Adieu à Berlin – Christopher Isherwood

Adieu à Berlin est le roman à l’origine de la comédie musicale Cabaret (que je vous conseille vivement de voir un jour) et plus tard du film. Tous les évènements de Adieu à Berlin s’inspirent de la vie de l’auteur lui-même : il a vécu tout cela, il a rencontré toutes ces personnes, il leur est arrivé ce qui est raconté dans chaque partie. Adieu à Berlin peut se lire comme un roman, mais aussi comme un recueil de nouvelles (ce qu’il était à la base): Journal à Berlin (automne 1930), Sally Bowles, Ile de Ruegen (été 1931), Les Nowak, Les Landauer, Journal à Berlin (hiver 1932-1933).

Sally Bowles est la partie dont on parle le plus (et celle qui aura été à l’origine du spectacle et film Cabaret) mais la plus marquante est sans conteste la dernière, qui raconte les évènements de 1932-1933 :  la montée du communisme, le boycott des magasins juifs, les lynchages etc etc.

Adieu à Berlin se lit très vite, car le style de Christopher Isherwood est vraiment très agréable. L’auteur a une façon de raconter les évènements sans « prétention » : il observe plus qu’il ne critique, et ses opinions sont plus sous-entendues que réellement dites. Il ne s’implique en rien et il est tellement en retrait qu’on en viendrait presque à le trouver antipathique. Mais ce recul est volontaire et assumé : « [il est] une caméra braquée, absolument passive, qui enregistre et ne pense pas. » Christopher Isherwood a décidé de décrire ce qu’il voit sans porter de jugement d’aucune sorte, il laisse au lecteur le soin de se faire son propre avis sur les actes de chacun.

Adieu à Berlin est un excellent livre pour qui veut en apprendre plus sur le style de vie à Berlin dans les années 1930 sans crouler sous les descriptions et les longues analyses. Malgré le sujet sérieux, Christopher décrit avec humour et ironie la vie dans le Berlin des années 30, ses cabarets, ses bars mal famés, la montée de l’antisémitisme. Lui qui aura traversé la Manche pour profiter d’un Berlin frivole aura été le témoin muet d’évènements qui auront changé à jamais le monde, des évènements si atroces que « même à présent [il] ne parvient pas à croire que rien de tout cela ait vraiment existé ». Et pourtant si.

Adieu à Berlin de Christopher Isherwood

Le narrateur d’Adieu à Berlin s’appelle Christopher Isherwood (« Herr Issyvoo »). Son histoire, dans ce roman dont la première édition remonte à 1939, évoque indirectement la tempête qui se prépare à Berlin, avant et juste après la prise du pouvoir par les nazis. Les évènements sont vus à travers une série de personnages : Fraülein Schroeder, la logeuse de Chris ; Sally Bowles, une épave de la haute société anglaise ; les Landauers, une riche famille juive qui possède des magasins et ne pas tarder à être ruinée…

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