Marvel’s Daredevil – Netflix

J’ai été juré n°1 le week-end dernier. Impossible pour moi de quitter Hell’s Kitchen entre le 10 et le 13 avril. Des mois d’attentes pour un résultat au-delà de mes espérances.

On ne parle pas assez de Daredevil, the man without fear, alors qu’il est l’un des personnages les plus fascinants de l’univers Marvel. La faute du film de 2003 sans doute, qui ne lui rend guère justice dans l’ensemble. Remercions donc Marvel et Netflix d’avoir eu l’excellente idée de remettre le justicier aveugle sur le devant de la scène ! Et d’avance aussi merci pour les autres outsiders – Jessica Jones, Luke Cage et Iron Fist. Les Défenseurs de New-York.

Heroes and their consequences are why we have our current opportunities. (…)
Everytime one of these guys punches someones through a building, our margins go up 3%
. — Leland Oswley.

Daredevil s’inscrit dès le départ dans un univers plus adulte, qui aborde des problématiques ancrées dans la réalité et où le héros se bat contre un homme, et non une entité extraterrestre. La série commence peu après les évènements d’Avengers : les Avengers ont sauvé le monde de l’invasion Chitauri, mais une fois leur shawarma dégusté, ils s’en sont retournés dans leur tour (ou à Asgard). Pourtant, détruire une ville a des conséquences, et l’une d’elles est le besoin de reconstruire des immeubles. Wilson Fisk est d’ailleurs bien décidé à profiter de cette faiblesse pour étendre son empire criminel. Ce qui n’est pas du goût de Matt qui aime sa ville et refuse de la voir ainsi souffrir – tellement de sirènes de police, d’ambulances, de pompiers.

I’m not seeking penance for what I’ve done, Father. I’m asking for forgiveness… for what I’m about to do — Matt Murdock

La série s’inscrit directement dans l’univers cinématographique Marvel, mais finit vite par se créer une identité propre, bien loin du divertissement léger et édulcoré offert par Avengers, Thor ou Les Gardiens de la Galaxie. Un peu comme Torchwood avec Doctor Who. Bien plus sombre et violente (une limite rarement franchie dans le MCU), Daredevil ravira les plus réfractaires aux super-héros. Car il faut reconnaitre que Daredevil n’a rien d’un super-héros. Il veut sauver et aider les new-yorkais, mais surtout, il veut faire justice, et pour cela, il n’hésite pas dépasser les limites de la loi, à se faire juge et jury. La frontière entre « bien » et  « mal » est par ailleurs un thème récurrent et sans cesse remis en question, aussi bien à travers Matt Murdock que Wilson Fisk. Martyr, samaritain, Diable – la frontière est mince parfois.

Via

Claire: Lawyer by day, vigilante by night. The hell does that work?
Matt: Yeah, I’ll let you know when I figure it out.

La série est aussi bien plus ancrée dans la réalité : quand Matt se bagarre, il se blesse, il saigne, il s’évanouit, il se fatigue, il pleure. Ses blessures prennent du temps à guérir, elles se rouvrent, il doit rester chez lui le temps de récupérer. Et cela prouve une fois de plus qu’avant d’être un justicier, Matt est un humain, un homme avec tout ce que cela entraine de faiblesse et de vulnérabilité. Il est sans cesse en proie à une lutte interne : il a promis à son père de ne jamais se battre, mais il ne peut pas rester en retrait indéfiniment, il peut faire la différence – grâce à la loi, mais surtout grâce à Daredevil. Charlie Cox est ABSOLUMENT PARFAIT dans le rôle (oui, il mérite les majuscules). Charmant et charmeur dans son costume d’avocat, il s’avère pourtant implacable une fois les habits de justicier aveugle enfilés.

A city… crumbles and fades. It needs to die before it can be reborn. — Wilson Fisk

Il en va de même pour les ennemis de Daredevil, et particulièrement Wilson Fisk. La première fois qu’on le voit, Fisk apparait troublé, hésitant, ne sachant pas vraiment comme se comporter. Mais bien vite on se rend compte que c’est un homme imprévisible et capable du pire quand on le met en colère. Vincent d’Onofrio interprète avec une grande justesse ce criminel conscient du mal qu’il fait, du mal qui règne dans la ville par sa faute, mais qui en même temps trouve cela parfaitement justifié. C’est ce qui le rend aussi dangereux : sa foi, sa détermination à croire qu’il fait le bien, que la seule façon de sauver la ville, c’est de la détruire.

Daredevil: You’re feeding off this city like a cancer.
Fisk: I want to save this city, like you… only on a scale that matters.

Les créateurs de la série puisent leur source dans l’ère Frank Miller, et plus particulièrement dans la mini-série The Man Without Fear publiée en 1993 et qui revient sur les origines de Matt Murdoch/Daredevil. C’est par ailleurs Frank Miller qui a introduit Wilson Fisk comme l’ennemi numéro un de Daredevil (après avoir été l’ennemi de Spiderman) et qui en a fait un être aussi subtil, qui préfère rester en retrait et envoyer ses affidés faire le ménage (bien qu’il lui arrive souvent de donner de sa personne). 

Frank Miller n’est pas réputé pour sa légèreté. Quand il reprend les rênes de la série, il apporte avec lui la noirceur et la violence qui feront le succès du comics. Et cette noirceur est très justement rendue dans la série. C’est sombre, glauque, sinistre, souvent on ne voit rien d’autre que des ombres qui courent et se battent sur les toits, les docks, les ruelles. Le tournage n’a pas été une sinécure et les réalisateurs voulant à tout prix éviter les harnais et autres câbles, certaines scènes ont demandé des journées entières de tournage. Comme celle à la fin de l’épisode 2 : aucun montage, aucune coupure du début à la fin, mais une journée de répétitions pour réaliser trois minutes de pure perfection en une seule prise.

Et il y a encore tellement de personnages et de choses dont je ne parle pas : les remarquables Foggy Nelson et Ben Urich, la mystérieuse Karen Page, l’émérite Claire Temple, les redoutables Vladimir et Wesley; les subtiles références au MCU; l’humour; les flashbacks habilement intégrés aux épisodes; le merveilleux costume de Daredevil.

Tout cela et tellement plus encore font de Daredevil l’une des meilleures adaptations de comics qu’il m’ait été donné de voir. Une série captivante, un casting impeccable, des épisodes bien écrits, des heures qui passent sans qu’on y fasse attention, et une furieuse envie de relancer l’épisode 1 une fois le dernier terminé (ce qui ne serait aucunement un problème car je suis certaine d’avoir manqué plein de références !)

À voir. D’urgence.

Images © Netflix

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6 commentaires

  1. Cette série est un bijou. Charlie Cox incarne Matt/Daredevil à la perfection : il a ce côté fragile qui rend le personnage humain, mais aussi cette capacité à devenir plus sombre quand il le faut. Je suis absolument fan de Foggy Nelson, qui ajoute une touche de légèreté à la série lorsque c’est nécessaire. Vincent d’Onofrio est un acteur que j’apprécie, et qui m’a complètement effrayée dans son rôle de Wilson Fisk : on a envie de le détester, et en même temps… Autre personnage sous estimé : le prêtre ! Je crois que les réflexions philosophiques les plus intéressantes découlent des discussions que Matt et lui ont :).

    1. Je trouve encore plus parfait le fait que Joe Quesada, illustrateur et rédacteur en chef de Marvel Comics, a dit lui-même que Charlie Cox devait jouer Daredevil, il y a plusieurs années, alors même qu’aucune série n’était envisagée.
      Et je suis bien d’accord, les discussions avec le prêtre donnent vraiment à réfléchir !

  2. Au départ j’étais pas du tout motivée par la série et c’est comme tu le dis, la faute au flm ciné avec Ben Affleck qu était vraiment mauvais! mais j’ai entendu beaucoup de bien donc j’ai prévu de la voir, probablement pendant mes vacances, dès que j’ai fini de rattraper mon retard ailleurs!

    1. Oui ce film a fait beaucoup de mal à Daredevil (et à Ben Affleck)… Mais la série rend vraiment justice au personnage et fait vite oublier cette… erreur de parcours on va dire ! Je pense (et j’espère !) sincèrement que la série te plaira.

  3. Je n’ai jamais vu le film avec Ben Affleck donc j’ai complètement découvert le personnage de Daredevil avec cette série, et c’était extra ! Et Fisk est l’un des meilleurs méchants qui m’ait été donné à voir !

  4. Ca fait plaisir de voir des avis si positifs sur la série (qui le mérite totalement). J’ai dévoré la série en deux jours et je suis d’accord avec tout ce que tu écris, côté personnages ou histoire, cinématographie ou références. Un des très bons points de la série est également sa gestion des personnages étrangers qui, ô miracle, se parlent dans leur langue lorsqu’ils sont entre eux et non pas en anglais.

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