84, Charing Cross Road

Une nouvelle exception à mon principe du « je ne lis pas de livres de moins de 200 pages ». Et cette fois encore, je suis contente d’avoir failli à ce principe ^^

9782253155751FS.gif

Fiche d’identité :

Titre : 84, Charing Cross Road
Auteur : Helene Hanff (et Frank Doel, Nora Doel, Cecily Farr…)

Résumé : Par un beau jour d’octobre 1949, Helene Hanff s’adresse depuis New-York à la librairie Marks & Co. sise 84, Charing Cross Road à Londres. Passionées, maniaque, un peu fauchée, extravagante, Miss Hanff réclame à Frank Doel les livres introuvables qui assouviront son insatiable soif de découvertes.

 

 

First things first : Mais où sont cachés les librairies qui vous vendent des éditions originales de textes pour moins de 5$ ???????????
C’est la première chose qui m’a interpellée dans le roman : les belles et vieilles éditions en bon état que Frank Doel lui a trouvé.
J’en veux moi aussi.
Et je veux un libraire comme lui aussi.
Un libraire qui m’écrit pendant 20 ans et se met en quatre pour me trouver et m’envoyer les plus belles éditions des textes que je cherche…

Si j’avais lu ce roman plus tôt, j’aurais mis Helene Hanff dans le tag sur les livres – je n’aurais eu aucune question à lui poser, j’aurais juste voulu voir si elle était en vrai telle qu’elle est dans ses lettres. Parce qu’il faut l’avouer, elle est vraiment géniale !
J’ai adoré son « amour » des livres et qu’elle fasse parler les auteurs des livres dans ses lettres, ses coups de coeur et coups de gueule, ses changements d’humeur d’une ligne à l’autre, son humour… Sincèrement, j’aurais aimé la rencontrer.

Helene Hanff a eu une très bonne idée en décidant de publier ses lettres. Parce que ce ne sont pas de simples lettres entre un libraire et une cliente devenue une amie, elles sont aussi un petit témoignagne de la vie en Angleterre et aux Etats-Unis entre 1949 et 1969… Et puis c’est si intéressant de voir comme ces lettres sont à l’image de leurs auteurs : on a d’un côté l’Américaine impulsive qui n’hésite pas à exprimer sa colère dans ses lettres, et de l’autre la représentation du si fameux flegme britannique en la personne d’un jeune libraire qui reste calme et courtois en toute situation alors que franchement, certaines lettres de Helene auraient de quoi vexer quelqu’un.

J’ai trouvé cette courte lecture des plus… charmantes et « rafraichissantes » on va dire. Lors de mon prochain passage à St-Michel, le livre va à n’en pas douter venir rejoindre ses amis du genre dans ma bibliothèque ! Comme ça, je pourrais le lire – ou peut-être juste certaines lettres – quand l’envie m’en prendra ^^

Maintenant, j’ai une irrésistible envie de voir l’adaptation qui en a été faite en 1987, avec Anne Bancroft et Anthony Hopkins dans les « rôles » principaux ^^ Et je pense que lors de mon prochain séjour à Londres, je vais retourner sur Charing Cross Road – même si je sais que la librairie n’existe plus – ne serait-ce que pour lire la plaque en l’honneur de Helene Hanff…

84_charing_cross_road.jpg marksandco.jpg

God save the books !

Le livre aura duré le temps d’un aller-retour à la fac plus 20min de lecture chez moi. Faut dire aussi qu’il est relativement court (173 pages). J’ai pour stupide principe de ne pas lire de livres faisant moins de 200 pages, mais il faut une exception à tout non ?! (en fait, mon principe a même de nombreuses exceptions, mais bon, là n’est pas le sujet)

 

51Z6hVQvXXL._SS500_.jpg

Fiche d’identité :

Titre : La Reine des Lectrices (The Uncommon Reader en VO)
Auteur : Alan Bennet
Résumé : Que se passerait-il outre-Manche si, par le plus grand des hasards, Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, tout d’un coup, plus rien n’arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu’elle en vienne à négliger ses engagements royaux ? C’est à cette drôle de fiction que nous invite Alan Bennett, le plus grinçant des comiques anglais. Henry James, les sœurs Brontë, le sulfureux Jean Genet et bien d’autres défilent sous l’œil implacable d’Elizabeth, cependant que le monde empesé et so british de Buckingham Palace s’inquiète : du valet de chambre au prince Philip, d’aucuns grincent des dents tandis que la royale passion littéraire met sens dessus dessous l’implacable protocole de la maison Windsor. C’est en maître de l’humour décalé qu’Alain Bennett a concocté cette joyeuse farce qui, par-delà la drôlerie, est aussi une belle réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture.

Prendre la Reine d’Angleterre comme héroïne de roman il fallait oser. Alan Bennet l’a fait, et s’en sort plutôt bien. En même temps, parlez-moi de Royaume-Uni et de livres, et il ne m’en faut pas beaucoup plus être conquise ^^
Car oui, conquise je l’ai été !
Par cette Reine qui du jour au lendemain se découvre une passion sans bornes pour la lecture au point d’avoir toujours un livre sous ses yeux, même lors des défilés royaux.
Par son « tabellion particulier » Norman, qui pour une raison (pas si) étrange que ça aime énormément les auteurs gays (oooh vous croyez qu’il a lu la Bible ???).
Par le Duc aussi qui a l’air toujours à l’ouest et se préoccupe des occupations de la Reine.
Et surtout par le fait que l’on se sent proche de la Reine

Le besoin d’avoir toujours un livre (et plus) à portée de main, le fait d’être tellement à fond dans un livre qu’on ne peut le lâcher avant la fin, l’envie de découvrir un livre dont un personnage (ou toute autre personne) a parlé au détour d’une phrase, de vouloir lire toute la bibliographie d’un auteur qu’on apprécie, de vouloir rencontrer le dit auteur… tout ça, on la vécu aussi. Tout ceci nous permet de nous identifier facilement à « cette » Reine des lectrices.

Un autre point qui m’a particulièrement plu dans le roman c’est la critique (oui, je vois ça comme une critique) de la monarchie telle qu’elle est de nos jours : le protocole à suivre, les sujets de discussion à préparer, les secrétaires qui agissent dans le dos de la Reine… et la Reine qui au milieu ne voudrait qu’une chose : rattraper le temps perdu ^^

La Reine des lectrices est vraiment une ôde au pouvoir des mots. Par la lecture, la Reine a appris à faire plus attention aux autres, et à ne plus tiquer sur des détails plutôt insignifiants. Les livres, et ce qu’ils racontent, lui ont ouvert l’esprit, l’ont poussée à faire des choses qu’elle n’aurait jamais pensé faire avant. Alan Bennet a choisi la Reine pour héroïne, mais il aurait tout aussi bien pu prendre l’une d’entre nous, le résultat aurait été le même : les livres auront raison de nous.

 

Lottie Biggs n’est presque pas cinglée

Après avoir (enfin) terminé Oliver Twist, je me suis lancée dans une lecture un peu plus joyeuse… enfin, c’est ce que je pensais.

Fiche d’identité :

lottie-biggs-nest-presque-pas-cinglee-hayley--L-1.jpegTitre : Lottie Biggs n’est presque pas cinglée (Lottie Biggs is not mad en VO)
Auteur : Hayley Long

4ème de couverture : Je m’appelle Lottie Biggs, et les autres, je m’en fiche pas mal. Ce que j’adore, c’est les teintures pour cheveux – actuellement je porte une nuance « Aubergine ardente ». J’ai aussi une passion pour ma copine Goose. Goose se définit comme une existentialiste absurdiste. En d’autres termes, elle trouve l’existence absurde. Mais toutes les deux – et ça, c’est pas absurde- on craque pour Neil. Et voilà que Goose à écrit une chanson pour lui. Avec un titre nul: Chanson pour Neil. Ils sortent ensemble maintenant. Et moi je deviens cinglée, mais alors, complètement cinglée.

3 raisons m’ont fait acheter ce livre :

  1. L’histoire se passe à Cardiff
  2. Pénélope Bagieu a dessiné la couverture
  3. Y a plein de dessins à l’intérieur (ce qui nous relie au 1. car c’est grâce à l’un des dessins que j’ai découvert que ça se passait à Cardiff)

En lisant le résumé, et en voyant la couverture, je m’attendais à lire quelque chose de déjanté, un peu dans le style de Georgia Nicholson. Et j’ai eu ce sentiment pendant toute la première partie du livre… Et puis à un moment, boum badaboum!
Ce qui est si intéressant dans ce roman c’est qu’il commence de façon très légère. Lottie nous raconte ses (més)aventures quotidiennes, sa passion pour les Ourang-Outang, les cours d’arts plastiques et sa copine Goose sur un ton des plus « pétillant » et humoristiques. Et puis, à un moment elle commence à aborder, comme si de rien n’était un problème psychologique qui touche de nombreuses personnes…
Au départ, on en rigole des frasques de Lottie. Comme elle, on se dit que c’est dû à la fatigue (qui ne s’est jamais comporté de façon étrange à cause d’un trop manque de sommeil ?) et puis, plus ça va, et plus on se dit que c’est bien plus que de la fatigue. Et quand, la vérité tombe, on est aussi surpris que Lottie. *spoilers*(surlignez pour lire) Elle est atteinte de troubles mentaux – autrement dit, elle est maniaco-dépressive *spoilers*
Hayley Long a réussi à parler d’un sujet sensible et « sérieux » sans jamais tomber dans le mélodramatique mais le roman n’en reste pas moins émouvant. Peut-être est-ce dû à ma trop grand sensibilité à cette période du mois ou bien au fait que j’étais encore bien marquée par Bleak House, toujours est-il que j’ai dû arrêter de temps à autre ma lecture parce que je voyais trouble… Et le fait que l’histoire soit racontée par Lottie elle-même, ne fait que le rendre plus émouvant. Du haut de ses 15 ans tout juste fêtés, elle se raconte et se dévoile, mais surtout en même temps qu’elle essaye de s’en sortir, elle en apprend beaucoup sur elle-même…

Hayley Long nous sert ici un premier roman sensible, avec des personnages tous plus attachants les uns que les autres ! Lottie bien évidemment, mais aussi Goose, sa mère, Gareth – le type qui est fou d’elle, et qui continue à lui tourner autour et la défendre même après qu’elle lui ait fait des crasses et puis même Elvis – le SDF qui passe ses journées à chanter devant le magasin de chaussures où travaillent Lottie et Goose… Un très beau roman qui se lit tout aussi bien à 15 ans qu’à 30 ans !

Et pour info, le tome 2 « Lottie Biggs is (not) desperate » est prévu pour mai 2010… Je ne sais pas si je vais attendre sa traduction française pour le lire !

The Intimate Adventures of a London Call-Girl

J’ai mis de côté « Oliv(i)er Twist » le temps de lire l’un des livres offerts par les copines de TW4 – je pensais que j’allais prendre du temps à le lire, et finalement en 3 jours c’était fait ^^

Fiche d’identité :

350__1_9780753823200.jpg.pngTitre : Intimate Adventures of a London Call Girl
Auteur : Belle de Jour

Résumé : Belle couldn’t find a job after University. Her impressive degree was not paying her rent or buying her food. But after a fantastic threesome with a very rich couple that gave her a ton of money, Belle realized that she could earn more than anyone she knew–by becoming a call girl. The rest is history. Belle became a twenty-something London working girl–and had the audacity to write about it–anonymously. The shockingly candid and explicit diary she put on the Internet became a London sensation. Now, in BELLE DE JOUR, she shares her entire journey inside the world of high-priced escorts, including fascinating and explicit insights about her job and her clients, her various boyfriends, and a taboo lifestyle that has to be read to be believed. The witty observations, shocking revelations, and hilarious scenarios deliver like the very best fiction and makes for a titillating reading experience unlike any other.

Après avoir vu et apprécié la série, je dois dire que j’étais très curieuse de découvrir le livre qui l’avait inspiré, alors quand j’ai ouvert mon paquet et que j’y ai vu ce livre, j’étais vraiment très très contente ^^ Mais en même temps quelque peu réticente – je ne savais pas trop à quoi m’attendre, j’avais peur que ça soit trop « sexe » à mon goût. Au final, j’ai été très agréablement surprise, et j’ai autant apprécié le livre que la série !

Comme l’indique (pas) le titre, Belle a écrit son livre sous forme de journal intime. Chaque jour elle y raconte ses aventures et mésaventures. Sachant le travail qu’elle fait, on pourrait s’attendre à une suite ininterrompue de descriptions de ses exploits sexuels avec les clients. Si c’est ce que vous pensez trouver dans le livre, je vous le dis tout de suite, vous avez tort. Bien sur, il lui arrive de décrire de façon très imagée ses rendez-vous avec les clients – et oui ces passages sont très « crus » – mais le contraire aurait été plutôt étonnant non ?!
Belle ne fait pas que parler de sa vie de call-girl. Elle parle aussi de sa vie personnelle – son enfance, sa famille, ses amis, ses amours, ses vacances… Et elle fait aussi beaucoup de listes ^^ Et tout ça sur un ton toujours des plus humoristiques. Elle passe sans aucune difficulté et le plus naturelement d’une discussion sur ses sous-vêtements, au comportement des gens dans le métro !
A la lecture du livre, on se rend bien compte que elle a beau ne pas faire un métier des plus « ordinaires » elle n’en est pas moins une fille comme nous, qui tout comme nous a fait des études, et a eu son lot de mauvais moments, de peines de coeurs, et j’en passe.

Ce qui fait la grande force du livre c’est d’être écrit sous forme de journal intime justement. La lecture n’en est rendue que plus fluide et agréable. Cependant, il faut tout de même noter un énorme défaut à cette forme : à des moments, on ne sait plus si on est vraiment en train de lire un sorte de biographie (car oui, on peut considérer le livre comme une sorte de biographie) ou bien si on a entre les mains un roman inventé.
En fait, ce qui me fait dire ça, c’est le fait que Belle emploie des diminutifs et surnoms pour chaque personne rencontrée, ce qui nous éloigne de la vie réelle (enfin c’est peut-être aussi parce que le fait d’utiliser la première lettre des prénoms pour parler de quelqu’un me rappelle Gossip Girl), et puis il faut tout de même l’avouer, il y a certains pans de sa vie qui sont quand même difficile à croire (du genre le fait que tous ses ex s’entendent à merveille).
Mais en même temps, ce défaut peut aussi être vu comme une qualité : le fait d’avoir l’impression de lire un roman, nous aide à mieux accepter le fait de trouver « l’héroine » drôle et attachante…

Et allez, juste un petit extrait pour peut-être vous donner (encore) plus envie de le lire :

Belle fait la liste des endroits où elle pourrait aller si un jour elle doit « fuir » :

Kyle of Tongue
Pros : Favoured by child molesters and lovers of cold weather. They clearly go for the fantastic scenery.
Cons : bleak isn’t the word. What can you say about a place where the incoming tide swallow up the main road ?

Home Countries :
Pros : so soul-destroying, so boring, so obviously bad, that no one would think their new neighbour is me.
Cons : so soul-destroying, so boring, so obviously bad, that no one would think their new neighbour is me.

West Country :
Pros : Dairy products, moors, beaches. Pasties. Ponies. Dreamily gazing at bronzed surfers in summer-time.
Cons : While the trains go there, am not certain they come back.

North America :
Pros : charming accent might attract general goodwill, free drinks.
Cons : am frightened by the concept of Texas
(….)
Israel :
Umm, no. Just…no. Not yet.

East Anglia :
Pros : good beer. Oh, I don’t half fancy a pint of IPA on a sunny afternoon.
Cons : aesthetically displeasing « bump » bit of map.

Africa :
Pros : no idea.
Cons : once I had a client from Zimbabwe. It doesn’t sound a terribly nice place at the moment.

 

Bon, et sinon c’est pas tout ça, mais maintenant je vais devoir ajouter un nouveau livre à ma PAL (tant qu’à faire, autant lire la suite), et ma lecture m’a rendu encore plus impatiente quant à la diffusion de la saison 3 de la série ^^

Anything Goes

1309744011.jpgJ’ai fini la Bible hier ! Et dire que j’ai adoré serait un euphémisme !

Pour tout vous dire, au début je l’avais acheté « just for fun » comme on dit. Et ben je ne regrette vraiment pas mon achat ! Et j’attends avec impatience la suite « I am what I am » (qui sort le 21 septembre – plus que dix jours *cheers*) !

Pendant toute la lecture, j’oscillais entre deux sentiments : rires et tristesse. Rires parce que certains passages de sa vie sont vraiment hilarants, et tristesse parce que comme tout le monde, il a vécu des mauvais moments aussi – et ce n’était pas juste des déceptions amoureuses ou artistiques, non c’était la mort de quelqu’un, et ça, ça fait toujours mal… Mais ce qui l’emporte malgré tout c’est les passages fun. Il y a des moments où je rigolais comme une dingue – je ne faisais pas que pouffer, c’était vraiment de gros éclats de rires (ma soeur m’en est témoin).

Je rigolais à cause de ce qu’il racontait, mais surtout à cause de la façon dont il le racontait. J’adore sa façon d’écrire! Et je suis littéralement amoureuse de ses notes de bas de pages !! Je ne vois pas Anything Goes comme une autobiographie, mais plus comme un recueil des moments les plus marquants de sa vie. Et des moments marquants, il y en a eu !

John Barrowman a 42 ans – ce qui est relativement jeune – et ben croyez-le ou non, mais il a vu et vécu un nombre exorbitant de choses ! Sa vie est pleine d’heureuses coincidences, de voyages aux 4 coins du monde, de spectacles à succès, de navets, de superstitions et surtout de merveilleuses rencontres. Il raconte un peu tout ce qui lui passe par la tête, et n’a pas honte de raconter les moments les plus humiliants – en fait je devrais même pas dire humiliant parce que même s’il se retrouve avec une horrible diarrhée pendant un show, il arrive à garder le sourire et rester pro …« Show must go on » comme on dit ^^.

J’ai particulièrement aimé les récits de ses voyages avec ses neveux (je veux être sa nièce pour partir faire le tour des USA avec lui et Scott!!), de ce qui se passe « derrière le rideau » lors des spectacles et bien sûr les petits secrets du tournage de Doctor Who et Torchwood (et les bêtises qu’ils font). Et sinon j’avoue avoir une tendresse particulière pour le passage sur sa rencontre avec Scott (me demandez pas pourquoi, j’ai juste trouvé ça vraiment beau <3)

Sans jamais l’avoir rencontré (pour l’instant ^^) je ne cessais de me dire que John Barrowman était un type « magnificent ». La lecture de Anything Goes me l’a confirmé. Il a tout essayé, il a tout osé, il n’a jamais baissé les bras, et jamais n’a eu de regrets. Toutes les choses qu’il a vécu – les bonnes aussi bien que les mauvaises – font de lui ce qu’il est aujourd’hui, font de lui cet homme extraordinaire qui prend la vie comme elle vient, et vit chaque jour comme si c’était le dernier. C’est une belle leçon de vie que nous donne John…

Eureka Street

J’avais commencé le livre en juillet dernier, mais avec mes vacances (mouvementées) j’ai du le mettre un peu de côté… J’ai profité du voyage de retour en voiture pour le continuer. Je pensais qu’il me tiendrait pour tout le voyage (15h environ), mais au bout de 7h de route c’était fini !! Je l’ai lu d’une traite en ne m’arrêtant que pour manger (et aller aux toilettes). C’est dire à quel point j’ai adooooré !!

Fiche d’identité :

eureka street_1.jpgTitre : Eureka Street
Auteur : Robert McLiam Wilson
Résumé :
L’auteur de Ripley Bogle nous entraîne à Belfast, sa ville natale, pour un roman foisonnant, à la fois tragique et hilarant. Qu’a donc trouvé Chuckie Lurgan, gros protestant picoleur et pauvre, qui à trente ans vit toujours avec sa mère dans une maisonnette d’Eureka Street ? Une célébrité cocasse et quelques astuces légales mais immorales pour devenir riche. Que cherche donc son ami catholique Jake Jackson, orphelin mélancolique, ancien dur et coeur d’artichaut ? Le moyen de survivre et d’aimer dans une ville livrée à la violence terroriste aveugle. Et qu’a donc trouvé Peggy, la mère quinquagénaire de Chuckie ? Le bonheur, tout simplement, grâce à une forme d’amour prohibée, donc scandaleuse dans son quartier protestant. Et, pendant ce temps-là, un inconnu couvre les murs de Belfast d’un mystérieux graffiti : OTG, écrit-il, OTG.

Alors déjà, j’aime énormément la façon d’écrire de Robert McLiam Wilson. Son style est tout aussi percutant que l’histoire en elle-même. Je suis une adepte des phrases courtes mais qui marquent, alors autant dire que j’ai été servie là ! Pas de fioritures, il dit les choses telles qu’elles sont, et au diable les politesses, quand il faut être vulgaire, il n’hésite pas à l’être. J’ai aussi bien aimé le fait d’alterner entre la 1ère personne pour Jake et la 3ème pour tous les autres. On ressent plus facilement ses émotions et son état d’esprit. C’est peut-être ça aussi qui fait qu’on s’attache énormément à lui 

Les personnages sont juste « brilliant ». Aucun n’est parfait, mais ils essayent tous de s’améliorer… chacun à sa façon, et ça ne marche pas à chaque fois, mais ils essayent quand même. C’est un autre point qui m’a particulièrement marqué dans le roman, c’est qu’on voit les personnages évoluer. Jake et Chuckie en tête. Et puis c’est tellement optimiste de savoir que c’est grâce à une fille qu’ils ont ainsi changer – enfin, surtout Chuckie. Et là encore, l’auteur a fait fort, car il a réussi à ne pas tomber dans la guimauve. Du début à la fin, il arrive à être « juste » et surtout crédible dans les sentiments et pensées de ses personnages.
Sur la 4ème de couverture de mon édition il est marqué « (…)on suit ses personnages qui ne savent jamais s’ils sont tragiques ou comiques ».Et c’est tout à fait ça je trouve. A des moments on ne sait pas si on doit les plaindre pour ce qu’ils vivent ou bien les condamner pour ce qu’ils font ou ont fait.

Eureka Street est vraiment une ode à Belfast. On suit ces personnages tous plus différents les uns que les autres mais qui ont tous un point commun : ils aiment Belfast. Malgré les bombes qui explosent, malgré le sort qui s’acharne contre eux, malgré l’horreur et la douleur qu’ils traversent tous les jours, ils aiment leur ville. Même Chuckie qui aurait pu se la couler douce outre-atlantique décide de revenir à Belfast. D’ailleurs, j’ai trouvé le chapitre 10 (celui consacré que à la ville et aux « histoires) vraiment beau… Surtout quand on lit celui qui vient après…

Pendant tout le livre j’ai été partagée entre rires, espoir, larmes, horreur et consternation, mais en tournant la dernière page je me suis sentie plus – comment dire? – « légère ». Oui c’est le mot. C’est comme si tout d’un coup on m’enlevait un poids, j’étais totalement euphorique! Je sais pas trop si vous arrivez à voir ce que je veux dire… Enfin bref, juste pour dire que j’ai eu un sourire béat aux lèvres pendant un très long moment. Ce qui est plutôt surprenant en fait car la fin n’est pas idyllique que ça. Mais ça ne s’explique pas -on se sent juste…bien en fait.

Je voulais détailler les passages qui m’avaient le plus marqués, mais je me rends compte que c’est impossible – ou alors il faudrait que je mette les 3/4 du livre…

Eureka Street vient de monter au somment de mes livres préférés, et croyez-le ou non, mais rien que d’en parler ça me donne envie de le relire ^^

Succubus Blues

Fiche d’identité :

9782352942672FS.gifTitre : Succubus Blues
Auteur : Richelle Mead

Résumé : Succube (n. m.) : Démon qui prend l’apparence d’une femme pour avoir des relations sexuelles avec un mortel.
Georgina Kincaid est succube à Seattle. A priori un choix de carrière plutôt sympa : la jeunesse éternelle, l’apparence de son choix, une garde-robe top-niveau et des hommes prêts à tout pour un simple effleurement. Pourtant, sa vie n’est pas si glamour : pas moyen de décrocher un rancard potable sans mettre en péril l’âme de l’heureux élu. Heureusement, elle est libraire, et son travail la passionne ! Livres à l’œil, moka blanc à volonté… et la possibilité d’approcher le beau Seth Mortensen, un écrivain irrésistible qu’elle rêve – mais s’interdit – de mettre dans son lit. Mais les fantasmes devront attendre. Quelqu’un s’est mis en tête de jouer les justiciers dans la communauté des anges et démons. Bien malgré elle, Georgina est propulsée au cœur de la tourmente. Et pour une fois, ses sortilèges sexy et sa langue bien pendue ne lui seront d’aucun secours.

Si vous avez bien suivi vous savez sans doute que j’aime les livres et le moka blanc… alors devinez ma réaction quand j’ai lu « livres à l’oeil, moka blanc à volonté… » ! Si on enlève le côté succube, avec beaucoup de chance, ça pourrait me décrire moi dans quelques années (comme ça je me vante ?! Nan, je suis ambitieuse, motivée et très optimiste ^^)

Passons.

J’ai vu le livre au Salon du livre, mais comme je suis radine raisonnable, je ne l’ai pas acheté sur le moment. Je me suis dit que j’attendrais qu’il soit d’occasion à Gibert. Mais c’était sans compter sur le hasard qui fait bien les choses parce que ma copine Gaelle l’avait aussi et même qu’elle a eu la bonté d’âme de lui faire prendre le train pour Torchwood 4 Boulogne-sur-Mer ! Merciiiii encore !

Après ce petit interlude des plus constructifs, passons aux choses sérieuses : Qu’en ai-je pensé ? Si je vous dis que j’ai hâte de lire la suite, ça répondra à la question ?….
Bref, vous l’aurez compris, j’ai adoré !! (en même temps vu que je concentre mes avis sur les livres que j’ai aimé, le contraire aurait été étonnant ^^)

J’avoue qu’au départ j’étais quelque peu sceptique. Entre les autres livres du stand et le fait que le personnage principal soit un succube tout laissait penser que j’allais tomber sur un roman érotico-fantastique avec scènes desexe et tout le toutim à la suite. Alors oui il y en a certes, mais pas plus qu’ailleurs en fait…. Enfin voila, tout ça pour dire que j’ai été soulagée et très très agréablement surprise quand dès la première page on apprend que Georgina n’aime pas ce qu’elle fait.

Concernant l’histoire en elle-même, je l’ai trouvé des plus originales ! En ce moment, la tendance étant aux vampires à paillettes prendre un succube comme héroine, c’est plutôt bien joué ! Et même si j’ai su dès le départ qui étaient les vilains méchants, j’ai été  vraiment surprise par toute l’histoire autour d’eux ! Mais chuuuut, je n’en dis pas plus, vous le découvrirez vous-même ^^

Aucun des personnages n’est parfait, et on s’attache rapidement à eux… Même aux plus agaçants ! D’ailleurs, moi mon préféré c’est Carter ^^ Il me fait penser à Owen Harper pour le côté sarcastique et Ianto Jones pour les remarques dites aux moments innoportuns. (deux personnages de la série Torchwood pour les petits nouveaux)

Succubus Blues fait partie de ces romans qui se lisent vite et bien, sur lequels il n’y a pas à réfléchir, juste à lire et apprécier l’histoire, l’humour, les personnages, et le style frais et léger de l’auteur.

PS : Si ce n’est pas deja fait, vous pouvez aussi aller lire l’avis de Gaelle

Pride and Prescience

Ca fait près de 3 mois que j’ai lu ce livre ! Depuis le temps que je veux vous en parler, c’est décidé, cette fois, c’est la bonne !!

9780765318435.jpgFiche d’identité :

Titre : Pride and Prescience
Auteur : Carrie Bebris

Résumé : When Caroline Bingley marries a rich, charismatic American, her future should be secure. But strange incidents soon follow:  nocturnal wanderings, spooked horses, carriage accidents, an apparent suicide attempt. Soon the whole Bingley family seems the target of a sinister plot, with only their friends the Darcys recognizing the danger. A jilted lover, an estranged business partner, a financially desperate in-law, an eccentric supernaturalist — who is behind these events? Perhaps it is Caroline herself, who appears to be slowly sinking into madness…

 

Lizzie et Fitzwilliam Darcy qui mènent l’enquête ?! Fallait y penser quand même ! Carrie Bebris a osé, et c’est réussi !

Pride and Prescience mêle habilement roman policier et fantastique, le tout agrémenté de Jane Austen. Au début ça surprend un peu de voir nos jeunes mariés jouer les détectives amateurs, mais Carrie Bebris le met si bien en scène, qu’on entre vite dans le jeu.

Carrie Bebris a réussi à très fidèlement restituer le caractère des personnages crées par Jane Austen. Elizabeth et Darcy sont tels que nous les avons aimés dans Pride and Prejudice, toujours aussi vifs d’esprits, ironiques, observateurs, intelligents, et avec cet humour et ce sens de la répartie qui leur sont propres. Et puis, ils sont tellement choupis ces deux-là ! Bon, c’est la première sequel à un roman de Jane Austen que je lis, alors je ne sais pas comment d’autres traitent leur histoire, mais j’aime beaucoup la façon qu’à Carrie Bebris de mettre en scène leur nouvelle vie en tant que jeunes mariés. Ils s’aiment, s’admirent, se respectent, mais il leur arrive tout de même d’avoir des désaccords. Lizzie, même mariée, n’a pas perdu son sens de la répartie, et n’a pas la langue dans la poche. Les dialogues entre Lizzie et Darcy sont vraiment des plus savoureux ^^

L’intrigue est bien ficelé, et le côté surnaturel de l’histoire n’apparaît vraiment que dans les derniers chapitres. J’ai lu quelques critiques disant qu’ils n’avaient pas trop aimé le côté fantastique du roman parce que ça ne collait pas à l’image qu’ils se faisaient de Lizzie et Darcy du fait de leur scepticisme. Je ne comprends pas pourquoi ils disent cela. Ils sont sceptiques c’est vrai. Mais surtout très ouverts d’esprit. Ils ont appris de leur erreurs et essaient de ne pas se laisser emporter par leur « orgueil et préjugés ».

L’ambiance du roman rappelle un peu les romans gothiques de l’époque avec les mysterieux accidents, les errances la nuit, le fantastique… On ne dirait pas en voyant la couverture (que je trouve superbe au passage), mais l’atmosphère du roman est plutôt sombre, avec de nombreuses scènes se passant la nuit ainsi que les évènements dramatiques. Et puis, un autre bon point du roman est le fait que Carrie Bebris n’a pas eu peur de mettre des morts en scène… et encore moins de mettre nos deux héros en danger de mort ! (youhou, je suis sure que là vous avez envie de vous jeter sur le livre rien que pour savoir comment ces deux-là s’en sont sortis!)

En résumé, un roman bien accrocheur qui se lit vite et bien. Le style de Carrie Bebris est très agréable à lire, et plutôt facile pour des anglophones non-bilingues ^^


« Vous avez perdu quelque chose, Miss? »

Allez, un peu de lecture, ça faisait longtemps ^^

Fiche d’identité :

1205127634.gifTitre : Miss Charity
Auteur
: Marie-Aude Murail

Résumé : Charity est une fille. Une petite fille. Elle est comme tous les enfants : débordante de curiosité, assoiffée de contacts humains, de paroles et d’échanges, impatiente de créer et de participer à la vie du monde. Mais voilà, une petite fille de la bonne société anglaise des années 1880, ça doit se taire et ne pas trop se montrer, sauf à l’église, à la rigueur. Les adultes qui l’entourent ne font pas attention à elle, ses petites sœurs sont mortes. Alors Charity se réfugie au troisième étage de sa maison en compagnie de Tabitha, sa bonne. Pour ne pas devenir folle d’ennui, ou folle tout court, elle élève des souris dans la nursery, dresse un lapin, étudie des champignons au microscope, apprend Shakespeare par cœur et dessine inlassablement des corbeaux par temps de neige, avec l’espoir qu’un jour quelque chose va lui arriver…

Pour tout vous dire, je ne suis pas très portée sur les auteurs français. J’en ai lu quelques uns, et j’ai souvent beaucoup de mal à accrocher… Mais voila, un livre dont le résumé comporte des mots tels que « société anglaise« , »1880 » et  « Shakespeare » ne pouvait que m’intéresser ! Et les avis de Gaelle et Pando ainsi que le lobbying intensif qu’il y a eu lieu à l’Auberge n’ont fait que renforcer mon envie de le lire.

Donc, dès son arrivée à la Médiathèque je l’ai réservé (bah oui, j’allais pas payer 24€ pour un livre que j’étais pas certaine d’apprécier) et après avoir attendu près de 2 mois que mon tour arrive, j’ai enfin pu le lire *cheers* Et j’ai tout simplement A-DO-RE !

En fait il est impossible qu’il en soit autrement. Toutes les personnes que je connais qui ont lu ce livre, l’ont vraiment beaucoup aimé. Faut dire que Marie-Aude Murail réunit tous les éléments qui font une belle histoire : des personnages attachants, des sujets sérieux teintés d’humour et de fantaisie et le tout prenant place dans un pays cher à mon petit coeur ^^ Et comme si ça suffisait pas, elle rajoute de nombreuses références à Shakespeare, Jane Austen et d’autres encore, et fait même entrer en scène Oscar Wilde et Bernard Shaw ! 

L’histoire est très librement inspirée de la vie de Beatrix Potter, et le fait d’avoir vu le film m’a sans aucun doute aidé à aimer encore plus ce roman, et surtout à ne pas m’affoler lorsque Charity accepte la demande de son éditeur. Beatrix Potter se marie avec son ami d’enfance, il devait donc en être de même pour Charity !
Et d’ailleurs en parlant d’ami d’enfance, je suis totalement sous le charme de Kenneth Ashley
. Il a une telle confiance en lui, et puis il est si drôle et attachant ! Rien ne l’étonne, il est d’un naturel joyeux, et toujours prêt à aider Charity. Aussi parfait que Henry Tilney ^^ J’adore comme à chaque fois que Kenneth et Charity se rencontrent, cette dernière est la plupart du temps accroupie par terre, à la recherche de quelque chose!

Le roman fait près de 600 pages, et cela pourrait en rebuter plus d’un. Moi c’est ce qui m’a attiré. J’aime les livres épais, ça montre que l’histoire est développée. Et là j’ai été servie étant donné qu’on suit Charity pendant 15 ans (et un peu plus) de sa vie. Je vous rassure, elle ne nous raconte pour toutes ses journées pendant 15 ans ! Non, elle se contente de nous raconter les évènements les plus marquants qui lui sont arrivés pendant ces années. Et le plus choupi-trognon dans l’histoire, c’est Charity s’adresse à celle grâce à qui elle est telle qu’elle est maintenant : Madame Petitpas, sa première souris.

Car oui, toute l’histoire est raconté par Charity elle-même, et si au départ la présentation de la narration peut déconcerter, on se rend vite compte que c’était nécessaire pour qu’on puisse bien apprécier les remarques et les humeurs des personnages. Et je pense que c’est aussi cette narration qui rend la lecture de ce livre aussi agréable. On a l’impression de voir une pièce de théâtre, et c’est vraiment facile de s’imaginer les scènes. Et moi j’aime pouvoir me représenter mentalement une scène d’un livre…

Je place Miss Charity au même niveau que Ella l’ensorcelée de Gail Carson Levine : ce sont tous deux des livres qui font rêver, avec des personnages attachants et des histoires qui mêlent sérieux et humour. Et je sais que, tout comme pour Ella l’ensorcelée, lorsque je relirais Miss Charity j’aurais le sentiment de le lire pour la première fois…

En vain ai-je lutté. Rien n’y fait. Je ne puis épouser Mr Tilney!

Ô rage ! Ô désespoir !
Jamais je ne pourrai être heureuse.
Jamais je ne pourrai passer le restant de ma vie à écouter Mr Henry Tilney me raconter des histoires qui font peur les jours de pluie au coin du feu… 9782351232125.jpg
Emma Campbell Webster le désapprouve. Cette idée ne lui a même jamais traversé l’esprit.

Petit retour en arrière pour les gens complètement Lost in Austen (ahahah, quel jeu de mots!)
Quézako? Un livre, écrit par Emma Campbell Webster, dans le style « Le livre dont vous êtes le héros« .

Votre nom : Elizabeth Bennet
Votre mission : faire un mariage de raison et d’amour, tout en évitant les scandales de famille. Vous n’avez pour vous que votre esprit vif, votre bon sens, votre beauté « passable », et vous devez vous frayer un chemin à travers une infinité de choix qui détermineront votre propre destin romantique et (financier).

Résultat :
Après moults péripéties, après avoir refusé les demandes en mariage de Mr Phil Collins, de Mr Henry Crawford et de Mr Fitzwilliam Darcy. Après m’être humiliée devant mon homme idéal Henry Tilney et ainsi perdre tout espoir de l’épouser, après être repartie de Northanger Abbey avec une intelligence de -420 points. Après avoir failli succomber aux avances de mon cousin Mr Bennet lors de mon second séjour à Bath, au final j’ai réussi à me marier avec Frederick Wentworth !!!!

Mais ce mariage n’est pas du goût de l’auteure : admirez plutôt ce qu’elle en dit (je le mets en spoiler pour pas gâcher la surprise à celles qui n’ont pas encore joué…

Spoiler:  


« Votre intelligence est juste celle qui convient pour le capitaine Wentworth, lui-même d’une intelligence à peine supérieure à la moyenne. Vous acceptez sa demande en mariage et après une cérémonie tout à fait moyenne, vous allez dans le domaine tout à fait moyen de votre mari et vous vivez de votre fortune tout à fait moyenne. De temps en temps, des amis tout à fait moyens viennent vous rendre visite, sinon vous passez vos journées à exercer vos talents tout à fait moyens… »

Voila le seul bémol de ce livre : elle rabaisse les personnages. Selon elle, il nous est impossible de vivre heureuse avec le capitaine Wentworth. Et elle refuse qu’on se marie avec Henry Tilney : l’occasion ne se présente jamais. Et aucune chance non plus d’épouser Edward Ferrars (il n’apparaît même po!).
Pour être heureuse le restant de notre vie, nous devons soit épouser Darcy, soit le colonel Brandon ou Mr Knightley ( et encore, ça dépend des fois…)
Pour apprécier le jeu, il ne faut vraiment pas être susceptible et être du genre à se vexer rapidement, sinon on risque de vite s’emporter contre l’auteure; que ce soit à cause de sa vision des personnages, que des fins qu’elle a imaginé : certaines sont vraiment drôles et intéressantes, d’autres par contre, le sont un peu moins ( j’en reviens toujours pas qu’elle rabaisse autant Fred Wentworth, et je parle même pas de Henry Tilney O_o)

Mais bon, à part ça, on s’amuse vraiment beaucoup !
Je me suis éclatée à refuser les demandes en mariage, à aller à Bath à chaque occasion qui se présentait, à me mettre dans la peau de Elizabeth Bennet, mais aussi de Fanny Price, Catherine Morland ou encore de Anne Elliot ( j’ai tout fait pour éviter Emma !).

Et à la fin, j’ai découvert que j’avais beaucoup plus de défauts que de qualités…
Qualités : connaissance du français, habileté à orner un éventail, connaissance de La Boulangère, remarquable capacité à apprécier le charme pittoresque, sait plus ou moins jouer du piano, très observatrice, réelle compréhension de l’orgueil, secouriste confirmée, capacité à tomber amoureuse facilement et souvent, sans oublier la qualité la plus importante : j’ai passé une journée à Weston-super-mare !

Côté défauts, la liste est beaucoup plus longue : rancunière, amour de la marche, ni style,ni goût, ni beauté, incroyablement indiscrète, partialité aveugle, préjugés obstinés, entrain innoportun, sens de l’humour déplacé, dot tristement modeste, aucune véritable amie, espérances beaucoup trop élevées, intuition absolument non fiable, déplaissamment soupçonneuse, déplorable faible pour la littérature gothique, invité se conduisant extremement mal, pas d’institutrice étant enfant, mes soeurs et moi sommes entrées dans le monde en même temps, lamentable jugement, aveugle, déraisonnable, aucune influence sur personne, faiblesse de charactère, espionne, incapacité à tirer profit des erreurs du passé, mesquine, immodestie…

Mais je m’en fiche : j’ai épousé le beau capitaine Wentworth <3
Il ne me racontera pas des histoires qui font peur les jours de pluie au coin du feu, mais il m’emmènera en voyage, il me fera visiter les villes côtières que je ne connais pas encore et je lui apprendrai à apprécier le charme pittoresque et na ! Et quand il devra partir sans moi, il m’écrira de belles lettres dans lesquelles il parlera de tout l’amour qu’il me porte…
Aaah que la vie est belle !

Et encore plus belle si mon capitaine m’apparaît sous les traits de Rupert Penry-Jones…

PDVD_419.jpgPDVD_1319.jpg