Magie Urbaine – Caitlin Kittredge

Je ne savais absolument pas à quoi m’attendre avec ce roman. Je savais seulement que l’histoire se passait à Londres, que le héros était un mage et que des Faés rôdaient dans les parages. Je m’attendais, je l’avoue, à lire un énième roman bit-lit, mêlant Faés et sorciers, et autres créatures de la nuit. Au final, rien de tout ça. Nous sommes ici face à un roman d’urban fantasy comme je les aime : la magie avant tout.  Voilà d’ailleurs l’un des points forts du roman (et sans doute de la série) : pas de vampire, ni loup-garou. Juste Pete Caldecott, 28 ans, inspecteur de police et Jack Winter, 38 ans, puissant mage noir. Son pouvoir ? Les mots ! Incantations, invocations de démons et sortilèges celtes sont au rendez-vous. Mais on est plus dans la lignée de La Trilogie de Bartiméus que d’Harry Potter. On y retrouve aussi tous les trucs et astuces de la magie blanche (le sel comme élément protecteur par exemple).

Caitlin Kittredge a créé toute une société des ténèbres qui vit et survit dans La Pénombre – nom qui désigne le lieu, mais aussi le pouvoir magique qui sévit dans ce lieu. Le brouillard de Londres n’a été jamais aussi bien exploité que dans Magie Urbaine. Après l’avoir lu, deux idées nous viennent en tête : ne plus jamais sortir la nuit à Londres ou bien justement sortir la nuit à Londres pour « sentir » cette Pénombre.

Une des choses qui m’ont beaucoup plu dans Magie Urbaine est son habileté à mêler roman policier et fantastique et ce, à parts égales. Ici, le côté policier n’est pas qu’un prétexte aux retrouvailles entre Pete et Jack ou bien à la découverte de la Pénombre par Pete, il fait partie intégrante de l’histoire. Pendant tout le roman, Pete mène une enquête et Jack et ses pouvoirs ne font que l’aider dans cette enquête, ce n’est que lorsque celle-ci est résolue que le côté fantastique prend le dessus. L’intrigue est particulièrement bien ficelée, les évènements s’enchainent à tout va et toujours de façon cohérente. Le style de l’auteur est des plus agréables. Elle ne s’embarrasse pas de descriptions inutiles et manie si bien les mots et les émotions des personnages que les pages se tournent d’elles-même. J’ai cependant remarqué quelques phrases bizarres, mais essentiellement dues à un problème d’impression ou de traduction – rien de trop grave.

Côté personnages, que du bon ! Nous avons donc Pete Caldecott, inspecteur à Scotland Yard. C’est elle la chef, et ça se sent. Elle ne se laisse pas faire, et tout le monde la respecte. Elle prône le « on parle et on frappe ensuite », mais si la situation l’exige, l’inverse lui convient aussi. C’est un personnage fort qui n’accepte pas du premier coup tout ce qu’elle voit, mais qui ne cherche pas toujours à trouver une explication rationnelle. Disons qu’elle a les pieds sur terre et la tête dans la Pénombre.

Jack Winter, lui, est le anti-héros par excellence. Il boit, fume, et ne peut passer sans sa dose d’héroïne. Il a tous les vices et ne s’en cache pas. C’est un mage puissant qui a vu d’horribles choses au cours de sa vie. La nuit où il a failli mourir a été l’instant de trop et pendant 10 ans, il a essayé d’échapper à la Pénombre. Ses retrouvailles avec Pete vont le ramener 10 ans en arrière et réveiller tous ses vieux démons… au sens littéral du terme. Il n’est plus que l’ombre de lui-même, mais le « feu sorcier » continue de brûler dans ses yeux, aussi, comme Pete, on ne peut s’empêcher d’être attirés par le « magnétisme » qu’il dégage.

Ces deux là, c’est comme le jour et la nuit. Pete est calme et posée là où Jack est totalement imprévisible et désinvolte. Elle fait régner la loi, lui n’accepte que la sienne. Mais Pete ne se démonte pas pour autant, comme je l’ai dit, c’est elle la chef, et Jack la respecte beaucoup trop pour n’en faire qu’à sa tête. Leur relation est d’ailleurs plus émotionnelle que physique : on sent la tension entre eux et à quel point ils sont proches, mais ça ne va jamais plus loin. Pete et Jack se connaissent depuis longtemps, et ont vu et vécu beaucoup de choses… ensemble et séparément. Caitlin Kittredge nous offre là un duo crédible et attachant qu’on a envie de mieux connaitre et de suivre dans d’autres ‘aventures’.

Bref, un vrai coup de cœur qui ravira les amateurs du genre… et pas que !

Magie Urbaine de Caitlin Kittredge – Tome 1/6 – Eclipse – 2011

Pete Caldecott n’a que 16 ans quand elle rencontre Jack Winter, un mage charismatique qui l’initie au monde de la sorcellerie. Un jour, un esprit invoqué par Jack se retourne contre lui et le tue devant les yeux de Pete. Devenue détective au Scotland Yard, Pete enquête sur le kidnapping d’une jeune fille dans les rues de Londres. Elle est contactée par un informateur qui s’avère être Jack. Il n’est plus que l’ombre de lui-même mais il sait où sont les kidnappeurs : ils se cachent dans le monde magique des faés. Malgré son souhait d’oublier le monde surnaturel, Pete ne peut que suivre Jack dans le royaume invisible des faés., où elle espère découvrir la vérité sur l’enlèvement et sur ce qui est arrivé à Jack, plusieurs années auparavant.

4 comments

  1. Alexandra says:

    Je crois n’avoir jamais lu d’urban fantasy… Sauf si A Discovery of Witches est considéré comme tel ! En tout cas, tu vends très bien ce bouquin — je ne l’avais jamais vu ailleurs, donc c’est toujours agréable de découvrir de nouveaux livres :).

  2. trillian1 says:

    j’ai souvent croisé ce roman sur les sites, sur les librairies, sur les listes qui recensent les romans d’urban fantasy, mais je n’étais pas sur…j’adore l’urban fantasy, et j’adore quand les personnages sont profonds, complexes, bien approfondi et que l’histoire et l’intrigue ne sont pas que des excuses pour quelque chose de plus romantique. J’aime bien quand il y a une relation forte entre les personnages, mais pas au détriment de l’intrigue. C’est pour ça d’ailleurs, que j’apprécie autant les romans d’Ilona Andrews et notamment sa série des Magics. Ce que tu dis me donnes énormément envie de le lire, je note!

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