Le Prince d’été – Alaya Dawn Johnson

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Presque trois semaines après ma lecture je ne sais toujours pas si j’ai adoré ou si je l’ai juste bien aimé. Ce que je sais par contre, c’est qu’il m’a fait une forte impression. J’ai eu cependant un peu de mal à entrer dans l’histoire: l’auteur n’explique pas clairement le contexte choisi et on ne sait pas vraiment où elle veut en venir. 

C’est d’ailleurs le seul vrai reproche que j’aurais à faire au roman : l’auteur a créé un monde hors normes et captivant, avec une histoire très riche et qui pourrait donner lieu à de formidables discussions (sur les classes sociales, la technologie, ses avancées et ses dérives, la « monarchie », l’Amour, l’Art, l’immortalité, le suicide etc) mais sans donner d’explications claires. June raconte parfois l’histoire de Palmares Três, mais justement, elle ne fait que « raconter », pas « expliquer ». Certains thèmes abordés auraient mérités d’être plus approfondis. J’aurais vraiment aimé en savoir encore plus sur la création de Palmares Três et comprendre pourquoi l’auteur a choisi ce contexte (pourquoi le Brésil ? C’est tellement rare de situer un roman dans ce pays!) 

Mais ce n’est finalement pas bien grave car ceci est vite devenu un détail insignifiant quand j’ai commencé à m’intéresser à la « beauté » du roman plutôt qu’à l’intrigue en elle-même (qui est à la fois surprenante et prévisible). C’est vraiment ce qui m’a le plus touché dans ce roman : on y parle d’art, de danse, d’amour. June aime Enki, mais elle aime aussi Gil. Enki aime June, mais il aime aussi Gil, ainsi que d’autres filles et d’autres garçons – il aime tout le monde. Les gens sont très libres et libérés à Palmares Três. Mais ce n’est pas vulgaire, ce n’est pas qu’une question de sexe, c’est juste de l’Amour – avec un grand A, au sens large et beau du terme. Le style de l’auteur est d’ailleurs très poétique et ne fait que renforcer ce sentiment de « beau ». 

Le Prince d’été a quelque chose que les autres romans n’ont pas : il se passe au Brésil. Dans un Brésil futuriste certes, mais au Brésil tout de même. Et on sent l’exotisme à chaque phrase : le soleil, les soirées chaudes sur la plage, la samba, la capoeira… Et bien sûr, ils parlent portugais

Le roman est divisé en 4, avec une partie pour chaque saison : printemps, été, automne, hiver – l’année que vit Enki en tant que Roi d’été. Le titre le suggère, le roman le confirme : c’est son histoire. Il est le personnage principal, celui par qui tout commence. Il savait qu’il serait élu, il savait le pouvoir que lui apporterait ce nouveau statut, il savait qu’il avait un an pour changer les choses. Enki est vraiment le personnage le plus fascinant du roman. Autant que la ville. Parce que Palmares Tres fait partie intégrante de l’histoire : elle parle, elle pense, elle vit !

Je crois que je n’aime pas June. Son histoire m’a laissée indifférente. Elle est agaçante comme fille, elle a une vie de rêve, un meilleur ami parfait et une belle-mère compréhensive et patiente. Et pourtant, elle arrive encore à passer son temps à se plaindre et à accuser sa mère de s’être remariée si peu de temps après la mort de son père. Il faut attendre l’automne pour la voir enfin grandir un peu et se rendre que tout ne tourne pas autour d’elle. L’hiver est par ailleurs la saison de June, et c’est la meilleure partie du roman.

Par contre, j’aime Gil. J’aime sa force et sa naiveté, sa patience et son intelligence, son amour et son amitié pour June et Enki. Et je regrette qu’il soit aussi souvent relégué au second plan.

J’aimerais vous parler bien plus du Prince d’été, des personnages, de la ville ou encore de la richesse des thèmes abordés, mais c’est difficile d’écrire un billet sur le roman. Parce qu’il fait partie de ces livres qui se ressentent plus qu’ils ne se lisent.

On aime ou pas, mais une chose est sûre, Le Prince d’été ne laissera personne indifférent. 

Le Prince d’été (The Summer Prince) de Alaya Dawn Johnson | Collection R
RésuméSur la côte de ce que l’on appelait jadis le Brésil, ce sont les femmes qui dirigent la légendaire ville-pyramide de Palmares Três. La Reine ne cède le pouvoir à un homme qu’une fois tous les cinq ans, à un Roi d’été dont l’histoire enfiévrera la cité l’espace d’une année. Pour June Costa, la vie n’est qu’Art. Ses oeuvres impressionnent ses professeurs autant que ses camarades. Elle rêve de remporter le prestigieux Trophée de la Reine. Un rêve qu’elle n’avait jamais remis en question… jusqu’à ce qu’elle rencontre Enki. Fraîchement élu Roi d’été, Enki est le garçon dont tout le monde parle. Mais lorsque June le regarde, elle voit bien au-delà de ses fascinants yeux d’ambre et sa samba ravageuse : elle reconnaît en lui un artiste total. Follement amoureuse, June décide alors de créer avec lui un chef d’oeuvre qui restera gravé à jamais dans les mémoires. Mais le temps leur est compté. Car, comme tous les Rois d’été qui l’ont précédé, Enki va devoir être sacrifié. 

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