’en a aucune idée. Mais à mesure qu’elle couche sur papier les méandres de sa vie, Grace est frappée de plein fouet par les vagues de souvenir enfouis au plus profond d’elle-même. Il y a cet amour sans espoir qu’elle voue à Nat, et la lente dégradation de sa relation avec sa meilleure amie Sal. Mais Grace le sent, quelque chose manque encore. Quelque chose qu’elle se cache.

Je suis comme Grace : quelque chose manque en effet. Le début du roman part vraiment bien : comme Grace, on nage en pleine « confusion ». Où est-elle ? Qui est Ethan ? Que lui veut-il ? Comment en sait-il autant sur elle ? Sauf qu’on a bien trop tôt les réponses à nos questions. Enfin, je devrais plutôt dire qu’on « comprend » les réponses : rien n’est dit clairement, mais les sous-entendus sont suffisament explicites pour qu’on comprenne qui est Ethan.

Et c’est à partir de ce moment-là que le charme est rompu. La révélation sur Ethan faite, les 100 dernières pages ne sont que la confirmation de ce que l’on sait déjà. Et malheureusement, la fin devient alors tellement prévisible que l’on referme le livre en se disant « tout ça pour ça ».

Malgré tout, Confusion reste un livre à lire, si ce n’est pour son intrigue, au moins pour les personnages et surtout le style. Ce n’est pas un roman à genre, c’est un roman, tout simplement. Un roman « vrai », avec des personnages ordinaires à qui il arrive des choses ordinaires. Mais Cat Clarke sait écrire : elle a construit son histoire et ses personnages de telle façon que, même si on se doute déjà de ce que la suite nous réserve, la façon de le raconter, nous pousse à tourner les pages, encore et encore. La traductrice Alexandra Maillard y est aussi pour beaucoup, il faut le dire : quand il s’agit de style et de version française, écriture et traduction ne vont pas l’une sans l’autre.

Et il y a les personnages…
Grace est typiquement le genre de filles que je comprends mais n’accepte pas. Je comprends son envie de fuite et de liberté, pourquoi elle rejette sa mère et boit jusqu’à l’ivresse, je peux même comprendre son envie de suicide. Je comprends tout cela, mais ne l’accepte pas. Parce que je trouve que c’est une attitude puérile et lâche. Peu importe le contexte, les épreuves qu’elle a dû traverser, la trahison qu’elle a subit… au final, avec une telle attitude, ce sont tous les autres qui gagnent – ceux qui l’ont déçue, trahie, blessée… Life’s a bitch, tout le monde le sait. Mais il faut l’affronter telle qu’elle est, lui rendre la pareille, ne pas choisir la fuite ou le suicide – la facilité en somme. Je n’aime pas ce genre de personnages – ni de personnes « réelles » d’ailleurs – mais pourtant, je me suis attachée à Grace. Parce ses airs rebelles, son attitude cynique et jem’enfoutiste ne sont qu’une façade, un moyen de cacher son impossibilité à s’attacher, car justement elle s’attache trop... Son père était son héros; son amitié avec Sal était fusionnelle; sa relation avec Nat lui était indispensable. Tout donner et avoir le sentiment de n’avoir que mensonges, secrets et incompréhension en retour fait mal. Et je sais de quoi je parle…

Et puis Sal et Nat – la meilleure amie et le petit copain. La relation qu’entretien Grace avec chacun d’eux est touchante, émouvante mais surtout dangereuse, pour la raison invoquée plus haut : Grace s’attache trop. Sal est plus qu’une meilleure amie pour elle, plus qu’une soeur même. Quant à Nat, il est sa raison de revivre. Littéralement : Nat est arrivé au moment où Sal s’éloignait et où Grace se sentait chaque fois plus au bord du gouffre. Avec lui dans le coin, elle avait une raison de se lever le matin. On les aime et en même temps on les blame ces deux-là. Si le comportement de Sal peut être acceptable, celui de Nat est vraiment intolérable. Au final, seul Devon mérite vraiment qu’on s’attache à lui : c’est le seul qui soit « vrai ».

Sur la quatrième de couverture, il est marqué « le roman qui a bouleversé l’Angleterre« . Je comprends pourquoi : Confusion ne laisse pas indifférent (du moins, pendant la lecture, une fois le livre fini, il est facile de passer à autre chose). Cat Clarke aborde subtilement des thèmes graves et récurrents chez certains jeunes : l’ivresse, la dépression, le suicide… sans jamais porter de jugement. Cat Clarke se plait à faire souffrir son personnage principal toujours plus. C’est à la fois dérangeant et passionnant…

PS : C’est un tome unique !! (C’est tellement rare dorénavant, qu’il est important de le souligner !)

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Département 19 – Will Hill

Voilà un roman qui aura passé de longs mois sur mon étagère. Ce n’était jamais le bon moment. Et puis vendredi, je me suis dit qu’il était temps. Après avoir commencé, impossible de le lâcher ! Je l’ai tout de même gardé 2 jours et demi, et pourtant, j’ai eu l’impression de l’avoir lu en quelques heures.

Titre : Département 19
Titre VO : Department 19
Auteur : Will Hill
Editeur : Seuil
Tome : 1/ 5 ?

Département 19 - Will Hill

Résumé : La vie de Jamie Carpenter bascule le jour où il assiste à l’exécution de son père. Deux ans plus tard, c’est sa mère qui disparait mystérieusement… Pourchassé par des créatures, Jamie découvre l’existence du Département 19, un service gouvernemental ultrasecret chargé de contrôler les phénomènes surnaturels qui menacent l’ordre du monde. Devenu agent spécial du Département 19, Jamie fera tout pour retrouver sa mère et sauver sa vie.

Vous avez lu Dracula ? Et Frankenstein ? Vous avez aimé les romans ? Et bien sachez que ce ne sont pas des romans et que tout est vrai (enfin, dans l’ensemble – Mary Shelley ayant déformé quelques aspects de l’histoire de Frankenstein). Van Helsing, Jonathan Harker, Quincey Morris, le Dr Seward, Arthur Holmwood – ils ont vécus, en vrai. Ce sont même eux – et leurs descendants – qui sont à l’origine de la création du Département 19.

Jamie Carpenter découvre qu’il fait partie de ces descendants lorsque sa mère se fait enlever : voilà qu’un type débarque et l’emmène avec lui dans un coin reculé de l’Angleterre. Un type immense qui a des bras de longueur inégale et des boulons dans le cou. Il ne comprend pas vraiment ce qu’il se passe autour de lui, mais il est sûr de deux choses : les vampires existent et l’un d’eux à enlevé sa mère. Après un entrainement de 24h qui en général dure 9 mois et aidé de Frankenstein, de Tom, un descendant de Quincey Morris, et d’une vampire qui a tenté de lui faire la peau, Jamie se lance corps et âme à la recherche de sa mère. Il est jeune, perdu, mais terriblement déterminé. 

Le héros a beau être un adolescent de 16 ans, voilà bien un roman que je ne conseillerai pas à tous les ados justement. Parce que Département 19 c’est violent, trash, et sanglant. Âmes sensibles s’abstenir. Vraiment ! Les vampires de Département 19 sont les dignes héritiers de Vlad l’empaleur. Ils aiment tuer et voir les gens souffrir. Ils mordent, ils éviscèrent, ils torturent, ils arrachent les membres… Ils sont cruels, sanguinaires et sans pitié.

Les méchants meurent mais les gentils aussi. Le héros lui-même ne s’en sort pas toujours indemne. L’auteur décrit avec minutie les mouvements et les sons des attaques – le tout est très visuel et il est alors d’autant plus facile de se représenter la scène. L’auteur n’édulcore rien et le sang coule à flots à chaque combat. Grâce à Will Hill, Bram Stoker peut reposer en paix : non, au 21ème siècle, les vampires ne souffrent pas tous de dépression après des siècles d’existence, ils ne sont pas tous végétariens et ne brillent pas au soleil.

Avec Département 19, Will Hill ne se contente pas de nous offrir un roman original et percutant, mais aussi une suite plausible au Dracula de Bram Stoker ou au Frankenstein de Mary Shelley. On sent qu’il a lu les romans, et bien plus encore. On sent le travail de recherche derrière – que ce soit sur le mythe du vampire, que sur la façon de le faire vivre un siècle plus tard. Les évènements, la chronologie, les personnages – tout est cohérent ! Et le plus fascinant c’est qu’on se rend compte que finalement, 1892, ce n’est pas si loin que ça : l’arrière-grand-père de Jamie a connu Van Helsing et tous les autres.

Département 19 est un savant mélange entre la série Torchwood (pour le département secret créé à l’ère victorienne) et Krine, les romans de Stéphane Tamaillon (pour les personnages qui ont vraiment existés). Beaucoup d’action, un peu d’humour et d’amour et terriblement de sang –  à lire !

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En vrac: Parle-moi/Bye Bye Crazy Girl/Une fille à la mer/Blackzone

J’ai lu pas mal de très bons livres dernièrement, sauf que, bien que les ayant beaucoup aimés, je n’ai pas forcément beaucoup de choses à dire dessus. Mais j’ai quand même envie de vous en parler alors voilà un billet livresque en vrac !

 Parle-moi Bye Bye Crazy Girl Une fille à la mer Blackzone

 

Parle-moi de Sarah Mlynowski

Résumé : Devorah Banks a dix-sept ans et tout va mal : le beau Brian vient de la quitter… Pour couronner le tout, elle fait tomber son portable dans une fontaine ! Ce qui, bizarrement, n’empêche pas le téléphone de sonner… et c’est le choc lorsque Devorah entend une voix bien familière au bout du fil : la sienne ! Une version d’elle-même plus jeune de quatre ans, qui n’a pas encore connu ses déboires et aurait bien besoin de ses conseils. Devorah se retrouve soudain devant une chance inespérée : tout recommencer… autrement !

Parle-moi vaut surtout d’être lu pour ses personnages si attachants et son humour. Et dans une moindre mesure, pour son histoire qui, si elle prévisible dans l’ensemble (évidemment qu’elle va tout arranger), nous réserve tout de même une jolie surprise à la fin (personnellement, je ne m’attendais pas à ça). J’ai toujours aimé ces histoires à « l’effet papillon », où un changement dans le passé à une incidence sur le futur/présent. Et pour le coup, j’ai été servie ! C’est vraiment intéressant de voir comme la Devie de 17 ans et la Devie de 13 ans ont des opinions si différentes sur un même sujet ! (je pense notamment à la réaction de l’une et de l’autre par rapport au départ de Brian…) Un roman léger et plein d’humour qui se lit vite et bien et vous fera passer une excellente après-midi (de boulot si vous avez la chance de travailler en bibliothèque !)

Bye Bye Crazy Girl de Joe Schreiber

Résumé : Le bal de fin d’année du lycée s’annonce mal pour Perry : il doit y emmener Gobija, la jeune étudiante lituanienne hébergée par ses parents. La fille la plus barbante qu’il ait jamais rencontré… Mais c’est une Gobija terriblement sexy qui se présente à la soirée. Et quand elle abat un homme de sang-froid au milieu de la piste de danse, Perry se demande s’il n’est pas en train de rêver ! Il n’a encore rien vu pourtant, car Gobija a une mission à remplir et des comptes à régler. Et elle a besoin d’un guide pour la conduire dans la nuit new-yorkaise…

Perry se préparait à passer une soirée mortellement ennuyeuse au lycée et le voilà embarqué dans une chasse à l’homme mortelle à travers les rues de New-York. Devenu chauffeur d’une fille prête à tout pour venger sa famille, Perry va prendre conscience que dans la vie, il faut savoir s’imposer et défendre ses idées. Cette nuit va complètement bouleverser sa vision des choses, pour longtemps. Voilà un roman complètement démentiel que je conseille vivement ! Le roman de Joe Schreiber est une sorte d’ovni littéraire : raconté sur un ton décalé, drôle et violent à la fois, aux personnages charmants et charmeurs, et qui bizarrement, fait un bien fou au moral.

Une fille à la mer de Maureen Johnson : 

Résumé : Clio, jeune Américaine de 17 ans, décide d’aller à Naples passer les vacances avec son père qui a quitté le foyer familial. A son arrivée, elle découvre qu’il a acheté un yacht sur lequel ils embarquent avec sa nouvelle petite amie, Julia, sa fille Elsa ainsi que Martin, un vieil ami, et Aidan le beau mais prétentieux assistant de Julia.

Maureen Johnson c’est le bien. Je ne suis jamais déçue par une livre de Maureen Johnson, et Une fille à la mer ne fait bien évidemment pas exception à la règle. Les personnages attachants sont là, l’héroine « normale » à qui il arrive des choses extraordinaires est là, l’histoire pleine de rebondissements est là, l’humour et la légèreté sont là… Du Maureen Johnson comme on l’aime !

Blackzone de Philip le Roy

Résumé : Sem, autiste et petit génie de l’informatique; Gwendoline séductrice pathologique; Méline spécialiste des sports extrêmes; Laurie dénuée de toute peur; Adrien accro aux jeux vidéo et Diego trisomique, doué d’une force herculéenne… sont réunis par le Dr Sheffer pour constituer la « brigade des fous », aux capacités d’analyse et d’action impressionnantes. Leur objectif : infiltrer l’entourage de Moon Kan Yun-Fa, un mafieux taïwanais installé près de Cannes.

Emprunté par curiosité, Blackzone s’est au final révélé être un autre petit ovni littéraire : six adolescents atteints de troubles psychologiques deviennent membres d’une unité d’élite chargée de protéger et/ou sauver la planète. Ecologiquement parlant, je veux dire. Car oui, cette unité a été créée pour s’occuper de ceux qui veulent détruire l’éco-système et mettraient ainsi la planète et ses habitants en danger ! On soupçonne quelqu’un de s’en prendre aux espèces animales menacées ? La Brigade des Fous est là pour vérifier tout ça, et le cas échéant, de régler le problème. Je ne sais pas où Philip Le Roy est allé chercher son idée, mais en tout cas, elle marche ! Voilà un roman terriblement divertissant et complètement déjanté qui ne cesse de nous surprendre à chaque page (ceux qui connaissent mon problème avec les auteurs français comprendront donc à quel point ce livre est particulier, si je dis qu’il est bien, c’est qu’il est vraiment bien)

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Kaleb (Saison 1) – Myra Eljundir

Kaleb 1

 

Titre : KalebSaison 1
Auteur : Myra Eljundir
Editeur : Robert Laffont/Collection R
Tome : 1/3

Résumé : A 19 ans, Kaleb Helgusson se découvre empathe : il se connecte à vos émotions pour vous manipuler. Il vous connait mieux que vous-mêmes. Et cela le rend irrésistible. Terriblement dangereux. Parce qu’on ne peut s’empêcher de l’aimer. A la folie. A la mort. Sachez que ce qu’il vous fera, il n’en sera pas désolé. Ce don qu’il tient d’une lignée islandaise millénaire le grise. Même traqué comme une bête, il en veut toujours plus. Jusqu’au jour où sa propre puissance le dépasse et où tout bascule… Mais que peut-on contre le volcan qui s’éveille ?

Il y a un avertissement sur la 4ème de couverture : « Déconseillé aux âmes sensibles et aux moins de 15 ans ». J’approuve entièrement cet avertissement !

Si je devais décrire le roman de Myra Eljundir en trois mots, je dirais sans hésitation : violent, dérangeant, hypnotique.

Violent parce que Kaleb est violent. Il ne comprend pas ce qui se passe à l’intérieur de lui, mais il sait de quoi il est capable grâce à son « don ». Kaleb ne doit rien à personne et n’a rien à perdre, alors il profite de son don. Pour son plaisir personnel. Egoiste ? Possible. Ingrat ? Probable. Mais surtout, incapable de contrôler ses émotions et d’établir une frontière entre bien et mal, tellement il est grisé par son pouvoir. Les gens sont à sa merci, il peut leur faire faire tout ce qu’il veut, leur vie est entre ses mains.

Dérangeant parce qu’on ne sait pas comment réagir. Doit-on condamner tous les actes de Kaleb ou peut-on accepter le fait qu’on le comprend malgré tout ? Parce que c’est bien ça le plus dérangeant : au fond, ses actes sont compréhensibles. Les quelques fois où Kaleb a décidé d’utiliser son don pour faire quelque chose de bien, cela s’est retourné contre lui. Plus les pages tournent et plus Kaleb découvre qu’il n’a vécu jusqu’à présent qu’une vie de secrets et de mensonges. Ses actes restent condamnables, mais compréhensibles. Etre empathe, c’est un don mais aussi un malédiction : il ressent les émotions de tout ce qui l’entoure – il est même capable de ressentir les derniers instants d’un animal rien qu’en touchant un morceau de viande. De quoi devenir fou et perdre tout contrôle de soi.

Hypnotique parce qu’on tourne les pages sans s’arrêter. Il y a deux histoires en même temps : celle de Kaleb qui découvre qui il est et celle du Colonel et de la Cause et du pourquoi il veut homicider Kaleb à tout prix. A chaque fin de chapitre, on veut savoir ce qu’il se passe après, on veut savoir quel va être le comportement de Kaleb, on veut savoir qui est ce personnage, s’il a un rapport avec Kaleb et on veut savoir le pourquoi du comment. Les informations sont distillées au compte-goutte, et même si quelques point sont prévisibles, dans l’ensemble, on ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre.

Une intrigue efficace, un style prenant, des personnages marquants – voilà un roman bien atypique et qui ne laissera personne indifférent !

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Marilyn, Elvis, le prince William et moi – Lucy Anne Holmes

Titre : Marilyn, Elvis, le prince William et moi
Titre VO : (Un)like a Virgin
Auteur : Lucy Anne Holmes
Editeur : Plon

Marilyn, Elvis, le Prince Harry & Moi

4ème de couverture : Gracie Flowers a tout pour plaire. Un mètre soixante de charme, d’humour et de tendresse. Rien ne lui résiste : avec sa gouaille et son coeur tendre, elle ferait fondre un iceberg. Enfin, jusqu’au jour où le job qu’elle voulait lui passe sous le nez, son indéboulonnable petit ami la largue du jour au lendemain, sa mère est menacée d’expulsion… Ce jour-là, Gracie Flowers se déchaîne pour s’en sortir avec les honneurs, car elle a surtout un sacré caractère, des rêves, et une voix de sirène qui devrait bientôt résonner hors de sa salle de bain…

Lecteur, si comme moi tu veux lire un roman léger, tendance chick-lit, qui permettra à ton cerveau de se mettre en pause… passe ton chemin !

Avec un tel titre, une telle couverture et un tel résumé, c’est exactement ce à quoi je m’attendais, c’est d’ailleurs pour ça que je l’ai choisi sur Babelio (ça, plus – bien évidemment – le fait que l’histoire se passe à Londres). Sauf que ah !, rien à voir.

Déjà, Gracie n’est en rien comparable aux héroines chick-lit qu’on a l’habitude de rencontrer : elle ne cherche pas le grand amour (elle l’a depuis 10 ans !)(enfin, jusqu’au jour où il part au Canada), elle n’est pas une shopping addict (elle n’a jamais fait d’emprunt et devient malade rien que d’y penser) et ne travaille ni pour un magazine de mode (ou autre), ni pour un journal – non, elle est agent immobilier. Oh et puis : Gracie ne sait pas mentir mais elle sait très bien chanter.

Bref, Gracie voit la vie en rose ! Enfin, jusqu’à ce certain jour où une certaine promotion lui passe sous le nez à cause d’un certain type. Son plan en 5 ans s’effondre… Pour ne rien arranger, son copain se comporte bizarrement, sa mère ne paie pas ses factures, et elle n’a toujours pas eu ses règles… Et d’un coup, le rose, elle ne voit plus très bien ce que c’est comme couleur.

Gracie est une fille vraiment adorable à laquelle on peut s’identifier. Forte et confiante en elle au début, elle va au fil des pages se révéler pleine de doutes. La suite d’évènements désastreux va permettre à Gracie d’ouvrir les yeux et de voir autrement ce qui l’entoure. Elle va ainsi renouer avec de vieux rêves, se rapprocher de sa mère, retomber (vraiment) amoureuse et même se trouver un frère.

Marilyn, Elvis, le prince William et moi c’est une histoire de rêves et de désillusions, d’espoir et de malchance, d’amour et de mort, de plans en 5 ans et de musique. De fait, la musique a une place majeure dans le roman : les parents de Gracie étaient danseurs de salon professionnels, et son père, Camille, ne vivait que pour la musique. Dès son plus jeune âge, il a fait écouter les plus grands artistes à sa fille, et Gracie aimait tellement ces découvertes matinales, qu’elle avait décidé de devenir chanteuse – elle a même passé et gagné plusieurs concours de chants !

Lucy Anne Holmes a su eviter les stéréotypes et écrire un roman sensible qui vous fera rire (et parfois pleurer pour les plus sentimentales, certains passages sont déprimants) et voyager entre Londres et le Pays de Galles. Les personnages secondaires ont autant d’importance que les principaux et sont tout aussi touchants, l’intrigue et le dénouement sont plutôt inattendus (dans le sens : loin des codes du genre), et les nombreuses références musicales rendent le tout encore plus plaisant.

Sans pour autant être un coup de coeur, Marilyn, Elvis, le prince William et moi fût une belle découverte qui m’a fait passer un très bon moment – même si ce moment fût un peu gâché par la traduction.

D’où mon conseil : lisez-le en anglais. La traduction fait mal. Très mal. Ce n’est pas « mal » traduit mais les choix de traduction laissent fortement à désirer. Imaginez donc : pour une lecture plus facile, la traductrice a décidé de convertir toutes les sommes. En clair, Gracie parle en euros alors même qu’elle est au Royaume-Uni. C’est prendre les lecteurs pour des idiots, je trouve. Surtout quand on voit que même dans les romans jeunesses les traducteurs ne convertissent rien (si besoin, ils mettent une note de bas de page). Autre chose qui fait mal : les équivalences culturelles. Souvent, pour une meilleure compréhension, il arrive que le traducteur doivent trouver un équivalent français à un marque ou un magasin. Mais dans ce cas, il faut garder une cohérence avec le texte original : il n’y a ni Tati, ni Castorama à Londres bon sang ! Qu’en France on ne connaisse pas Primark ou Top Shop très bien, mais que le nom du magasin devienne Tati ou Castorama là, NON !
Et puis ne parlons même pas du titre : Elvis et le prince William sont mentionnés une fois, et je ne pas sûre d’avoir lu « Marilyn » quelque part…

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Café givré – Suzanne Selfors

Titre : Café Givré
Titre VO : Coffehouse Angel
Auteur : Suzanne Selfors
Editeur : Flammarion (Tribal)

Café Givré

4ème de couverture : « Vous croyez aux signes ? La foudre qui frappe une voiture dont vous sortez à l’instantt, un chat noir qui traverse votre chemin… Vous voyez ce que je veux dire ? Le hasard, peut-être. Moi, je n’y ai jamais cru, à ce genre de trucs. Avant de le rencontrer, lui » Chez Anna est un petit café où le temps s’est arrêté. Katrina y vit paisiblement avec sa grand-mère. Jusqu’au jour où la magie et la poésie s’immiscent dans sa vie.

L’histoire se passe à Nordby, un village scandinavien purement fictif, mais librement inspiré de la vraie ville de Poulsbo (Washington). On y suit Katrina, 16 ans, lycéenne sans talent si ce n’est servir les clients du café de sa grand-mère Anna et faire la conversation aux plus agés. Elle n’a peut-être pas de talent, mais une grande qualité : sa gentilesse. Aussi, lorsqu’un matin avant l’ouverture du café elle voit un jeune homme recroquevillé contre la porte, elle n’hésite pas à lui offrir une boisson chaude et des douceurs – et ce, même si ce type l’effraye un peu… Qu’il soit un psychopathe ou un simple sans domicile, il fait froid dehors, tout le monde devrait avoir droit à un café.

Elle découvrira le lendemain que ce jeune homme n’était ni un psychopathe, ni un sans domicile, juste… un ange. Un messager pour être précise – plus Hermès qu’ange en fin de compte. Malcolm (c’est le nom de l’ange), pour la remercier de sa gentilesse, lui offre ce qu’elle désire le plus au monde. Richesse, célébrité… tout ce qu’elle veut !

Sauf que Katrina est une jeune fille intelligente et réaliste, et elle sait très bien que les grains de cafés enrobés de chocolat ne l’aideront pas à remettre à flots le café de sa grand-mère qui fait de moins en moins de recettes depuis l’ouverture du Java Heaven et ses cafés bios (?) et que le chocolat ne l’aidera pas à réaliser ses rêves.

Mais d’ailleurs, quels sont ses rêves ? Voilà un peu la trame principale du roman : Katrina et ses reflexions sur l’avenir. Vous saviez vous, ce que vous vouliez faire de votre vie à la fin du lycée ? Non ? Moi non plus (encore maintenant je n’ai aucune certitude !). Ses meilleurs amis ont leur avenir tracé : Vincent sera nageur professionnel et Elisabeth vivra de ses nombreux talents artistiques. Mais Katrina, pour quoi est-elle faite ? Cette question, on se l’est tous posée, et c’est ce qui rend ce roman si sympathique : on peut facilement s’identifier à Katrina – qu’on ait 17 ans ou 23 ans.

L’arrivée de ce messager en kilt (oui, Malcolm porte un kilt) va bouleverser la petite vie (pas si) tranquille de Nordby – pour le meilleur et pour le pire. Certains habitants voient le passé les rattraper, d’autres voient l’avenir se dérouler devant leurs yeux, il y a des accidents de voiture, un rat géant, des amitiés brisées, des amours contrariés, des rêves réalisés…

La première chose qui me vient à l’esprit pour décrire le roman est « tout doux ». Il se dégage pendant tout le roman un sentiment de « douceur « et de plénitude, avec ce cadre chaleureux (le café donne envie d’y passer ses journées, la ville d’y vivre) et ses personnages vraiment touchants (j’ai énormément d’affection pour Malcolm, l’ange-messager qui se balade en kilt et croule – littéralement – sous de lourdes responsabilités).

Café Givré de Suzanne Selfors est une petite merveille de roman, où se mêlent café, messagers, pardon, recherche de soi, espoir, amitié et amour bien sûr. En résumé, voilà un Café Givré tout à fait délicieux et que je recommande vivement de goûter !

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Dis-moi que tu m’aimes – Francisco de Paula Fernandez

Un auteur espagnol, c’est tellement rare dans la littérature jeunesse (éditée en français) que je n’ai pu refuser la proposition de le découvrir !

Titre : Dis-moi que tu m’aimes
Titre VO : Canciones para Paula (vachement plus cool comme titre)
Auteur : Francisco de Paula Fernandez
Edition : Wiz (Albin Michel)
Tome : 1/3

Dis-moi que tu m'aimes

4ème de couv’ : Aujourd’hui, le coeur de Paula bat à tout rompre. Enfin, elle a rendez-vous avec lui. Ils se parlent depuis des semaines (je dirai même plus : 2 mois!) sur Internet, c’est comme s’ils se connaissaient déjà. Elle s’installe au café, savoure un caramel macchiato et attend, attend… Quand il se passe quelque chose de follement romantique qui va changer sa vie…

Dis-moi que tu m’aimes est typiquement le genre de romans que j’évite : mielleux, dégoulinant de bons sentiments, une héroine (pas) normale dont tous les garçons sont amoureux, des « mon chéri/ma chérie » et des « je t’aime » à tout va… Bref, le genre de choses que je n’accepte que dans les mangas.

Malgré tout, j’ai lu les 634 pages qui constituent le roman relativement vite (2 jours et demi, sachant que je travaillais le week-end). Pourtant, j’ai peiné au début. Les 100 premières pages ont eu du mal à passer, mais finalement, je me suis laissée prendre au jeu car le style de l’auteur me plaisait bien et surtout, je me suis attachée aux personnages – et moi, du moment que j’aime les personnages, je vais jusqu’au bout.

Dis-moi que tu m’aimes est un chassé-croisé amoureux sous le soleil de Barcelone. Le personnage principal est Paula et autour d’elle gravitent des amies, des garçons, des stars. En tout, on a une bonne dizaine de personnages : Paula, Angel, Alex, Marco, les Dragibus (Cris, Diana, Miriam), Irène (la demi-soeur d’Alex), Katia – auxquels s’ajoutent les parents de Paula et sa petite soeur, le patron de Angel, l’élève d’Alex et la soeur de Katia.

Avec autant de personnages, il y aurait de quoi perdre la tête. Heureusement, Francisco de Paula Fernandez (que nous appelerons dorénavant « l’auteur »), a eu l’intelligence de faire des paragraphes distincts (voir des chapitres) pour chacun des personnages, introduits à chaque fois par une courte phrase du style « Ce même matin de mars, ailleurs en ville » et quand on passe à un autre personnage : « Ce même matin de mars, un peu plus tard, quelque part en ville ». J’approuve au plus haut point cette façon de faire que je trouve vraiment bien pensée !

Comme je le disais, je me suis attachée aux personnages. Cependant, pas à tous les personnages. Pour être franche, Paula et Angel m’exaspèrent. Ni l’un, ni l’autre ne savent ce qu’ils veulent, et les passages entre eux sont bien trop niais pour moi. De son côté, Katia possède, certes, un gros capital sympathie avec ses cheveux roses, mais n’en reste pas moins un peu trop chouineuse à mon goût.

Non, moi, mes préférés, ce sont Alex, l’écrivain, Mario, l’amoureux transi, et Diana, l’amoureuse transie. Pourquoi ces trois là ? Parce qu’ils voient plus loin que les apparences, ne passent pas leur temps à se morfondre (Mario est l’exception qui confirme la règle), qu’ils sont les moins stéréotypés et ceux qui ont le plus de « profondeur ». J’admire tout particulièrement Diana qui arrive à mettre ses émotions de côté et reste une amie fidèle jusqu’au bout, même lorsqu’elle apprend la vérité au sujet de Mario et Paula. J’aime beaucoup Miriam aussi ! La meilleure amie grande gueule qui (contrairement à la coutume), ne passe pas son temps à embêter son frère et n’hésite pas à montrer qu’elle tient à lui. Irène me plait bien aussi, mais j’espère que par la suite, l’auteur lui donnera un semblant de vie (ou au moins, qu’elle arrête de répéter inlassablement les mêmes paroles)

Car oui, il y a une suite ! Même deux : Dis-moi que tu m’aimes s’avère être une trilogie. D’ailleurs, lorsque j’ai tourné la 634ème page, je suis restée perplexe devant mon livre. Je me suis demandé quelques instants s’il ne manquait pas des pages vue la fin abrupte que j’avais devant moi. Mais non, il y a une suite ! Tout n’est donc pas perdu pour mon top 3 ! C’est d’ailleurs l’un des points forts du roman : on ne sait jamais à quoi s’attendre côté coeur, mais on est curieux, alors on tourne les pages sans peine parce qu’on veut savoir – qui l’emportera dans le coeur de Paula, qui abandonnera la partie, qui gardera de l’espoir et qui passera à autre chose.

Un petit reproche cependant : la belle ville qu’est Barcelone n’est malheureusement pas assez mise en avant. L’histoire se passe à Barcelone, mais pourrait tout aussi bien se passer dans n’importe quelle autre ville du monde, on ne le saurait pas tellement il y a peu de références. C’est dommage: j’aime voyager pendant mes lectures.

Dis-moi que tu m’aimes est un roman qui ravira sans aucun doute les plus romantiques d’entre vous. Le style vivant de l’auteur, les personnages attachants, et l’atmosphère légère et chaleureuse qui se dégage en font un roman des plus divertissants. Idéal pour lire au bord de l’eau !

Et voilà le lien du site officiel du roman (en espagnol), où vous pouvez en apprendre davantage sur le roman, les personnages et sur comment une histoire commencée sur un blog finie en livre.

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Tout ce qui brille – Anna Godbersen

Titre : Tout ce qui brille
Auteur : Anna Godbersen
Editeur : Albin Michel / Wiz
Tome : 1/?

Tout ce qui brille

Résumé : New-York, 1929. Chaque soir, les théâtres, les cabarets, les soirées de premières scintillent comme une promesse de gloire. Surtout pour Letty et Cordelia qui ont fui leur Midwest natal pour une vie plus excitante à New-York. Letty est prête à tout pour devenir actrice. Cordelia, elle, veut retrouver son père, un gangster aussi riche que célèbre. Pour les deux amies, le rideau s’ouvre sur un monde dangereux où le glamour, le mensonge et l’intrigue sont des armes pour réussir. Mais New-York est comme le champagne : lumineuse, dorée et attirante, à condition de ne pas se laisser griser…

Letty et Cordelia, amies depuis toujours, rêvent de grandeur. Union est une ville trop petite pour elles, elles savent que quelque chose de mieux, de plus beau, de plus grand, les attend à New-York. Elles ne sont pas faites pour la petite ville de l’Ohio et la ville n’est pas faite pour elles. Alors un jour, elles prennent le peu d’affaires qu’elles ont, vont à la gare et embarquent dans le train en partance pour New-York – vers une nouvelle ville, une nouvelle vie. 

Cependant, un évènement les fera se séparer, et c’est donc chacune de leur côté qu’elles trouveront ce qu’elles sont venues chercher : une nouvelle vie. Letty se fera de nombreuses amies et de nombreux amis, tandis que Cordelia se liera d’amitié avec Astrid, jeune héritière (façon de parler) rebelle qui la prendra vite sous son aile.

Des trois filles, Astrid est ma préférée. Parce que c’est une battante et la seule qui ait un peu de profondeur. Elle n’a pas eu la vie facile avec les différents divorces de sa mère, et elle n’aspire désormais qu’à une chose : une vie un tant soit peu stable. D’ailleurs, je trouve son histoire avec Charlie particulièrement intéressante et j’espère qu’elle continuera d’être aussi bien traitée.

J’aime bien Cordelia, mais elle est aussi intelligente que naïve – et sur certains sujets, elle est horriblement naïve. Sur la fin, son attitude devient même légèrement exaspérante. Quant à Letty, c’est la fille de la campagne très talentueuse mais qui ne connaît rien des choses de la vie, débrouillarde autant que facile à berner. Letty, c’est un peu un cliché ambulant…. J’espère vraiment que son personnage ouvrira les yeux dans la suite et sera moins…fade.

L’histoire se passe à New-York, à l’été 1929 : la prohibition, les bars clandestins, le jazz, les paillettes, le look garçonne, les cabarets… C’est l’été, il fait beau, la ville est belle, les gens sont beaux, la crise est encore loin – tout va bien.

Voilà d’ailleurs l’un des points forts du roman: l’immersion dans ce monde clandestin. Grâce à Letty on visite les speakeasies, ces bars cachés dans des églises désaffectées, où l’alcool interdit coulait à flots. Avec Cordelia et Astrid, c’est le monde d’en haut qu’on découvre, les fêtes mondaines qui durent toute la nuit (et toute la matinée), l’argent dépensé à tout va, les passages secrets qui permettent de récupérer l’alcool…

Comme pour sa précédente série, on sent que Anna Godbersen a fait des recherches : l’atmosphère de l’époque est particulièrement bien rendue. La description des batiments et bars ainsi que celle de la garde-robe des filles sont des plus fidèles et il est alors d’autant plus facile de se représenter la scène.

Tout ce qui brille est un premier tome, et cela se sent. En effet, l’ensemble manque encore de consistance : malgré un début prometteur car plutôt inattendu, l’histoire devient totalement prévisible dès le moment où les deux amies se séparent (surtout pour ce qui concerne Letty)(mais du côté de Cordelia ce n’est pas beaucoup mieux)(seule Astrid suscite un réel intérêt en fait). Heureusement, la fin remonte suffisamment le tout pour donner envie de lire la suite ! (Ce Max Darby me plait beaucoup et je sens qu’on va vite le revoir… )

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