La mer infinie – Rick Yancey

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Rick Yancey explique dans les remerciements que l’un de ses défauts d’écrivain est qu’il a tendance à plonger trop profondément dans les vies de ses personnages. Je ne pense pas que ce soit un défaut, surtout quand il s’agit d’écrire une série telle que celle-ci, où les personnages sont au cœur du roman et où il est absolument nécessaire de nous faire ressentir toute leur humanité.

Parce que c’est bien de ça qu’il s’agit dans ce tome : d’humains et d’humanité, de ce qui les différencie des Autres. Être humain, c’est vouloir vivre; être humain, c’est se noyer dans une mer infinie; être humain, c’est se sacrifier pour les autres; être humain, c’est tenir ses promesses; être humain, c’est refuser de tuer une innocente pour en sauver six; être humain, c’est avoir le courage de tuer une innocente pour en sauver une autre.

[- Tu es libre… Fuis !]

Grâce à la traduction toujours aussi fluide et soignée de Francine Deroyan, La mer infinie est aussi prenant que La 5ème vague, et s’il n’est pas aussi éprouvant, il n’en est pas moins marquant. Ce second tome est bien plus court et il se passe bien moins de choses, mais c’est sans doute aussi que les enjeux sont tout autres : le 1er tome pourrait représenter le ‘maintenant’, celui-ci représente le ‘avant’. Après nous avoir raconté l’histoire de Zombie et Cassie, Rick Yancey s’intéresse maintenant à celles de Ringer et Poundcake et nous en dit davantage sur leur passé. Et sur le passé d’Evan aussi. Ce qui m’a particulièrement ravie : Ringer est l’un des personnages les plus intéressants, et j’étais très curieuse de voir ce que l’auteur allait faire d’Evan maintenant qu’on connait son secret – je n’ai pas été déçue !

On rencontre de nouveaux personnages, on en quitte d’autres, chacun apportant son lot de bonnes et mauvaises actions. Des personnages qu’on pensait secondaires passent au premier plan et on s’aperçoit que les héros ne sont pas ceux qu’on croyait. Une constante cependant : j’admire toujours autant Zombie.

L’auteur distille des indices sur l’issue finale, sur l’ennemi à vaincre, comment le vaincre et qui pourra le vaincra. Mais en même temps, Rick Yancey détruit tous nos acquis : quand enfin on commence à accepter cette présence extraterrestre, de nouvelles révélations sont faites, toutes nos certitudes volent en éclats et l’on se rend compte que les choses sont bien pires qu’on le pensait. Et au fur et à mesure qu’on découvre des choses sur Eux, la question n’est plus ‘comment les vaincre’ mais plutôt ‘sera-t-il possible de les vaincre ?’.

J’espère avoir un jour l’occasion de rencontrer Rick Yancey pour lui dire toute mon admiration et lui demander pourquoi il a eu envie de débarrasser la Terre de ses habitants. Cela faisait longtemps qu’un livre ne m’avait pas marquée au point d’avoir envie de m’y replonger à peine la dernière page tournée.

[ « Mais je ne panique pas. Je ne déguerpis pas comme une gazelle effrayée. Je suis bien plus que la somme de mes peurs. Ce n’est pas la peur qui les vaincra. Ni la peur, ni la foi, ni l’espoir ou même l’amour, mais la rage. » ]
[Ringer]

Mais après avoir lu ce second tome je m’interroge : est-ce vraiment une bonne idée d’adapter cette trilogie ? Comment rendre à l’écran les pensées des personnages, leur lutte intérieure, leur rage, leur souffrance, leur espoir et désespoir ? Faire une adaptation c’est facile, faire une bonne adaptation beaucoup moins. Surtout avec un roman aussi psychologique, où l’essentiel de l’action se situe dans la tête des personnages. Wait & see comme on dit.

La mer infinie de Rick Yancey – Tome 2/3 – 2014 – Robert Laffont

Cassie Sullivan et ses compagnons ont survécu aux quatre premières vagues destructrices lancées par les Autres. Maintenant que l’espèce humaine a été presque entièrement exterminée et que la 5e Vague déferle sur la planète, le groupe se trouve face à un choix : se préparer à affronter l’hiver en espérant le retour rapide d’Evan Walker, ou se mettre en quête d’éventuels survivants avant que l’ennemi ne referme sur eux son impitoyable piège. Personne ne peut prédire à quels abimes de cruauté les Autres sont prêts à s’abaisser, ni à quelles hauteurs l’humanité saura se hisser. La bataille finale ne fait que commencer… 

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